La Ninja Auto Barista Pro et la Delonghi Rivelia Latte partagent l'automatisation de la préparation du café en grain, et la personnalisation des recettes. Ces deux machines expresso avec broyeur permettent également de changer facilement de café grâce à deux bacs interchangeables. Mais nos tests révèlent deux philosophies bien différentes. La Ninja impressionne par la qualité de ses expressos, tandis que la Rivelia mise sur son format compact, son écran tactile et ses boissons lactées entièrement automatisées. Nous les avons confrontées sur leurs principaux critères d'utilisation.
Avec la Ninja Auto Barista Pro et la Delonghi Rivelia Latte, nous retrouvons deux machines à café automatiques haut de gamme, commercialisées à des tarifs de lancement très proches : 899,99 € pour la Ninja et 899 € pour la Delonghi.
Toutes deux disposent d’un broyeur intégré, de deux bacs à grains interchangeables et de technologies destinées à accompagner l’utilisateur dans la préparation de son café.
Pour autant, nos essais au laboratoire Labo Maison révèlent des différences importantes, aussi bien dans l’ergonomie que dans la personnalisation et la préparation des boissons lactées.
Design et ergonomie : la Rivelia nettement plus compacte
La Ninja Auto Barista Pro soigne sa présentation. Son habillage en acier inoxydable et ses finitions lui donnent une allure sérieuse, cohérente avec son positionnement haut de gamme.
En revanche, elle se révèle assez imposante sur un plan de travail (39,7 x 39,7 x50,9 cm). Il faut également prévoir suffisamment de place pour manipuler les bacs à grains et accéder aux différents éléments.
La De’Longhi Rivelia Latte adopte une approche bien différente. Avec seulement 24,5 cm de largeur, elle se montre particulièrement compacte pour une machine automatique aussi équipée.
Son design sobre et ses différents coloris — noir, blanc, gris bleu ou beige — facilitent son intégration dans une cuisine. IL faut néanmoins se contenter ici de finitions en plastique, quand la Ninja propose elle un habillage très premium.
La compacité de la Rivelia impose également quelques concessions. Son réservoir d’eau de 1,4 litre est relativement modeste et son absence de poignée rend sa manipulation délicate lorsqu’il est rempli.
La Delonghi Rivelia réussit mieux à concilier équipement et encombrement. Elle prend donc ici l’avantage, malgré ses finitions en plastique.
Interface : la Delonghi beaucoup plus intuitive
C’est l’une des différences les plus marquées de ce duel. La Ninja Auto Barista Pro utilise un panneau de commandes sensitives rétroéclairées accompagné d’un afficheur. La sélection des boissons reste simple, mais les réglages avancés se révèlent moins intuitifs. Il faut du temps pour comprendre les menus et exploiter toutes les possibilités de la machine.
C’est regrettable pour un appareil qui mise précisément sur la personnalisation.
La De’Longhi Rivelia bénéficie, elle, d’un écran couleur tactile de 3,5 pouces. La navigation est fluide et les différentes fonctions facilement accessibles. Elle permet également de créer quatre profils utilisateurs, afin de mémoriser les préférences de chacun.
Autre fonction intéressante : la gestion des routines. La machine tient compte du moment de la journée pour proposer les boissons habituellement consommées à cette heure.
La Rivelia prend ici sans aucun doute l’avantage avec une interface beaucoup plus intuitive et riche.
Broyeur et personnalisation : deux approches du café en grain
Les deux machines partagent un équipement encore peu répandu sur ce type d’appareil : deux bacs à grains interchangeables. Ce système permet de passer facilement d’un café à un autre, par exemple pour alterner entre un assemblage classique et un décaféiné.
Sur la Rivelia, chaque bac possède une capacité de 250 g. Le dispositif est baptisé Bean Switch System. Dans la pratique, cela permet presque d’utiliser la machine comme on le ferait avec une dosette pour préparer ponctuellement un café différent : on termine les grains présents dans le broyeur, puis on bascule sur un autre bac.
La Ninja propose également deux réservoirs interchangeables, avec un fonctionnement destiné à limiter la rétention de mouture dans le broyeur.
Nous avons toutefois observé une faiblesse lors de notre test : certains grains restent au fond du bac et ne descendent pas correctement vers le broyeur. Un défaut gênant pour un système censé simplifier le changement de café.
GrindIQ face à Bean Adapt
Les deux constructeurs proposent également une assistance au réglage du café. Chez Ninja, la technologie GrindIQ ajuste automatiquement la finesse de mouture (60 niveaux de mouture) en fonction du déroulement de l’extraction. Lors de nos essais, trois préparations ont été nécessaires pour calibrer le système. La machine permet ensuite d’ajuster l’intensité et la température selon les préférences de l’utilisateur.
La Delonghi utilise pour sa part Bean Adapt, une technologie qui accompagne l’adaptation des paramètres aux grains employés. Elle propose un broyeur à 13 niveaux de mouture, quatre réglages de température et cinq niveaux d’intensité.
