Après plusieurs mois d'arrêt, le chauffage va bientôt reprendre du service. Avant de le rallumer, quelques vérifications s'imposent pour éviter les pannes et les mauvaises surprises.

Main réglant le robinet thermostatique d’un radiateur avant l’hiver.
Avant de rallumer le chauffage, quelques vérifications permettent d’éviter les mauvaises surprises. © Labo Maison

Les températures commencent à baisser et la saison du chauffage approche. Pour de nombreux foyers, le moment est venu de remettre en route la chaudière ou les radiateurs. Mais après plusieurs mois sans fonctionner, mieux vaut ne pas attendre la première vague de froid pour vérifier son installation.

Une pression insuffisante, un radiateur qui chauffe mal ou un thermostat mal programmé peuvent compliquer cette remise en route. Voici cinq points à contrôler avant de retrouver un logement bien chauffé.

1. Vérifier la pression de la chaudière

C’est l’une des premières vérifications à effectuer sur une installation de chauffage central équipée d’un circuit d’eau.

La plupart des chaudières disposent d’un manomètre, parfois numérique, qui indique la pression du circuit. Sur de nombreuses installations domestiques, une pression à froid située autour de 1 à 1,5 bar est courante. Cette valeur varie toutefois selon le modèle et la configuration du logement.

Une pression trop basse peut empêcher la chaudière de démarrer ou perturber la circulation de l’eau dans les radiateurs.

Avant toute manipulation, consultez les recommandations du fabricant. Si la pression est insuffisante, certains appareils permettent de remettre de l’eau dans le circuit. En cas de doute, de chute répétée de pression ou de valeur anormale, mieux vaut faire intervenir un professionnel.

2. Contrôler les radiateurs avant de les rallumer

Un radiateur qui reste froid dans sa partie supérieure ou qui émet des bruits de circulation d’eau peut contenir de l’air. Dans ce cas, une purge peut s’avérer nécessaire.

Cette opération concerne les radiateurs à eau reliés à une chaudière ou à certains systèmes de chauffage central. Elle ne s’applique pas aux radiateurs électriques.

La purge consiste à évacuer l’air emprisonné dans le circuit afin de permettre une circulation plus régulière de l’eau chaude.

Attention toutefois : il n’est pas indispensable de purger systématiquement tous les radiateurs chaque automne si l’installation fonctionne correctement. En revanche, des gargouillements ou des zones qui restent froides peuvent justifier une intervention.

Nous avons détaillé comment et pourquoi purger ses radiateurs avant l’hiver, avec les différentes étapes à suivre. Après une purge, pensez également à contrôler la pression du circuit, car celle-ci peut diminuer.

3. Vérifier la programmation du thermostat

Après plusieurs mois sans chauffage, le thermostat peut encore être réglé sur un programme estival, une température réduite ou un mode vacances.

Avant de relancer votre installation, prenez quelques minutes pour vérifier les températures de consigne et les horaires de fonctionnement.

Dans les pièces de vie occupées, une température de 19 °C constitue un repère courant. Elle peut être réduite pendant les absences ou la nuit, selon les besoins du foyer et les caractéristiques du logement.

Les thermostats programmables et connectés permettent d’automatiser ces réglages. Encore faut-il vérifier que les plages horaires correspondent toujours au rythme de vie des occupants.

Le pilotage intelligent du chauffage peut également contribuer à limiter les dépenses énergétiques. Une étude consacrée aux économies réalisables avec une maison connectée met notamment en évidence l’intérêt d’une régulation adaptée aux habitudes des occupants.

Autre point à anticiper : le passage à l’heure d’hiver aura lieu le 25 octobre 2026. Pensez à vérifier que l’horloge de vos anciens programmateurs est correctement réglée, certains modèles ne changeant pas automatiquement d’heure.

4. Faire un premier essai sans attendre le grand froid

Il n’est pas nécessaire d’attendre une journée particulièrement froide pour vérifier que le chauffage fonctionne.

Un premier essai permet de s’assurer que la chaudière démarre normalement, que les radiateurs montent en température et que le thermostat commande correctement l’installation.

Sur un chauffage central, laissez suffisamment de temps à l’eau chaude pour circuler dans les différents radiateurs. Vérifiez ensuite que les pièces chauffent normalement et qu’aucun message d’erreur n’apparaît sur la chaudière.

Profitez-en pour observer les raccords accessibles et rechercher d’éventuelles traces de fuite d’eau, sans démonter les équipements.

En présence d’un bruit anormal persistant, d’une fuite ou d’un défaut de fonctionnement, n’insistez pas et contactez un chauffagiste.

En cas d’odeur de gaz, ne manipulez aucun interrupteur ni appareil électrique. Évitez toute flamme, sortez du logement et contactez le service d’urgence gaz depuis l’extérieur.

5. S’assurer que l’entretien de la chaudière a été effectué

La remise en route du chauffage est aussi l’occasion de vérifier la date du dernier entretien de la chaudière.

En France, l’entretien annuel des chaudières au gaz, au fioul, au bois ou utilisant d’autres combustibles, d’une puissance comprise entre 4 et 400 kW, est obligatoire.

Il doit être réalisé par un professionnel qualifié, qui contrôle notamment le bon fonctionnement de l’appareil, son rendement et les conditions de sécurité.

Cette visite permet également de vérifier certains éléments de régulation et de distribution de la chaleur.

L’obligation porte sur un entretien au cours de chaque année civile. Il n’est donc pas nécessairement imposé de le réaliser avant le premier allumage de l’automne. C’est néanmoins une période pratique pour anticiper les problèmes avant les grands froids.

Nous avons consacré un article complet à l’entretien obligatoire de la chaudière en 2026, son prix et les contrôles effectués. Il permet notamment de savoir à qui incombe cette intervention et ce que le chauffagiste doit vérifier.

Cet entretien ne doit pas être confondu avec les petites vérifications que peut effectuer l’occupant. Il ne faut notamment pas démonter la chaudière ni intervenir sur ses organes de combustion.

Une précaution d’autant plus utile que le gaz augmente

Cette année, le redémarrage du chauffage intervient dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.

Le prix repère du gaz a augmenté de 6,3 % au 1er octobre 2026. Pour les ménages qui se chauffent au gaz, l’effet sur la facture dépendra notamment du contrat souscrit et de la consommation réelle.

Les foyers disposant d’un contrat indexé sur le prix repère sont particulièrement concernés, tandis que ceux ayant souscrit une offre à prix fixe ne subissent pas nécessairement cette augmentation.

Un circuit de chauffage correctement entretenu, des radiateurs qui fonctionnent normalement et une programmation adaptée contribuent à éviter les consommations inutiles.

L’objectif n’est donc pas simplement de rallumer le chauffage, mais de s’assurer qu’il fonctionne dans de bonnes conditions tout au long de l’hiver.

Quelques vérifications réalisées dès maintenant peuvent éviter de découvrir un problème au moment où les températures chuteront réellement.

Sources : Service-Public et les articles R224-41-4 à R224-41-9 du Code de l’environnement