Un filet d’air froid sous la porte ou le long d’une fenêtre se repère en quelques minutes et se traite souvent avec un joint ou un bas de porte. À une condition : ne jamais boucher les grilles d’aération, les entrées d’air ni la VMC.

Bas d’une porte d’entrée gris anthracite équipé d’un bas de porte à brosse, au-dessus d’un paillasson, vu de l’intérieur
Un bas de porte à brosse limite l’air froid sous la porte d’entrée ; les portes intérieures, elles, gardent leur espace de 1 à 2 cm. © Labo Maison

Avec novembre, les soirées fraîchissent et une sensation revient : un souffle d’air sur les chevilles. Premier réflexe : monter le thermostat. Mais tant que l’air froid passe sous la porte d’entrée ou par un joint fatigué, le courant d’air reste là. Commencez plutôt par calfeutrer portes et fenêtres, et par les cinq vérifications utiles avant de rallumer le chauffage.

Ces fuites se repèrent sans matériel et se traitent souvent sans artisan, en un week-end. Côté facture, méfiez-vous des promesses : aucun pourcentage d’économies ne vaut pour de simples joints. Alors bien sûr, tout ne se calfeutre pas. Et c’est là que le bât blesse : certaines ouvertures sont là exprès, et les boucher ferait plus de dégâts qu’un courant d’air.

Repérer les fuites autour des portes et fenêtres : deux tests sans matériel

Choisissez un jour de vent et commencez par les portes qui donnent sur l’extérieur, un garage non chauffé ou une cage d’escalier froide, puis les fenêtres. Passez le dos de la main, légèrement humide, le long du cadre, du seuil et du coffre de volet roulant : une fuite se sent comme un souffle frais.

La feuille de papier vérifie ensuite le joint. Glissez-la entre la partie ouvrante et le cadre, refermez, puis tirez. Si elle vient sans résistance, le joint ne serre plus. Refaites l’essai en haut, en bas, côté poignée et côté charnières : la fuite peut se limiter à un côté.

Calfeutrer portes et fenêtres : bien choisir bas de porte et joints

Pour la porte d’entrée, trois familles : le boudin posé au sol, le bas de porte adhésif, et le bas de porte à brosse, collé ou vissé, conçu aussi pour les sols irréguliers. Chez Leroy Merlin, un modèle à brosse 3M de 93 cm à coller s’affichait à 12,90 € le 28 octobre.

Pour les fenêtres, tout se joue sur l’épaisseur : trop fin, le joint ne touche pas ; trop épais, la fenêtre ne ferme plus. Fermez-la sur une boule de pâte à modeler emballée dans du film alimentaire, puis mesurez l’épaisseur écrasée. La mousse 3M vendue chez Leroy Merlin existe en 1 à 3 mm et en 2,5 à 6 mm, de 6,99 à 9,99 € les 6 m.

La pose demande trois précautions. Nettoyez et séchez le support, sinon l’adhésif tient mal. Collez le joint sans l’étirer, comme le précise 3M. Et laissez libres les fentes d’évacuation d’eau en bas des fenêtres en PVC. Entre le cadre et le mur, c’est un cordon de mastic ou de silicone.

Après la pose, refaites le test de la main et celui de la feuille. La fenêtre doit fermer normalement. Si elle force, le joint est sans doute trop épais : ne poussez pas sur la poignée, changez de modèle. Vérifiez au passage que les entrées d’air restent dégagées.

Pour en savoir plus, lire : pourquoi vous avez froid chez vous même à 20 degrés.

Coffres de volets roulants, trappes, prises : les fuites qu’on oublie

Le coffre intérieur d’un volet roulant peut laisser entrer de l’air. Selon sa conception, des joints ou un isolant adapté limitent ces infiltrations, sans gêner le mécanisme. Ne le remplissez jamais de mousse : le volet s’enroule dedans. Une grille d’entrée d’air sur le coffre reste libre.

Une trappe d’accès à des combles non chauffés peut recevoir un joint sur son pourtour. Une prise sur un mur extérieur laisse passer de l’air ? Ne glissez ni mousse ni mastic dans le boîtier : l’intervention se fait courant coupé, ou par un électricien. La fente d’une boîte aux lettres dans la porte accepte sinon un cache à brosse.

Ne bouchez pas les grilles d’aération, les entrées d’air ni la VMC

C’est l’erreur à éviter. Les entrées d’air en haut des fenêtres, les grilles murales et les bouches de VMC des pièces humides ne sont pas des fuites : elles renouvellent l’air et évacuent l’humidité. Depuis le 1er octobre 2023, le Code de la santé publique exige que grilles et orifices de ventilation restent dégagés. Une bouche encrassée se nettoie, elle ne se bouche pas.

Pas de boudin, donc, sous la porte d’une chambre. L’ADEME recommande effectivement de laisser environ 1 cm sous les portes intérieures, 2 cm pour la cuisine. Un logement trop fermé garde son humidité, qui finit en buée sur les fenêtres puis en moisissures. Et les joints neufs ne dispensent pas d’ouvrir : l’ADEME recommande d’aérer chaque jour, même quand il fait froid.

Reste le plus grave : les appareils à combustion. Une chaudière ou un chauffe-eau gaz sans ventouse puise l’air de la pièce, et un insert exige sa propre entrée d’air. Un manque d’air ou une mauvaise évacuation des fumées favorise le monoxyde de carbone, qui intoxique environ 3 000 personnes par an et en tue une centaine, selon Santé publique France. Un détecteur de CO donne l’alerte, sans remplacer une ventilation dégagée.

Sources : ADEME (3 novembre 2025) ; Légifrance (art. R1331-34).