Avec le retour du froid, les souris cherchent refuge dans les habitations. Une ouverture minuscule suffit à leur ouvrir la porte. Voici les endroits à vérifier et les gestes à adopter.
Un bruit de grattement derrière une cloison, un paquet de pâtes grignoté ou quelques petites crottes sous l’évier : les signes ne trompent pas toujours. À l’automne, les souris trouvent dans nos maisons des conditions favorables pour s’abriter et se nourrir.
Et il ne leur faut pas grand-chose pour entrer. Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), une souris peut se faufiler dans une ouverture de seulement 6 millimètres de diamètre, soit l’épaisseur d’un crayon. Une simple fissure ou un passage de canalisation mal rebouché peut donc lui suffire.
Pourquoi les souris entrent-elles dans les maisons à l’automne ?
Les souris fréquentent les habitations toute l’année. Mais avec la baisse des températures, les bâtiments leur offrent un abri contre les conditions extérieures. Elles y trouvent aussi de la nourriture et des endroits discrets pour construire leur nid.
Les cuisines, caves, garages et combles constituent des refuges privilégiés. Un paquet de farine ouvert, des croquettes laissées à disposition ou une poubelle mal fermée peuvent les attirer.
Le problème ne concerne pas uniquement les maisons anciennes. Un logement récent peut aussi présenter des passages autour des tuyaux, des gaines électriques ou des portes de garage. Il suffit d’un défaut d’étanchéité pour leur laisser un accès.
Ces cinq endroits à vérifier pour empêcher les souris d’entrer
La première étape consiste à repérer les ouvertures. Les CDC recommandent d’inspecter l’intérieur comme l’extérieur du logement, en accordant une attention particulière aux passages techniques.
Certains endroits méritent une vérification :
- Sous l’évier et derrière les appareils électroménagers. Les ouvertures autour des tuyaux d’arrivée d’eau et d’évacuation sont des passages possibles.
- Au bas des portes. Une porte de garage mal ajustée ou un espace sous une porte donnant sur l’extérieur peut laisser entrer les rongeurs.
- Le long des plinthes et des murs. Les fissures, les trous et les jonctions entre les sols et les cloisons sont à examiner.
- Dans les combles et sous la toiture. Les espaces autour des éléments de charpente et des passages techniques peuvent constituer des accès.
- Autour des grilles d’aération. Les ouvertures non protégées ou endommagées peuvent laisser passer les petits animaux.
Ces défauts peuvent également favoriser les infiltrations d’air froid. Nous expliquons d’ailleurs dans notre article consacré aux sensations de froid dans une maison chauffée à 20 °C pourquoi une température correcte au thermostat ne garantit pas toujours un bon confort thermique.
Comment boucher les trous et éloigner les souris ?
Une fois les passages repérés, il faut les condamner avec des matériaux adaptés.
Pour les petites ouvertures, les CDC recommandent d’utiliser de la laine d’acier, maintenue avec un produit de calfeutrage. Les trous plus importants peuvent être rebouchés avec du grillage métallique résistant, de la tôle ou du mortier, selon leur emplacement.
La mousse expansive seule n’est pas une protection suffisante : certains rongeurs peuvent la ronger. Il vaut mieux privilégier un obstacle solide.
En revanche, il ne faut jamais condamner une entrée d’air nécessaire à la ventilation. Une grille adaptée permet d’empêcher l’intrusion des animaux sans bloquer le renouvellement de l’air. Ce dernier reste indispensable en hiver, comme nous le rappelons dans notre article sur les recommandations de l’ADEME pour aérer son logement.
Il faut également supprimer les sources de nourriture. Les aliments secs doivent être conservés dans des boîtes hermétiques, les poubelles fermées et les miettes nettoyées régulièrement. Mieux vaut aussi retirer les gamelles des animaux domestiques pendant la nuit.
À l’extérieur, les tas de bois, les déchets et les objets encombrants placés contre les façades offrent des cachettes aux rongeurs. Les éloigner des murs limite les refuges à proximité de la maison.
Une souris est déjà entrée : que faire ?
La présence de petites crottes sombres, d’emballages grignotés ou de bruits dans les cloisons doit alerter. Il faut alors rechercher les points d’entrée et les condamner, tout en traitant la présence des animaux.
Des pièges mécaniques adaptés peuvent être installés dans les zones de passage, hors de portée des enfants et des animaux domestiques. Si les traces se multiplient ou si les souris circulent dans des endroits inaccessibles, mieux vaut faire intervenir un professionnel.
Le nettoyage demande aussi quelques précautions. Il ne faut pas balayer ou aspirer à sec les déjections de rongeurs. Ces gestes risquent de disperser des particules contaminées dans l’air.
Les CDC recommandent de porter des gants, d’humidifier les déjections avec un désinfectant adapté, de respecter son temps d’action, puis de les ramasser avec du papier absorbant.
Les produits rodenticides doivent, quant à eux, être utilisés avec prudence et conformément à leur notice. Ils présentent des risques d’intoxication pour les enfants, les animaux domestiques et la faune sauvage.
Dératisation : qui doit payer, le propriétaire ou le locataire ?
Dans un logement loué, la question de la prise en charge revient fréquemment.
Les frais de dératisation ne font pas partie des charges locatives récupérables. La Cour de cassation l’a confirmé dans un arrêt du 29 janvier 2002 : ces dépenses ne figurent pas dans la liste limitative prévue par le décret du 26 août 1987. Le propriétaire ne peut donc pas les répercuter sur le locataire au titre des charges récupérables.
La loi du 6 juillet 1989 impose également au bailleur de fournir un logement décent, exempt d’infestation de nuisibles et de parasites. Cette obligation se poursuit pendant la location.
Le locataire doit toutefois entretenir normalement les lieux. Sa responsabilité peut être engagée si une faute ou un défaut d’entretien de sa part est établi. Mais la simple présence de souris ne suffit pas à lui imputer automatiquement le coût d’une dératisation.
Dans un immeuble en copropriété, une infestation touchant les caves, les escaliers ou les locaux à poubelles doit être signalée au syndic. Celui-ci organise les interventions dans les parties communes, dont les dépenses sont réparties entre les copropriétaires selon les règles applicables.
En cas de découverte de rongeurs, le mieux reste de prévenir rapidement le propriétaire ou l’agence par écrit, en joignant si possible des photographies des traces et des points d’entrée.
Quelques minutes d’inspection autour des portes, des canalisations et des murs permettent parfois de repérer un passage oublié. Une vérification simple, à effectuer avant que les souris ne s’installent durablement.