Après une première hausse en octobre, le prix du gaz pourrait encore grimper de 8,3 % en novembre 2026 pour les foyers chauffés au gaz.
La facture de chauffage pourrait encore s’alourdir à l’approche de l’hiver. Alors que le prix repère du gaz a déjà augmenté de 6,3 % en moyenne au 1er octobre, une nouvelle hausse se profile pour novembre.
Selon une estimation publiée le 5 octobre par Selectra, le prix du kilowattheure destiné au chauffage pourrait passer de 0,14557 € TTC en octobre à 0,15761 € en novembre, soit une augmentation de 8,3 % en un mois.
Ces chiffres doivent encore être confirmés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Mais s’ils se vérifient, les ménages chauffés au gaz pourraient subir une augmentation de près de 17 % du prix de leur kWh en seulement deux mois, précisément au moment où les besoins de chauffage repartent à la hausse.
Près de 17 % de hausse du gaz depuis septembre
Pour mesurer l’ampleur de cette évolution, il faut remonter à septembre.
À cette date, le prix moyen du kWh pour les foyers chauffés au gaz s’établissait à 0,13474 € TTC. Il est passé à 0,14557 € en octobre, soit une progression d’environ 8 % sur la seule partie consommation.
Attention à ne pas confondre ce chiffre avec la hausse moyenne de 6,3 % annoncée par la CRE en octobre. Cette dernière prend en compte l’ensemble des profils de consommateurs, ainsi que l’abonnement.
Pour novembre, Selectra anticipe une nouvelle augmentation de 8,3 % du kWh chauffage.
| Mois | Prix moyen du kWh chauffage TTC |
|---|---|
| Septembre 2026 | 0,13474 € |
| Octobre 2026 | 0,14557 € |
| Novembre 2026 (estimation) | 0,15761 € |
Sources : CRE pour septembre et octobre, estimation Selectra pour novembre. Prix moyens TTC, zone GRDF.
Si cette prévision se confirme, le prix du kWh aura progressé d’environ 17 % entre septembre et novembre 2026.
Il s’agirait également de la troisième hausse mensuelle consécutive pour les ménages utilisant le gaz comme énergie de chauffage.
Jusqu’à 120 € supplémentaires sur une année pour 10 000 kWh
Cette augmentation pourrait avoir un impact significatif sur les factures, notamment pour les logements équipés d’une chaudière à gaz.
L’abonnement annuel de référence resterait inchangé à 360,79 € TTC. La hausse concernerait donc principalement le prix de l’énergie consommée.
Prenons l’exemple d’un foyer utilisant 10 000 kWh de gaz par an pour son chauffage.
- Au prix repère d’octobre : environ 1 816 € par an, abonnement compris.
- Au prix estimé de novembre : environ 1 937 € par an.
- Différence : environ 120 € supplémentaires.
Ce calcul suppose toutefois que les prix restent identiques pendant douze mois. Il ne s’agit donc pas d’une prévision de la facture réelle de l’année, puisque le prix repère évolue chaque mois.
Pour mieux visualiser la hausse, voici son impact selon la quantité de gaz consommée.
| Consommation de gaz | Surcoût estimé entre octobre et novembre |
|---|---|
| 500 kWh | +6,02 € |
| 1 000 kWh | +12,04 € |
| 1 500 kWh | +18,06 € |
| 2 000 kWh | +24,08 € |
Ces montants correspondent uniquement à la différence de prix du kWh, à consommation identique.
Nous avions déjà détaillé le coût de la hausse du gaz au 1er octobre selon la consommation du foyer. La nouvelle estimation pour novembre laisse désormais entrevoir une poursuite de cette tendance.
Et le calendrier n’a rien de rassurant : c’est justement entre novembre et février que les chaudières fonctionnent généralement le plus.
Tous les ménages ne subiront pas cette hausse
Une précision importante s’impose : le prix repère du gaz n’est pas un tarif automatiquement appliqué à tous les consommateurs.
Depuis la disparition des tarifs réglementés de vente du gaz en 2023, la CRE publie chaque mois une grille indicative destinée à aider les particuliers à comparer les offres des fournisseurs.
Deux situations doivent notamment être distinguées.
