Depuis l’interdiction du démarchage sans consentement, 26 000 signalements ont été recensés. Mais certains Français constatent désormais une forte baisse des appels.
Depuis le 11 août 2026, les entreprises ne peuvent plus démarcher un particulier par téléphone sans avoir obtenu son consentement préalable, sauf dans certains cas liés notamment à un contrat en cours. Plus d’un mois après l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles, un premier constat se dessine : les appels semblent avoir fortement diminué pour certains consommateurs, mais le démarchage est loin d’avoir disparu.
Selon les chiffres communiqués par la DGCCRF, la plateforme officielle SignalConso a enregistré environ 26 000 signalements concernant le démarchage téléphonique depuis le 11 août.
Un chiffre en forte progression par rapport au premier bilan de 16 000 signalements que nous rapportions précédemment.
26 000 signalements depuis le 11 août
La réforme a profondément changé le principe du démarchage téléphonique. Jusqu’à cet été, le consommateur devait notamment s’inscrire sur Bloctel pour manifester son opposition aux appels commerciaux.
Depuis le 11 août, la logique est inversée : c’est désormais au professionnel de pouvoir démontrer que le consommateur a accepté d’être contacté.
Nous avions détaillé les nouvelles règles du démarchage téléphonique et les moyens de protéger son foyer avant leur entrée en vigueur.
Un premier bilan faisait état de 16 000 signalements sur SignalConso. Le compteur atteint désormais environ 26 000 signalements depuis le 11 août.
Cette progression ne signifie toutefois pas nécessairement que les Français reçoivent davantage d’appels qu’avant l’interdiction.
Certains Français reçoivent beaucoup moins d’appels
Les premiers témoignages recueillis depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles montrent au contraire que la situation peut s’être nettement améliorée pour certains consommateurs.
Interrogé dans un reportage télévisé, Michel, un retraité, explique qu’il recevait auparavant cinq à six appels indésirables par jour. Il estime désormais n’en recevoir qu’un ou deux tous les trois ou quatre jours.
Une baisse spectaculaire à son échelle, qui ne permet cependant pas de tirer de conclusion générale sur l’efficacité de la réforme.
D’autres consommateurs continuent en effet d’être régulièrement sollicités. Yannick, 25 ans, indique par exemple recevoir encore un à deux appels par semaine.
Quelques semaines auparavant, franceinfo rapportait également le témoignage d’un consommateur ayant comptabilisé 49 appels en moins de trois semaines, après seulement quelques jours de répit.
Davantage de signalements ne signifie pas forcément davantage d’appels
Les 26 000 signalements enregistrés sur SignalConso peuvent donner l’impression que la nouvelle réglementation n’a rien changé. Ce serait aller trop vite.
La DGCCRF appelle à la prudence dans l’interprétation de ces données. L’entrée en vigueur de l’interdiction a été largement médiatisée et les consommateurs savent désormais davantage que les appels commerciaux non consentis peuvent être signalés.
Une partie de la hausse peut donc provenir d’un recours plus fréquent à SignalConso plutôt que d’une augmentation du nombre d’appels.
Les témoignages recueillis montrent également que les situations sont très différentes d’un consommateur à l’autre.
À ce stade, les 26 000 signalements prouvent surtout que le démarchage téléphonique reste un problème important, mais ils ne permettent pas de déterminer précisément dans quelle proportion le nombre d’appels a diminué depuis le 11 août.
Une amende de plus de 1,1 million d’euros pour Syma Mobile
Les contrôles peuvent en revanche coûter très cher aux opérateurs qui ne respectent pas les règles.
Le 16 septembre 2026, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Paris a annoncé une amende administrative de 1 101 228 € à l’encontre de Syma, qui exploite la marque Syma Mobile.
Les enquêteurs lui reprochent notamment d’avoir démarché des consommateurs inscrits sur Bloctel, de ne pas avoir vérifié chaque mois ses fichiers de prospection auprès de l’organisme chargé de cette liste et d’avoir appelé certains consommateurs plus de quatre fois sur une période de 30 jours.
Attention toutefois : cette sanction concerne des manquements aux règles applicables sous l’ancien système Bloctel. Elle ne constitue donc pas une sanction pour non-respect de la nouvelle obligation de consentement entrée en vigueur le 11 août.
Elle montre néanmoins que la DGCCRF dispose de moyens de contrôle et de sanction importants en matière de démarchage téléphonique.
Pourquoi peut-on encore être démarché ?
L’interdiction entrée en vigueur le 11 août ne signifie pas que tout appel commercial est désormais illégal.
Une entreprise peut toujours contacter un consommateur lorsque celui-ci lui a donné un consentement explicite pour être démarché. Certaines sollicitations restent également possibles dans le cadre d’un contrat en cours.
Le point sensible concerne donc désormais la preuve du consentement. Une autorisation donnée lors d’une inscription ou d’une démarche commerciale peut permettre à une entreprise de rappeler un consommateur, à condition que ce consentement ait été recueilli de manière valable.
Il reste également les professionnels qui ne respectent pas les nouvelles règles et les appels frauduleux. Une interdiction légale ne fait évidemment pas disparaître les acteurs qui choisissent de l’ignorer.
Que faire lorsqu’un démarcheur appelle sans votre accord ?
Lorsqu’un appel commercial semble intervenir sans consentement préalable, le consommateur peut effectuer un signalement sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF.
Il est utile de conserver le numéro utilisé, la date et l’heure de l’appel ainsi que, lorsque cela est possible, le nom de l’entreprise concernée.
Un consommateur peut également retirer un consentement précédemment donné et demander à ne plus être appelé.
Le blocage du numéro reste enfin utile sur le téléphone, même s’il montre rapidement ses limites lorsque les centres d’appels utilisent plusieurs numéros successifs.
La nouvelle interdiction commence-t-elle à fonctionner ?
Plus d’un mois après son entrée en vigueur, il reste encore trop tôt pour mesurer précisément l’efficacité de la réforme.
Les 26 000 signalements recensés depuis le 11 août montrent que les appels commerciaux indésirables n’ont pas disparu. Mais les premiers témoignages montrent aussi que certains consommateurs constatent désormais une forte diminution du nombre d’appels reçus.
La prochaine étape sera donc déterminante : les contrôles devront permettre d’identifier les entreprises qui continuent à démarcher sans consentement et les premières sanctions prises spécifiquement sur le fondement des nouvelles règles permettront de mesurer leur application réelle.
Source : franceinfo, DGCCRF et TF1 Infos.