À partir du 1er octobre 2026, de nouvelles offres de pompe à chaleur pourront réunir installation, entretien, financement et électricité. L’objectif : faciliter le remplacement des chaudières au gaz ou au fioul chez les ménages modestes.

Installation d’une pompe à chaleur air-eau devant une maison
À partir du 1er octobre 2026, de nouvelles offres pourront regrouper pompe à chaleur, installation, entretien, financement et fourniture d’électricité. © Labo Maison

Installer une pompe à chaleur sans avoir à financer immédiatement tout le reste à charge : c’est le principe d’un nouveau dispositif qui doit commencer à se concrétiser dans quelques jours.

Dans son guide des aides financières de septembre 2026, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) annonce l’arrivée, à partir du 1er octobre 2026, d’une offre de pompe à chaleur « clé en main ». Celle-ci doit pouvoir réunir l’installation, l’entretien, le financement et la fourniture d’énergie.

Derrière cette annonce se trouve un dispositif piloté par l’État et l’Ademe. Son objectif est de permettre à des opérateurs de commercialiser des offres beaucoup plus complètes que la simple installation d’une pompe à chaleur.

À lire également : Pompe à chaleur ou climatisation réversible : quelle différence ?.

Une pompe à chaleur avec installation, entretien et financement

Le principe vise en priorité les ménages modestes vivant dans une maison individuelle et qui chauffent encore leur logement avec une énergie fossile, comme le gaz ou le fioul.

Le dispositif concerne les pompes à chaleur air/eau. Les opérateurs sélectionnés devront proposer une solution intégrée comprenant notamment la conception du projet, l’installation de la PAC, sa maintenance et le financement du reste à charge. Une offre de fourniture d’électricité fait également partie du dispositif.

L’idée est donc d’éviter au ménage de devoir gérer séparément l’installateur, les aides financières, le financement et l’entretien du nouvel équipement.

Les aides existantes ne disparaissent pas pour autant. Elles sont intégrées dans le montage financier afin de diminuer le montant restant à payer par le particulier.

Une mensualité qui doit rester proche de l’ancienne facture de chauffage

C’est sans doute la partie la plus originale du dispositif. L’opérateur devra proposer une mensualité globale prenant en compte le financement du reste à charge, l’investissement, l’électricité nécessaire au fonctionnement de la PAC et sa maintenance.

L’objectif fixé par l’État est que cette mensualité soit égale ou inférieure à l’ancienne facture énergétique liée au chauffage.

Un foyer qui dépensait par exemple chaque mois une certaine somme pour chauffer sa maison au gaz ou au fioul pourrait ainsi utiliser une enveloppe comparable pour financer sa pompe à chaleur et son fonctionnement.

Attention toutefois : il ne s’agit pas d’une garantie que la facture sera systématiquement moins élevée. L’Ademe précise que ce niveau constitue un objectif établi à partir d’une trajectoire financière prévisionnelle. Pour l’offre de base, aucun mécanisme automatique de compensation n’est prévu si la consommation réelle se révèle finalement supérieure aux estimations.

Le prix de l’électricité devra être fixe pendant au moins trois ans

L’offre est construite autour d’une période de trois ans. Lorsque le ménage choisit la fourniture d’électricité proposée dans le package, le prix unitaire du kilowattheure devra rester fixe pendant au moins cette période.

Cette protection a néanmoins une limite : les éventuelles évolutions des taxes, des tarifs d’utilisation du réseau ou de la réglementation pourront toujours se répercuter sur la facture.

Le particulier conservera par ailleurs sa liberté de changer de fournisseur d’électricité, sans perdre pour autant le bénéfice des autres composantes du dispositif. La maintenance, elle, fait partie des prestations obligatoires.

Les travaux nécessaires devront être intégrés au devis

Installer correctement une pompe à chaleur ne consiste pas toujours à remplacer simplement une chaudière par une unité extérieure.

Avant les travaux, l’opérateur devra notamment dimensionner l’installation en fonction des besoins du logement. Si certains radiateurs doivent être remplacés, si un ballon tampon est nécessaire ou si d’autres adaptations du réseau de chauffage sont indispensables au bon fonctionnement de la PAC, leur coût devra être intégré dans le devis global.

La maintenance préventive est également obligatoire. Le dispositif prévoit aussi la prise en charge du dépannage et des réparations, y compris les pièces nécessaires dans le cadre de la maintenance curative.

Ce n’est pas une nouvelle prime MaPrimeRénov’

La présence de cette nouveauté dans le guide des aides de l’Anah peut prêter à confusion. Cette offre clé en main n’est pas une nouvelle prime venant remplacer MaPrimeRénov’.

Elle vise plutôt à réunir dans une même solution les aides disponibles, le financement du montant restant à payer et les différents services nécessaires au fonctionnement de la pompe à chaleur.

L’Ademe précise d’ailleurs qu’un projet bénéficiant de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur ne peut pas simultanément intégrer cette offre pour la même opération. Si le logement nécessite d’importants travaux de rénovation avant de pouvoir accueillir correctement une PAC, le ménage devra être orienté vers France Rénov’ afin d’étudier ce scénario alternatif.

Les premières offres pourront apparaître dès le 1er octobre

Le calendrier est désormais fixé. Après une première instruction des candidatures au début du mois de septembre, les opérateurs déclarés éligibles pourront publier leurs offres commerciales à partir du 1er octobre 2026.

D’autres opérateurs pourront rejoindre le dispositif ultérieurement puisque de nouvelles échéances d’instruction sont prévues en janvier puis en mai 2027.

Pour les ménages concernés, il faudra donc surtout examiner attentivement les premières offres lorsqu’elles seront commercialisées : montant réel du reste à charge, durée du financement, hypothèses de consommation, prix de l’électricité et conditions de sortie du contrat seront autant de points à vérifier avant de s’engager.

L’arrivée de ces formules marque néanmoins un changement important dans la manière de vendre une pompe à chaleur. Au lieu de financer séparément un équipement coûtant plusieurs milliers d’euros puis de payer son énergie et son entretien, le particulier pourra disposer d’une solution regroupant l’essentiel de ces dépenses dans une même offre.