Nettoyer ses gouttières fin octobre, alors que de nombreux arbres portent encore leurs feuilles, relève de l’optimisme. Un contrôle visuel, complété si possible par un essai d’écoulement, permet pourtant de repérer certains bouchons avant les premières fortes pluies.

Gouttière en zinc d'une maison encombrée de feuilles mortes, descente d'eau le long d'un mur crépi, arbre aux feuilles jaunes en arrière-plan
Avant le grand nettoyage, un contrôle de l'écoulement permet de repérer les bouchons. © Labo Maison

Il y a peu de corvées aussi ingrates : on ne pense à ses gouttières que le jour où elles débordent, généralement en pleine averse, parapluie à la main et regard accusateur vers la façade. Or l’automne est précisément la saison où elles travaillent le plus — et celle où elles s’encrassent le plus vite.

Précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas encore du grand nettoyage. Selon l’assureur Matmut, l’entretien se fait idéalement deux fois par an : en fin d’automne, après la chute des feuilles, puis au printemps, après les grosses pluies. Pour l’heure, il s’agit surtout de vérifier que l’eau passe, afin de ne pas découvrir le problème en décembre.

Gouttières et feuilles mortes : contrôler maintenant, nettoyer plus tard

Nettoyer intégralement ses gouttières fin octobre, alors que les feuilles continuent de tomber, risque surtout d’obliger à recommencer en novembre. Le même assureur recommande d’ailleurs d’intervenir plus souvent quand la maison est proche d’arbres ou de forêt, ou dans une région très pluvieuse.

Le plan raisonnable tient donc en deux temps : un contrôle dès maintenant, pour s’assurer qu’aucun bouchon ne s’est formé pendant l’été (la mousse, les brindilles et les premières feuilles suffisent) ; puis le nettoyage proprement dit une fois les arbres dégarnis. Si de fortes pluies sont annoncées d’ici là, retirer les débris accessibles, gants aux mains et depuis un appui stable, évite déjà bien des débordements.

Les signes qu’une gouttière est bouchée

Plusieurs signes peuvent révéler une gouttière bouchée, relève SeLoger :

  • de l’eau qui déborde pendant la pluie, ou des gouttes qui tombent en continu ;
  • des traces noires ou verdâtres sur la façade, ou de la végétation et de la mousse dans les conduits ;
  • une gouttière déformée ou penchée ;
  • de grosses flaques au pied de la maison après la pluie ;
  • de l’humidité sur les murs intérieurs, près de la toiture.

Une fois les débris accessibles retirés, le même site recommande de faire passer de l’eau au tuyau d’arrosage pour vérifier l’écoulement. Si elle stagne ou déborde, un bouchon subsiste, souvent dans la descente, qu’un furet de plomberie peut dégager. Un essai concluant ne garantit pas pour autant l’absence de toute obstruction, notamment dans une descente enterrée. Profitez-en pour regarder les joints, les crochets de fixation, les perforations (et la rouille, sur les modèles métalliques), ainsi que la pente : insuffisante ou inversée, elle empêche l’eau de rejoindre les descentes.

Descentes, coudes, crapaudines : là où les gouttières se bouchent

Pour le nettoyage, Matmut conseille de commencer par les descentes, au nettoyeur haute pression, en adaptant la pression du jet pour ne pas abîmer le zinc ou le PVC, et en se protégeant des projections : gants, lunettes et chaussures antidérapantes. Les coudes méritent une attention particulière, car c’est là que les obstructions se forment le plus souvent. Si le conduit est difficile d’accès ou fortement obstrué, mieux vaut confier le débouchage à un professionnel. Et si votre descente alimente un récupérateur d’eau de pluie, vérifiez aussi que l’eau arrive bien jusqu’à la cuve.

Pour la partie haute, la règle de sécurité ne souffre aucune exception : échelle stable, tenue par un proche, et jamais de montée sur le toit, où les glissades sont fréquentes. Si la toiture est haute, difficile d’accès ou très inclinée, SeLoger suggère de faire appel à un couvreur.

Les crapaudines et les grilles anti-feuilles aident, mais elles ne dispensent pas d’un contrôle annuel (elles doivent d’ailleurs être nettoyées à leur tour). Un accessoire qui s’encrasse sans qu’on y songe n’est pas une protection — c’est un bouchon de plus.

Gouttière encrassée : ce que l’assurance couvre, ou pas

L’enjeu dépasse la façade tachée. Selon SeLoger, une gouttière négligée expose à des taches d’humidité, des moisissures, une peinture qui s’écaille et, à terme, une façade dégradée ; en hiver, la glace peut en outre déformer ou arracher les conduits. Matmut ajoute que l’eau stagnante attire moustiques et rongeurs, ce qui n’aide pas si vous cherchez déjà à fermer la porte aux souris.

Côté assurance, chez Matmut, la garantie dégâts des eaux et gel peut couvrir les dommages aux locaux assurés causés par un engorgement accidentel des gouttières ou chéneaux, selon les conditions du contrat ; les dégâts liés à des gouttières non entretenues peuvent, eux, ne pas être couverts. Cette garantie concerne donc les dommages subis dans le logement, et non l’entretien courant des gouttières. Chaque contrat a ses règles : relisez le vôtre, et gardez en tête la marche à suivre pour déclarer un sinistre après une tempête.

Un tuyau d’arrosage, un peu de patience, aucune gloire à la clé : c’est le contrôle le moins photogénique de l’automne, et l’un des moins chers.

Sources : Matmut ; SeLoger.