Le RéNaSS a révisé à 1,5 la magnitude du séisme du 26 octobre près de Château-Gontier. Aucun dégât n’a été signalé à ce stade. Si vous découvrez une fissure nouvelle, photographiez-la, contactez votre assureur et informez la mairie.

Une main tient un smartphone qui photographie une fine fissure sur un mur blanc, près d’une porte, avec une règle posée contre le mur comme repère
Une fissure se photographie avec un repère et une date, pour pouvoir la comparer ensuite. © Labo Maison

Un bref grondement, quelques secondes à peine. Le lundi 26 octobre vers 22 h 30, des habitants du secteur de Château-Gontier-sur-Mayenne ont été surpris, d’après les témoignages relayés par la presse locale. Le Réseau national de surveillance sismique (RéNaSS) a bien enregistré un séisme ce soir-là, à 22 h 31, avec un épicentre situé sur la commune de Prée-d’Anjou.

La magnitude était très faible. Reste à savoir quoi faire si vous remarquez une anomalie chez vous. Faut-il inspecter les murs ? Que faire d’une fissure découverte le lendemain ? L’assurance joue-t-elle ? Comme après la tempête Austen, où il fallait déclarer les dégâts dans les règles, mieux vaut garder des preuves et prévenir son assureur rapidement en cas de dommage.

Un séisme bien réel en Mayenne, mais de magnitude 1,5

Les premiers chiffres repris en ligne parlaient d’une magnitude de 2,3 à 5 km de profondeur. Il s’agissait d’une première estimation. Le RéNaSS a depuis confirmé l’événement après examen par un analyste et révisé effectivement sa magnitude à 1,5, avec un épicentre à une dizaine de kilomètres de Château-Gontier-sur-Mayenne et de Segré-en-Anjou Bleu. Le bulletin conserve toutefois un statut préliminaire.

La secousse a pu être entendue ou ressentie à proximité de l’épicentre, notamment dans le calme de la soirée. La commune est d’ailleurs classée en zone de sismicité 2, « faible », sur une échelle qui va de 1 à 5, selon la base officielle Géorisques. Nous n’avons trouvé aucun signalement de dégâts dans les jours qui ont suivi.

Ce qu’il faut vérifier chez vous après la secousse

Un tour de la maison ne prend que quelques minutes. Regardez les murs, notamment autour des portes et des fenêtres, les plafonds et le carrelage. Depuis le sol, vérifiez aussi qu’aucune tuile ni cheminée ne paraît déplacée, sans monter sur le toit. Et si une odeur de gaz se fait sentir, la règle ne change pas : on ne touche à aucun interrupteur, on sort et on appelle les secours.

Vous trouvez une fissure ? Une petite fissure ancienne n’est pas forcément inquiétante, et c’est souvent après un événement qu’on les remarque. Photographiez-la avec un repère (une règle, une pièce de monnaie), notez la date, comparez avec d’anciennes photos du mur si vous en avez, puis surveillez-la dans les semaines suivantes. Évitez les réparations définitives avant d’en avoir parlé à votre assureur.

Mais si une fissure importante vient d’apparaître, si un mur se déforme ou si des éléments menacent de tomber, éloignez-vous de la zone et demandez rapidement l’avis d’un professionnel du bâtiment. N’entrez pas dans une pièce ou un bâtiment manifestement endommagé.

Assurance : ce que change, ou pas, un séisme en Mayenne

Les dommages causés par un séisme peuvent être pris en charge au titre des catastrophes naturelles. Encore faut-il deux conditions : un contrat qui couvre les biens endommagés, et un arrêté qui reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans la commune. C’est la commune qui en fait la demande auprès de la préfecture, en général dans les 24 mois qui suivent l’événement.

Si l’arrêté est publié au Journal officiel, vous avez 30 jours au plus tard pour déclarer le sinistre à votre assureur, par lettre recommandée. Pour une habitation, une franchise légale de 380 € reste à votre charge, selon Service-Public. L’assureur verse alors une provision sous 2 mois et indemnise sous 3 mois, à compter de la remise de l’état estimatif des dommages, ou de la publication de l’arrêté si elle est postérieure.

Avec une magnitude de 1,5 et aucun dégât signalé à ce stade, rien ne permet d’annoncer une telle reconnaissance, qui dépend d’une procédure officielle et non de la seule magnitude. Et une fissure qui existait avant la secousse ne devient pas indemnisable parce qu’on la remarque après. Si vous pensez avoir subi un dégât nouveau, prévenez votre assureur et informez votre mairie, photos à l’appui.

Les bons réflexes si la terre tremble de nouveau

Le site public Géorisques résume la conduite à tenir. Pendant les secousses, abritez-vous sous un meuble solide ou près d’un mur porteur, loin des fenêtres. Après, sortez par les escaliers, éloignez-vous de ce qui pourrait tomber, et évitez de téléphoner pour laisser les lignes aux secours. Une première secousse peut aussi être suivie de répliques.

Vous pouvez aussi agir en prévention. Fixer au mur une bibliothèque haute ou un meuble lourd, c’est un conseil que Géorisques donne pour les séismes, et qui évite aussi bien des chutes avec de jeunes enfants. Quant à FR-Alert, le système d’alerte sur téléphone, il peut transmettre des consignes lors d’un danger majeur, mais il ne prévoit pas un séisme à l’avance.

Pour en savoir plus, lire : les choses à sécuriser chez soi avant un épisode de vent violent.

Sources : RéNaSS (bulletin du séisme du 26 octobre 2026) ; Service-Public (catastrophe naturelle et indemnisation).