Les Taurides du Sud et du Nord atteignent leur maximum vers les 5 et 12 novembre. Peu nombreuses mais parfois spectaculaires, ces étoiles filantes s’observent à l’œil nu, avec une Lune discrète.
Après les Draconides début octobre puis les Orionides dans la nuit du 21 au 22 octobre, le ciel d’automne offre un nouveau rendez-vous avec les Taurides. Les Taurides arrivent en deux courants, celui du Sud puis celui du Nord, actifs ensemble une bonne partie de novembre.
Il ne faut pas en attendre une pluie spectaculaire : sous un ciel bien sombre, on peut espérer quelques Taurides par heure, parfois aucune pendant de longues minutes. Leur intérêt tient surtout à la chance d’apercevoir un météore lent et particulièrement lumineux. Et cette année, la Lune se fera discrète aux deux dates clés.
Taurides du Sud et du Nord : les dates à retenir
Selon le calendrier 2026 de l’International Meteor Organization (IMO), les Taurides du Sud sont actives du 20 septembre au 20 novembre, avec un premier maximum vers le 13 octobre puis un maximum principal vers le 5 novembre : la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 novembre est donc le rendez-vous à privilégier. Les Taurides du Nord, actives du 20 octobre au 10 décembre, culminent vers le 12 novembre.
L’IMO estime le taux horaire zénithal (ZHR) des Taurides du Sud entre 5 et 10 météores par heure, et celui des Taurides du Nord à environ 5. Ce chiffre vaut pour un observateur idéal, sous un ciel parfaitement noir et avec le radiant au-dessus de sa tête : depuis un jardin, on en verra généralement moins. Pour les Taurides du Nord, l’IMO évoque plutôt un plateau d’une dizaine de jours, début à mi-novembre : si le ciel est couvert le soir du pic, les nuits voisines restent intéressantes.
Des étoiles filantes lentes, parfois très lumineuses
Les deux courants font partie d’un même ensemble de poussières associé à la comète 2P/Encke. Leurs météores entrent dans l’atmosphère à environ 27 km/s (Sud) et 29 km/s (Nord) d’après l’IMO, contre 66 km/s pour les Orionides : ils paraissent donc nettement plus lents dans le ciel.
Les Taurides sont surtout connues pour produire, de temps en temps, des bolides : des météores très brillants, qui peuvent éclairer brièvement le paysage. Il est impossible de prévoir l’apparition d’un bolide, et le calendrier 2026 de l’IMO ne prévoit pas de renforcement notable de l’activité des Taurides.
Une Lune discrète aux deux rendez-vous
Le dernier quartier de Lune tombe le 1er novembre et la nouvelle Lune le 9 novembre. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, la Lune n’est plus qu’un croissant éclairé à moins d’un quart, qui ne se lève que vers 3 h 20 à Paris, selon les éphémérides de l’US Naval Observatory. Elle ne gênera donc pas l’observation en soirée ni pendant une grande partie de la nuit, si le ciel est assez sombre là où vous êtes.
Pour les Taurides du Nord, c’est encore mieux : le 11 novembre, le très fin croissant se couche vers 18 h, avant même la nuit noire. Les nuits du 11 au 12 et du 12 au 13 novembre seront ainsi très favorables côté Lune, sous réserve d’un ciel dégagé.
À quelle heure et dans quelle direction regarder ?
Le radiant des Taurides, le point d’où les météores semblent provenir, se trouve dans la constellation du Taureau, près de l’étoile orangée Aldébaran. Il s’élève au cours de la soirée et atteint sa plus grande hauteur vers 1 h du matin, heure d’hiver, à Paris : les heures autour de minuit et la seconde partie de la nuit sont les plus favorables, même si des météores peuvent apparaître bien avant. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, privilégiez la période de 22 h à 3 h 20 environ à Paris, avant le lever du croissant de Lune ; l’observation reste possible ensuite. Les horaires varient selon la région. Prévoyez une séance d’au moins 30 minutes à une heure : à ce rythme, quelques minutes ne suffisent pas.
Inutile de fixer le Taureau : les étoiles filantes peuvent apparaître n’importe où, et leurs traînées paraissent plus longues à distance du radiant. Allongez-vous face à la plus grande portion de ciel dégagé, sans arbre ni toit dans le champ de vision.
Préparer son jardin ou sa terrasse
Aucun matériel n’est nécessaire : jumelles et télescope réduisent le champ de vision. L’essentiel est de limiter la lumière autour de soi.
- Éteignez l’éclairage extérieur, y compris les bornes et guirlandes solaires qui s’allument seules à la nuit tombée. Si un lampadaire ou l’éclairage public inonde le ciel, éloignez-vous-en : un coin de campagne dégagé change tout. Pour des lampes connectées, un scénario dans l’application les coupe le temps de la séance, avec les mêmes outils que nos idées d’éclairage connecté pour Halloween.
- Pensez aux détecteurs de mouvement : un projecteur ou une caméra extérieure à projecteurs LED peut s’allumer au moindre mouvement. Si l’appareil le permet, désactivez temporairement son éclairage visible, sans couper la surveillance, puis rétablissez vos réglages.
- Vérifiez les minuteries de l’éclairage extérieur : depuis le passage à l’heure d’hiver, certaines sont décalées d’une heure (voir les appareils à contrôler après le changement d’heure).
- Laissez vos yeux s’habituer à l’obscurité pendant une vingtaine de minutes, sans regarder d’écran lumineux.
- Installez-vous confortablement : transat ou chaise longue, couverture, bonnet et vêtements chauds.
Pour repérer le Taureau, Sky Tonight et Stellarium Mobile existent en versions gratuites, avec des options payantes. Leur affichage nocturne en rouge, avec la luminosité de l’écran au minimum, limite l’éblouissement sans toutefois préserver totalement l’adaptation des yeux à l’obscurité. Consultez aussi les prévisions de couverture nuageuse : sans ciel dégagé, rien ne sera visible.
Peut-on les photographier avec un smartphone ?
C’est possible, avec de la chance. L’IMO souligne que leur lenteur et leur éclat en font des sujets intéressants pour la photographie, mais leur faible nombre rend la capture difficile, surtout au smartphone : le mode nuit additionne plusieurs images et peut effacer un météore très bref. Posez le téléphone sur un trépied, face à une large portion de ciel, utilisez l’objectif grand-angle et coupez le flash. Si votre téléphone propose un mode pose longue ou astrophotographie réglable, préférez-le, avec un déclenchement différé et la mise au point sur l’infini. Enchaînez les poses pendant que vous observez : un ciel étoilé net est déjà une réussite, une traînée dans le cadre sera un bonus.
Taurides du Nord : le second rendez-vous
Si la météo gâche le début du mois, une deuxième chance arrive une semaine plus tard. Le maximum des Taurides du Nord est attendu vers le 12 novembre, avec environ 5 météores par heure dans des conditions idéales selon l’IMO. Les nuits du mercredi 11 au jeudi 12 et du jeudi 12 au vendredi 13 novembre seront les plus favorables, sans Lune du début de soirée jusqu’à l’aube. Les heures autour de minuit restent les meilleures. Les Léonides prendront ensuite le relais, avec un maximum principal prévu par l’IMO dans la nuit du 17 au 18 novembre, vers 0 h 45, heure française.
À retenir : privilégiez la nuit du 4 au 5 novembre, notamment entre 22 h et 3 h 20 à Paris, puis celles du 11 au 12 et du 12 au 13 novembre. Choisissez un ciel dégagé, éteignez les lumières et observez à l’œil nu.
Sources : International Meteor Organization, calendrier 2026 ; Star Walk.