Les deux solutions sont donc intéressantes, avec une assistance particulièrement poussée sur la Ninja et une personnalisation plus accessible sur la Delonghi.
Léger avantage Rivelia sur la facilité d’utilisation, notamment grâce à son interface.
Qualité du café : la Ninja Auto Barista Pro impressionne
C’est sur ce critère que la Ninja prend sa revanche. Lors de notre test, l’Auto Barista Pro nous a offert un résultat en tasse très étonnant, avec une très belle crema et une présence en bouche particulièrement appréciable.
Parmi les machines automatiques passées dans notre laboratoire, peu nous ont proposé des expressos aussi convaincants.
La Delonghi Rivelia ne démérite pas pour autant. Nous avons également souligné la qualité remarquable de ses boissons et la richesse de ses réglages dans notre test.
Mais la Ninja nous a davantage marqués par son résultat en tasse.
Cette performance s’accompagne cependant d’une contrepartie importante à prendre en compte : une consommation de grains pouvant atteindre 20 g par café lors de nos essais. Pour un utilisateur préparant plusieurs expressos par jour, cette consommation peut peser sur le budget à long terme. Ce n’est vraiment pas raisonnable.
La Rivelia présente une autre limite : elle ne permet pas de préparer un double expresso en une seule opération.
Avantage Ninja Auto Barista Pro pour la qualité du café, avec une grande réserve sur sa consommation importante de grains.
Boissons lactées : la Rivelia plus pratique au quotidien
Les deux machines permettent de préparer des boissons lactées, mais leur fonctionnement diffère sensiblement. La Ninja Auto Barista Pro associe une buse vapeur à un fouet pour automatiser la préparation de la mousse de lait.
Lors de notre test, nous avons obtenu une texture particulièrement agréable. En revanche, il faut ensuite verser manuellement le lait dans la tasse pour terminer la préparation.
Cette étape supplémentaire nécessite également de nettoyer les accessoires utilisés.
La Delonghi Rivelia Latte mise sur une automatisation plus complète grâce à son système LatteCrema Hot. Elle permet de préparer directement différentes boissons lactées, comme le cappuccino, le latte macchiato, le caffè latte ou le flat white.
La machine propose au total 16 recettes, dont huit cafés et huit autres boissons.
La Ninja réussit donc très bien la mousse de lait, mais la Delonghi offre davantage de simplicité pour obtenir une boisson complète.
Avantage donc à la Rivelia, particulièrement adaptée aux amateurs de cappuccinos et de latte macchiatos qui privilégient la préparation en une touche.
Entretien : la Delonghi plus simple à gérer
La facilité d’entretien constitue un autre atout de la Rivelia. Ses programmes sont accessibles directement depuis l’écran tactile, sans nécessiter de consulter systématiquement le mode d’emploi. L’infuseur est également facilement accessible derrière le réservoir d’eau, ce qui simplifie son nettoyage.
La principale réserve concerne le bac à marc, limité à 10 galettes, qu’il faudra vider relativement souvent.
Sur la Ninja Auto Barista Pro, l’utilisation du système de moussage implique notamment le nettoyage des éléments dédiés au lait après les préparations. Des voyants lumineux Sur l’interface permettent de signaler quand il faut détartrer, vider le bac à marc, rajouter de l’eau…
La chambre d’extraction s’extrait simplement pour un nettoyage régulier.
La principale limite de la Ninja repose sur son habillage en acier inoxydable qui demande un entretien régulier pour éviter les traces d’eau ou de café. Last but not least, la machine a tendance a faire couler beaucoup d’eau à l’allumage et à l’extinction, ce qui nécessitera de vider le bac récolte-gouttes très régulièrement.
La Rivelia prend donc l’avantage sur sa comparse pour une simplicité d’entretien à l’usage au quotidien.
Prix : deux machines au même positionnement
LaNinja est actuellement disponible à 799,99 € quand la Delonghi s’affiche désormais à 645 €. Là encore l’avantage tourne pour la machine de la marque italienne.
Notre verdict : la Delonghi l’emporte aisément
Si la Ninja Auto Barista Pro parvient à nous convaincre avec son design très premium et son résultat en tasse très satisfaisant, elle n’arrive pas encore à jouer dans la même cour que Delonghi avec sa Rivelia Latte. D’un côté la fougue de la jeunesse, de l’autre l’expérience de l’âge. La marque italienne dispose effectivement d’une expérience dans le café que l’on retrouve ici dans cette machine très complète, homogène et compacte. La marque états-unienne délivre ici une bonne copie pour son premier produit dans la catégorie des machines automatiques, mais elle pêche sérieusement en étant beaucoup trop gourmande. Sa consommation excessive de café reste pour nous un véritable frein économique et écologique à l’usage au quotidien, et qui ne se justifie pas. Si à cela vous ajoutez la différence de prix non négligeable entre les deux appareils, le match est plié comme on dit.

