Lavage à plus de 60 °C, sèche-linge chaud 30 minutes, congélation à −20 °C pendant 72 heures : contre les punaises de lit, les autorités sanitaires comptent sur vos appareils, pas sur les insecticides. En location, le traitement revient en principe au propriétaire.

Draps et housse de couette retirés d’un lit, fermés dans un sac plastique transparent posé devant un lave-linge ouvert, aspirateur à côté
Linge fermé dans un sac jusqu’au tambour, lavage à plus de 60 °C : les premiers gestes contre les punaises de lit se font avec vos appareils. © Labo Maison

Trois ans de piqûres et plusieurs traitements, en vain. C’est ce que vit une famille de Besançon, selon un reportage de France 3 Bourgogne-Franche-Comté du 25 octobre. Selon l’Anses, 11 % des foyers français ont été infestés entre 2017 et 2022. Moins de la moitié des ménages touchés ont déclaré des dépenses, 866 € en moyenne, pour un total estimé à 230 millions d’euros par an.

Comment savoir si ce sont bien elles ? Outre les piqûres, la Ville de Paris conseille de chercher de petits points noirs, des déjections, sur les coutures du matelas, les lattes du sommier et le cadre du lit, ainsi que des traces de sang sur les draps.

Punaises de lit : lave-linge, sèche-linge et congélateur en première ligne

Le site public Santé.fr conseille de laver le linge de lit, les vêtements et les rideaux à plus de 60 °C si le tissu le supporte, ou de les passer au sèche-linge en mode chaud au moins 30 minutes. Un modèle à pompe à chaleur sèche moins chaud : 60 °C contre 80 °C pour un appareil classique, selon Bosch. Choisissez alors son programme le plus chaud.

Le trajet jusqu’à la machine compte aussi. Le guide de l’État demande de ne pas déplacer les objets infestés, et la Ville de Paris d’éviter d’étaler le linge avant comme après le lavage. Fermez-le dans un sac dans la pièce même, et gardez le linge propre en sacs fermés jusqu’à la fin de l’infestation.

Pour ce qui ne passe pas en machine, le congélateur prend le relais : −20 °C pendant au moins 72 heures, dans un sac fermé. C’est effectivement plus froid que les −18 °C conseillés au quotidien pour régler un congélateur. Baissez le réglage le temps de l’opération, et contrôlez avec un thermomètre.

Mais aucun appareil ne règle le problème seul. L’Anses souligne qu’aucune méthode ne peut, à elle seule, éliminer les punaises d’un logement infesté, et la Ville de Paris prévient que changer la literie ne suffit pas.

Aspirateur et vapeur : utiles, à condition de bien finir le travail

L’aspirateur ne tue pas les punaises. La Ville de Paris recommande un modèle à sac, changé juste après usage et jeté dans un sac plastique fermé hermétiquement, puis le nettoyage des brosses et des tuyaux. Santé.fr ajoute de jeter ce sac dans une poubelle extérieure, et de passer l’aspirateur dans les valises au retour d’un voyage.

Pour un balai ou un aspirateur traîneau sans sac, rien d’officiel : videz le bac dans un sac plastique aussitôt fermé et sorti, puis lavez-le. Une précaution de bon sens, pas une règle écrite.

Le nettoyeur vapeur est l’autre outil cité : à 120 °C, il atteint les recoins et les tissus d’ameublement. Prudence sinon avec les matelas en mousse : la vapeur sur un matelas peut être une mauvaise idée s’il ne sèche pas complètement. Et un matelas jeté doit être rendu inutilisable, puis emballé, pour ne contaminer personne.

Insecticides et fumigènes : pourquoi il ne faut pas commencer par là

Et c’est là que le bât blesse. Bombes et fumigènes se vendent partout. Or Santé.fr rappelle que les punaises résistent à la quasi-totalité des insecticides en vente libre, et le guide de l’État juge ces produits inefficaces contre elles et potentiellement dangereux. L’ANIL déconseille aussi les fumigènes sans professionnel.

L’Anses recommande de privilégier les méthodes non chimiques, les produits chimiques pouvant provoquer des intoxications et renforcer la résistance des insectes. Si l’infestation persiste, appelez une entreprise de préférence labellisée « punaises de lit ». Pour un traitement avec des insecticides réservés aux professionnels, chaque intervenant doit détenir un certificat individuel Certibiocide valide. Comptez au moins 800 € par pièce pour un traitement par la chaleur, selon le spécialiste interrogé par France 3.

Punaises de lit en location : en principe, le propriétaire paie

Depuis la loi Élan de 2018, le bailleur doit fournir un logement décent « exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites », et le maintenir ainsi pendant tout le bail. Dans une réponse publiée au Journal officiel le 14 mars 2023, le ministère du Logement en conclut qu’il supporte les frais de détection et de désinfestation, sauf s’il prouve, précise l’ANIL, que le locataire a apporté les punaises.

Prévenez le propriétaire par écrit, de préférence en recommandé avec accusé de réception, et continuez à payer le loyer. S’il conteste, Service-Public conseille de le mettre en demeure. Deux mois après, sans réponse ou en cas de désaccord, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. Le 0 806 706 806, non surtaxé, vous met en relation avec un conseiller de l’ADIL.

En logement social, alertez votre bailleur dès les premiers signes. À Besançon, le bailleur social Neolia a indiqué à France 3 dépenser près de 15 000 € par an contre ces insectes.

Sources : France 3 Bourgogne-Franche-Comté (25 octobre 2026) ; Santé.fr.