Depuis le changement d’heure, le soleil se couche vers 17 h 35 à Paris : un logement dans le noir à 18 h peut paraître inoccupé. Lampe à horaires variables, éclairage à détection et volets bien réglés lui donnent l’air habité, à petit prix.

Façade d’une maison de lotissement à la tombée de la nuit, une seule fenêtre éclairée au rez-de-chaussée, les autres fenêtres sombres
Une seule pièce éclairée côté rue suffit à changer l’allure d’une façade à la nuit tombée. © Labo Maison

Le samedi 24 octobre, le soleil s’est couché à 18 h 44 à Paris. Le lendemain, heure d’hiver oblige, il disparaissait à 17 h 42. Le mercredi 28 octobre, il se couche à 17 h 37 et il fait nuit vers 18 h 10. À la mi-décembre, il descendra même à 16 h 54.

Pour beaucoup de foyers, le retour du travail se fait donc à la nuit noire. Et une maison sans la moindre lumière à 18 h peut sembler inoccupée depuis la rue. Il ne s’agit pas ici d’un départ en vacances, pour lequel nous avions détaillé comment sécuriser sa maison avant de partir, mais des soirs ordinaires de semaine, et de la simulation de présence qui se règle en quelques minutes.

Pourquoi une maison vide se remarque plus en hiver

Les cambriolages ont-ils lieu surtout en fin de journée ? Les chiffres consultés ici ne disent pas à quelle heure ils sont commis. Ils montrent en revanche un effet de saison. Dans les dernières séries mensuelles brutes du ministère de l’Intérieur (« état 4001 », arrêtées en 2022), décembre arrive en tête chaque année de 2014 à 2019 pour les cambriolages de résidences principales.

Le calcul est assez simple : sur ces six années, 797 cambriolages de résidences principales ont été enregistrés en moyenne par jour en décembre, contre 549 en juin, soit environ 45 % de plus. Ces séries comptent les faits au mois de leur enregistrement, et rien n’y prouve que l’obscurité en soit la cause.

En 2025, les forces de sécurité ont enregistré 211 600 cambriolages ou tentatives de logements, 3 % de moins qu’en 2024, selon leur service statistique. Et les cambrioleurs visent effectivement des logements vides : sur 2016-2018, dans deux cas sur trois, personne n’était là, selon l’Insee.

Le réflexe le moins cher : une lampe à horaires variables

Le plus simple reste une lampe sur programmateur. Un modèle mécanique journalier coûte autour de 5 € chez les vendeurs de matériel électrique. Son défaut : il ne change pas d’heure tout seul. S’il n’a pas été retouché depuis le 25 octobre, le vôtre a une heure d’avance, et la lampe réglée sur 18 h s’allume à 17 h.

Pour en savoir plus, lire : Changement d’heure : ces appareils de la maison sont à vérifier

Choisissez une pièce visible de la rue, salon ou cuisine. Et évitez le réglage identique tous les soirs, de 18 h pile à 23 h pile : une maison qui s’allume et s’éteint comme une horloge ne ressemble pas à une famille. Un programmateur qui accepte sinon plusieurs plages, décalées de temps en temps, fait déjà mieux.

Les prises et ampoules connectées vont plus loin. Plusieurs marques proposent un mode « absence » ou « simulation de présence », qui allume et éteint la lumière au hasard sur une plage choisie, parfois calée sur le coucher du soleil. Vérifiez que la fonction existe sur le modèle visé, puis faites un essai box débranchée : la programmation doit tenir sans Internet.

Dehors et aux fenêtres : détection et volets calés sur la nuit

Dehors, une lampe à détecteur de mouvement près de l’entrée rend deux services : elle vous éclaire quand vous rentrez et elle signale tout passage. Le dépliant de prévention de la préfecture du Morbihan cite d’ailleurs l’éclairage programmé et le détecteur de présence parmi les équipements utiles au quotidien.

Pour les volets, les fermer à la nuit tombée n’a rien de suspect en hiver : les voisins en font autant. Ce qui se voit, ce sont des volets clos toute la journée, ou ouverts sur des fenêtres noires à 19 h. Motorisés, fermez-les à l’heure où vous le feriez vous-même, ou au coucher du soleil. Et gardez au besoin une pièce côté rue volet ouvert, rideau tiré, lampe programmée derrière.

Les réflexes qui ne servent à rien, et la place de la caméra

Laisser une lampe allumée du matin au soir ne sert pas à grand-chose : en plein jour, elle ne se voit pas, et une partie des cambriolages a lieu en journée. Elle ne remplace pas non plus les gestes de base : porte fermée à double tour, ni échelle ni outils dans le jardin, aucun objet de valeur visible par les fenêtres.

Inutile de suivre les foyers qui transforment leur maison en bunker. Une fausse caméra n’envoie aucune alerte. Et une vraie ne fait pas paraître la maison habitée. Alors à quoi sert-elle ? À vous prévenir, si la notification arrive sur votre téléphone et que la détection ne sonne pas à chaque voiture.

Une notification ne suffit pas si personne ne peut intervenir. Voyez les points à vérifier avant d’installer une caméra de surveillance et ce que fait vraiment une alarme sans abonnement, avec ses limites. La lampe programmée reste un premier geste simple et peu coûteux, à compléter par des accès bien fermés.

Sources : ministère de l’Intérieur, chiffres mensuels des crimes et délits enregistrés (état 4001) ; Insee, Sécurité et société, édition 2021.