Pour une chambre d’amis ou un bureau inoccupé, maintenir 16 à 17 °C est souvent plus prudent que couper le radiateur. L’économie réelle dépend des échanges de chaleur avec les autres pièces, tandis qu’une pièce trop froide peut favoriser l’humidité.

Une main tourne le bouton de réglage d’un radiateur électrique blanc sous la fenêtre d’une chambre d’amis inoccupée, lit fait
Dans une chambre d’amis, mieux vaut régler le radiateur vers 16 ou 17 °C que le couper complètement. © Labo Maison

Le réflexe paraît logique : une pièce où personne n’entre n’a pas besoin d’être chauffée. On ferme la porte, on met le radiateur sur zéro et on compte les économies. Deux choses échappent à ce calcul : la pièce coupée continue d’échanger de la chaleur avec le reste du logement, et en refroidissant, elle devient l’endroit où l’humidité se dépose en premier.

Le réglage du salon, à 19 ou 20 °C, est une autre question. Il s’agit ici du radiateur d’une chambre d’amis ou d’un bureau qui reste vide des semaines entières.

Couper le radiateur d’une pièce vide : une économie difficile à prévoir

La chaleur va toujours du chaud vers le froid. Une chambre coupée continue donc de se réchauffer au contact des pièces voisines, par les cloisons, le plancher et le plafond. L’économie existe, mais une partie de la chaleur que vous ne payez plus dans cette pièce est fournie par les radiateurs d’à côté.

Une chambre au milieu du logement, entourée de pièces chauffées, perd peu de chaleur vers l’extérieur : coupée, elle reste tiède en puisant chez ses voisines. Une pièce d’angle, avec deux murs extérieurs, peut perdre davantage de chaleur vers le dehors, selon son isolation. Baisser son chauffage réduit les pertes thermiques, mais refroidit aussi ses parois, ce qui peut favoriser la condensation si l’air est suffisamment humide.

Le repère de l’ADEME, environ 7 % de consommation de chauffage en moins par degré, vaut pour une baisse dans tout le logement. Appliqué à une seule pièce, il ne donne qu’un ordre de grandeur.

Dans une pièce vide trop froide, le vrai risque est l’humidité

À quantité de vapeur identique, le refroidissement fait monter l’humidité relative. Or l’humidité produite par les douches, la cuisine ou le linge circule dans tout le logement. Dans une pièce froide, elle se dépose sur les surfaces les plus froides : angles, arrière des meubles, tour des fenêtres. Apparaissent alors des auréoles, puis des taches de moisissures.

Exemple théorique, calculé et non mesuré : un air à 19 °C et 50 % d’humidité relative qui passe dans une pièce à 12 °C y atteint environ 78 % d’humidité relative, près de 90 % à 10 °C. L’ADEME situe le bon niveau entre 40 et 60 %. Et cet air dépose de l’eau sur toute paroi plus froide qu’environ 8 °C.

L’ARS Normandie rappelle qu’un chauffage sans gros écart entre les pièces protège revêtements, mobilier et textiles des dégâts d’un chauffage insuffisant.

Pièce inoccupée : baisser le radiateur plutôt que le couper

Les repères de l’ADEME : 19 °C dans les pièces à vivre occupées, 16 à 17 °C quand elles sont vides, 17 °C pour une chambre la nuit ou inoccupée. C’est la même logique que pour le chauffage la nuit. Maintenir 16 à 17 °C réduit le refroidissement des parois et limite le risque de condensation, sans le supprimer si le logement est déjà humide ou mal isolé.

Le symbole flocon du radiateur correspond au hors-gel, autour de 8 °C : il protège les canalisations d’un logement vide, pas une pièce habitée. Vous pouvez garder la porte fermée pour limiter les échanges de chaleur, à condition de ne pas empêcher la circulation d’air prévue par la ventilation. Aérez brièvement, chauffage abaissé, et vérifiez que la pièce ne reste pas humide.

Avec des radiateurs électriques, le fil pilote permet de régler la température pièce par pièce. Sur un radiateur à eau, une tête thermostatique connectée joue le même rôle.

Couper ou baisser le radiateur : un calcul seulement illustratif

Prenons un scénario, pas une consommation représentative : une chambre d’amis avec un radiateur électrique qui, pour la maintenir à 19 °C, consommerait en moyenne 5 kWh par jour, soit 5 heures à pleine puissance pour un appareil de 1 000 W. À 0,2001 € le kWh (option Base du tarif réglementé), cela fait environ 1 € par jour, sur 150 jours de chauffe.

  • Baisser à 16 °C. Si la baisse de 19 à 16 °C entraînait une diminution de 20 % de la consommation attribuée à cette chambre, l’économie atteindrait 30 € sur 150 jours. Ce calcul est seulement illustratif : les échanges thermiques avec les autres pièces empêchent de prévoir ce gain sans connaître le logement.
  • Couper complètement. Au mieux 1 € par jour, environ 150 € sur la saison. En pratique moins, car une partie de cette chaleur est prise aux pièces voisines.

Sur le papier, couper peut donc économiser davantage, surtout dans une pièce d’angle, mais une pièce trop froide se paie en humidité.

Quand vos invités arrivent, remontez la consigne quelques heures avant : les murs doivent se réchauffer aussi. Si le reste du logement vous paraît froid, voici comment vivre confortablement sous les 19 °C.

Sources : Selectra (25 septembre 2026) ; ARS Normandie.