Vous avez une offre indexée sur le prix repère
Si votre contrat prévoit une indexation sur le prix repère de la CRE, les évolutions de celui-ci peuvent se répercuter sur votre facture selon les modalités du contrat.
Une augmentation en novembre pourrait donc entraîner une hausse du prix du kWh facturé par votre fournisseur.
Vous avez une offre à prix fixe
Si vous avez souscrit une offre à prix fixe, vous êtes davantage protégé contre les fluctuations du marché pendant la période prévue au contrat.
Attention toutefois : le prix fixe concerne généralement la fourniture de gaz hors taxes. Certaines évolutions réglementaires, fiscales ou liées aux réseaux peuvent encore modifier la facture.
Selon la CRE, environ 40 % des consommateurs résidentiels disposaient d’une offre à prix fixe fin 2025.
Avant de vous inquiéter, le premier réflexe consiste donc à consulter votre contrat et à vérifier si votre tarif est fixe ou indexé.
Pourquoi le prix du gaz pourrait-il encore augmenter en novembre ?
Cette nouvelle hausse serait principalement liée aux marchés de gros du gaz.
Pour octobre, la CRE avait déjà expliqué que l’augmentation provenait exclusivement de la composante approvisionnement, après une remontée des prix du gaz observée au mois d’août.
Pour novembre, Selectra a réalisé sa propre estimation à partir des cotations de septembre sur le marché de gros français et de la formule utilisée par la CRE.
Le prix repère tient compte de plusieurs éléments : le coût d’achat du gaz, son transport, son stockage, les frais de commercialisation et les taxes.
Une hausse des prix d’approvisionnement ne se traduit donc pas nécessairement par une progression équivalente du prix final payé par les ménages.
C’est également pour cette raison que la hausse annoncée de 8,3 % du kWh chauffage ne doit pas être interprétée comme une augmentation de 8,3 % de l’ensemble de la facture, abonnement compris.
Le barème définitif de novembre sera publié par la CRE dans le courant du mois d’octobre.
Comment limiter sa facture de chauffage avant l’hiver ?
Même si les consommateurs ne maîtrisent pas l’évolution des marchés du gaz, plusieurs gestes peuvent limiter leurs dépenses.
Le premier consiste à vérifier les conditions de son contrat. Il est notamment possible de comparer les offres de gaz grâce au comparateur officiel du Médiateur national de l’énergie.
Mais le contrat ne fait pas tout. Dans un logement chauffé au gaz, la régulation de la température peut également jouer un rôle important.
La programmation du chauffage selon les heures de présence, l’abaissement de la température pendant la nuit ou l’absence et une bonne régulation pièce par pièce permettent de réduire les consommations inutiles.
Une étude consacrée aux économies réalisables grâce à une maison connectée montre notamment l’intérêt d’un pilotage adapté du chauffage.
Les thermostats connectés peuvent faciliter ces réglages. Certains modèles récents, comme le nouveau thermostat intelligent présenté par Netatmo, cherchent justement à adapter le fonctionnement du chauffage aux habitudes des occupants.
Enfin, pour les ménages qui envisagent de remplacer leur chaudière, de nouvelles solutions commencent à apparaître. Depuis le 1er octobre 2026, un dispositif prévoit notamment des offres de pompes à chaleur clé en main, associant potentiellement installation, entretien et financement.
Il s’agit toutefois d’un investissement important, qui doit être étudié selon l’isolation du logement et les besoins réels du foyer.
Une prévision à confirmer, mais un signal préoccupant avant l’hiver
La hausse de novembre n’est pas encore officielle. Les 8,3 % annoncés par Selectra restent une estimation, dans l’attente de la publication du barème de la Commission de régulation de l’énergie.
Néanmoins, cette prévision intervient après une augmentation déjà importante en octobre et laisse entrevoir une fin d’année plus coûteuse pour les foyers utilisant le gaz pour se chauffer.
Si le prix du kWh atteint effectivement 0,15761 € TTC en novembre, il aura progressé de près de 17 % depuis septembre.
Pour les ménages concernés, l’enjeu sera désormais double : surveiller l’évolution de leur contrat et limiter leur consommation au moment où les températures commencent à baisser.
Sources : Selectra et Commission de régulation de l’énergie.
