Plus de neuf aliments sur dix examinés par 60 Millions de consommateurs sont ultratransformés. Le magazine a analysé la composition de 210 produits vendus en supermarché, des céréales du petit déjeuner aux substituts végétaux. Dans un hors série dédié à cette enquête, il réclame un nouvel étiquetage pour mieux informer les consommateurs.

Illustration de supermarché générée par IA
Illustration de supermarché générée par IA

Les aliments ultratransformés ne se limitent pas aux sodas, aux bonbons ou aux plats préparés. Ils se retrouvent aussi dans des produits du quotidien dont la composition peut sembler rassurante : pains de mie, skyrs, hachés au bœuf ou encore alternatives végétales à la viande.

C’est le constat dressé par 60 Millions de consommateurs, qui a passé au crible les listes d’ingrédients de 210 références issues de 52 marques nationales et de distributeurs. Résultat : plus de 90 % des produits sélectionnés présentent au moins un marqueur d’ultratransformation.

Des ingrédients industriels dans la grande majorité des produits

Pour mener son enquête, le magazine s’est intéressé aux marqueurs d’ultratransformation (MUT). Il s’agit notamment d’additifs, comme les arômes et les émulsifiants, de sucres industriels, tels que le sirop de glucose-fructose, ou encore d’ingrédients isolés, comme certaines fibres végétales et les amidons modifiés.

Un tiers des 210 références étudiées contiennent entre un et trois de ces marqueurs. À l’autre extrémité, 6 % en présentent plus de sept.

Les arômes, la maltodextrine et la lécithine figurent parmi les ingrédients les plus fréquemment rencontrés. Le magazine rappelle qu’une consommation excessive d’aliments ultratransformés est associée à une augmentation des risques de surpoids, d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. La présence d’un marqueur ne signifie toutefois pas, à elle seule, qu’un aliment présente un danger immédiat.

Les alternatives végétales parmi les produits les plus transformés

L’un des résultats les plus marquants concerne les substituts à la viande. Selon 60 Millions de consommateurs, 70 % des hachés et steaks végétaux analysés contiennent plus de sept marqueurs d’ultratransformation.

Ces produits peuvent notamment intégrer des fibres de bambou, des fibres texturées ou de la méthylcellulose pour reproduire la texture de la viande.

Les produits destinés au goûter ne sont guère épargnés. Sur 82 références examinées, une seule échappe à la catégorie des aliments ultratransformés : les palets bretons de Lidl.

Quelques familles offrent davantage de choix. C’est notamment le cas des skyrs nature, des rillettes de poisson et des pâtes brisées. Pour ces dernières, sept des neuf références étudiées sont considérées comme peu transformées.

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Un nouvel indicateur pour compléter le Nutri-Score

Face à ces résultats, 60 Millions de consommateurs estime que le Nutri-Score ne suffit plus à informer correctement les acheteurs. Cet indicateur renseigne sur la qualité nutritionnelle d’un aliment, mais pas directement sur son degré de transformation industrielle.

Le magazine plaide donc pour un affichage obligatoire du degré d’ultratransformation sur les emballages, en complément du Nutri-Score.

Cette demande rejoint celle portée par France Assos Santé, Yuka et Foodwatch, qui ont lancé une pétition au printemps. Selon franceinfo, elle a recueilli près de 230 000 signatures.

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Si les 210 références sélectionnées pour cette étude ne constituent pas un échantillon représentatif de tous les aliments vendus en supermarché, elles sont suffisamment nombreuses pour que l’on tire la sonnette d’alarme. Une autre enquête de Foodwatch, publiée en avril, estimait que six produits sur dix étaient ultratransformés.

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Comment mieux choisir ses produits au supermarché ?

En attendant un éventuel nouvel étiquetage, le magazine recommande de consulter systématiquement les listes d’ingrédients.

Une liste longue, la présence d’arômes, d’émulsifiants ou d’ingrédients comme les protéines isolées et les amidons modifiés doivent inciter à examiner le produit plus attentivement. Le nombre d’ingrédients constitue un indice, mais ne suffit pas à lui seul à déterminer le degré de transformation.

60 Millions de consommateurs conseille de privilégier les versions nature, notamment pour les produits laitiers, et de comparer les références d’une même catégorie en tenant compte à la fois du nombre de marqueurs d’ultratransformation et du Nutri-Score.

L’objectif n’est pas de bannir systématiquement tous les aliments industriels, mais de réduire la place des produits les plus transformés dans l’alimentation quotidienne.

Sources : 60 Millions de consommateurs, franceinfo.