Stockés en grande quantité, les granulés de bois peuvent dégager du monoxyde de carbone sans brûler, avertit l’Anses. Le risque reste rare, mais il impose un local à part, bien ventilé et isolé des pièces de vie. Voici où les ranger et à quel prix.

Une palette de sacs transparents remplis de granulés de bois dans un local au sol en béton, avec une fenêtre ouverte et une grille d’aération au mur ; au premier plan, une main ouvre un sac
Les granulés se stockent dans un local ventilé et isolé des pièces de vie. © Labo Maison

À l’approche de l’hiver, beaucoup de foyers équipés d’un poêle ou d’une chaudière à granulés remplissent le silo ou empilent les palettes de sacs. Et une fois la commande livrée, la question du rangement se règle souvent vite : le garage, la cave, un cellier. Avant de rallumer le chauffage, mieux vaut pourtant regarder où dort ce stock.

En avril 2026, l’Anses a consacré un article de son bulletin de vigilance à un risque peu connu : des granulés stockés peuvent dégager du monoxyde de carbone sans le moindre feu. Voici ce qu’il faut savoir, où les ranger, et les derniers prix moyens publiés pour préparer votre commande.

Granulés de bois : pourquoi leur stockage peut dégager du monoxyde de carbone

Comment un combustible qui ne brûle pas peut-il produire du CO ? Par auto-échauffement : les acides gras du bois s’oxydent naturellement pendant le stockage, explique l’Anses. Les émissions baissent avec le temps, mais elles grimpent avec la chaleur. Dès 15 °C, elles peuvent, dans certaines conditions, dépasser plusieurs centaines de ppm, et être dix à quinze fois plus fortes à 40 °C. Le pin et le sapin dégagent plus que l’épicéa.

En 2025, les pompiers ont pris en charge un homme de 87 ans intoxiqué par un stock de quatre tonnes rangé au sous-sol, dans un local ni ventilé ni isolé du reste de la maison. Ils y ont mesuré entre 700 et 1 000 ppm de CO. Or l’Anses rappelle qu’à partir de 800 ppm, on risque le coma.

Alors bien sûr, l’agence le dit elle-même : ce risque reste rare. Mais le CO est inodore et invisible : un stock mal placé ne prévient pas.

Où stocker ses granulés dans la maison, et ce qu’il ne faut pas faire

La consigne de l’Anses tient en une phrase : un local totalement isolé des pièces d’habitation, avec une ventilation adéquate. Concrètement, pas de palettes dans un sous-sol qui communique avec les chambres, ni de sacs entassés dans une buanderie sans aération. Une pièce fermée, sans aération et collée au salon ? Ce n’est pas le bon endroit.

Un doute sur votre silo ou votre local ? L’agence conseille effectivement d’interroger l’installateur du poêle ou le fournisseur de granulés. Certains services d’incendie recommandent aussi un détecteur de monoxyde de carbone à proximité du stock. Un complément, pas un substitut à la ventilation.

Pour en savoir plus, lire : Détecteur de monoxyde de carbone : où l’installer et comment bien le choisir

Maux de tête, nausées et vertiges qui surviennent d’un coup, surtout chez plusieurs personnes à la fois ? Il faut penser au CO, aérer, sortir et appeler le 15, le 18 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Et n’entrez pas dans le silo ou le local de stockage pour vérifier vous-même : le CO peut s’y accumuler à des concentrations dangereuses.

Prix des granulés : ce que disent les derniers chiffres publiés

Le dernier indice publié par Propellet, l’association des professionnels du chauffage au granulé, porte sur le deuxième trimestre 2026 : 388 € la tonne en vrac, livraison comprise, et 385 € la tonne en sacs, soit environ 5,78 € le sac de 15 kg. Pour les sacs, l’association ne précise pas si la livraison est incluse. Ramené à l’énergie, cela donne 8,4 centimes le kWh.

L’association le compare à 15,05 centimes pour le fioul et 17,95 pour le propane au même trimestre, et à 14,36 pour le gaz et 22,85 pour l’électricité en décembre 2025. Ces chiffres ne tiennent pas compte du rendement des appareils, et les périodes diffèrent. L’écart reste net.

Mais attention, cet indice couvre avril à juin, la saison creuse. Il donne un repère, pas le prix de votre devis : Propellet précise lui-même que le tarif varie selon la région, l’enseigne, la quantité et la livraison. Autant comparer deux ou trois devis avant de signer.

Faire le plein de granulés sans se tromper de commande

Commander trois tonnes d’un coup peut sembler rassurant. Mais un gros stock demande une pièce à la mesure, isolée et bien ventilée. Le calcul est assez simple : regardez ce que vous avez brûlé l’hiver dernier, et commandez de quoi tenir la saison, pas plusieurs années de réserve.

Préférez un granulé certifié (ENplus A1, DINplus ou NF Biocombustibles solides), et gardez les sacs au sec, surélevés sur leur palette plutôt que posés sur un sol humide. Pensez aussi à l’entretien : l’appareil, poêle comme chaudière, doit être vérifié par un professionnel une fois par an, et le ramonage du conduit est obligatoire lui aussi.

Sources : Anses et Propellet.