Le piège au vinaigre de cidre peut attirer les drosophiles, mais il ne règle pas toutes les infestations. Moucherons du terreau, mouches des drains : voici comment les reconnaître et supprimer leurs lieux de reproduction.
Une coupe de fruits oubliée, une poubelle pas tout à fait vide, et les voilà. Les drosophiles sont particulièrement nombreuses en fin d’été et en automne, rappelle le département d’entomologie de l’université du Kentucky, car elles sont attirées par les fruits et légumes mûrs ou en train de fermenter. Pile la saison du raisin et des courges.
Sur les réseaux sociaux, la parade tient en trois ingrédients : un fond de vinaigre de cidre, une goutte de liquide vaisselle et un film plastique percé de petits trous. Comme le mélange vinaigre et bicarbonate contre le calcaire, l’astuce mérite un examen. Elle peut capturer des drosophiles. Mais si vos moucherons viennent des plantes ou des évacuations, vous risquez d’attendre longtemps.
Pourquoi ce piège au vinaigre attire les drosophiles
La drosophile, ou mouche du vinaigre, cherche moins le fruit que ce qui le fait fermenter. Une étude parue en 2012 dans la revue Functional Ecology a montré que les odeurs de levure suffisent à l’attirer. Un mélange de synthèse de ces odeurs, contenant notamment de l’éthanol et de l’acide acétique, l’attirait autant que du jus de raisin en fermentation.
Le vinaigre de cidre, issu d’une fermentation, sert donc d’appât. Le liquide vaisselle abaisse la tension de surface : la mouche qui s’y pose coule. Le film percé, ou le cornet de papier dans un bocal décrit par l’université du Kentucky, fait office d’entonnoir. On y entre facilement, on en ressort mal.
Un piège qui capture des adultes, pas la source
Même quand il se remplit, le bocal ne règle pas le problème : les œufs déjà pondus continuent d’éclore. Selon l’université du Kentucky, une femelle peut pondre environ 500 œufs, et le cycle de l’œuf à l’adulte se boucle en une semaine environ. Autant dire que piéger les adultes sans supprimer la source revient à écoper sans boucher la fuite.
Cette source n’est pas toujours dans la corbeille à fruits. Les drosophiles se reproduisent dans tout film humide qui fermente : siphon, poubelle, bouteilles et canettes vides, bac de recyclage, serpillière. Une seule pomme de terre pourrie oubliée au fond d’un placard peut en produire des milliers.
Mangez, jetez ou mettez au frais les fruits mûrs, coupez les parties abîmées, videz souvent la poubelle et le seau à compost, rincez les bouteilles. Un siphon vous paraît suspect ? Scotchez un sachet alimentaire transparent sur la bonde pour la nuit. Des mouches prises au matin, et le foyer est trouvé. Le piège achève ensuite les dernières.
Si le piège reste vide, ce ne sont peut-être pas des mouches du vinaigre
Le bocal ne capture rien alors que les moucherons pullulent ? Vous avez peut-être affaire à une autre espèce. Le piège cible surtout les drosophiles : les larves des deux espèces suivantes vivent ailleurs, et d’autres méthodes leur conviennent mieux. Regardez surtout où elles se tiennent.
- La drosophile : environ 3 mm, yeux souvent rouges, avant du corps fauve et arrière noir. Elle tourne autour des fruits, de la poubelle, des bouteilles.
- Le sciaride, ou mouche du terreau : 1,5 à 3 mm, sombre et fin, longues pattes, faux air de petit moustique. Il reste près des pots et sur les vitres.
- La psychode, ou mouche des drains : environ 3 mm, très poilue, ailes repliées en toit comme un minuscule papillon de nuit. Elle se pose sur les murs près de l’évier ou de la douche.
Moucherons du terreau et mouches des éviers : les bons gestes
Les sciarides pondent dans un terreau humide et riche, où leurs larves mangent champignons, débris et parfois racines. Le levier principal est l’arrosage, rappelle l’université de Californie : laissez sécher la surface du terreau entre deux arrosages, soignez le drainage, ne laissez pas d’eau stagner. À surveiller si vous venez de rentrer des plantes à l’abri des premières gelées.
Des pièges jaunes englués piqués dans les pots font le job contre les adultes. Pour vérifier la présence de larves, posez un morceau de pomme de terre crue, face coupée contre le terreau. Si l’infestation persiste, des nématodes vendus contre les sciarides (Steinernema feltiae) s’attaquent aux larves : vérifiez l’usage indiqué et suivez le mode d’emploi.
Pour les psychodes, verser de l’eau bouillante ou de la javel dans l’évier ne suffit généralement pas, selon la même université : l’effet reste temporaire, car le dépôt gluant où vivent les larves reste en place. Démontez plutôt le siphon, cette pièce coudée qui garde un peu d’eau pour bloquer les odeurs, nettoyez-le, puis frottez la canalisation à la brosse dure.
Un nettoyant enzymatique utilisé régulièrement peut ensuite limiter la formation de ce dépôt. Pour trouver la bonne évacuation, retournez dessus 24 h un gobelet enduit de vaseline : les mouches qui en sortent y restent collées. Et les insecticides ? Généralement inutiles dans un logement, selon les entomologistes californiens, puisqu’un ou deux siphons sont en général en cause.
Sources : Université du Kentucky, département d’entomologie ; UC IPM, université de Californie.