Longtemps présenté comme une alternative plus saine à la friture traditionnelle, l’airfryer se voit aujourd’hui crédité d’un autre avantage majeur : une pollution de l’air intérieur nettement réduite. Une étude menée par l’Université de Birmingham, relayée par plusieurs médias, met toutefois en garde contre un point souvent négligé : l’entretien de l’appareil.
Entre produits ménagers, cuisson à haute température et mauvaise ventilation, les particules fines et composés organiques volatils (COV) peuvent s’accumuler rapidement dans une cuisine. Et certaines cuissons peuvent être plus polluantes que d’autres.
C’est ce que confirme une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Birmingham, relayée notamment par le Daily Mail. Leur constat est sans appel : la friture classique à l’huile génère entre 10 et 100 fois plus de pollution de l’air qu’un airfryer, à durée et aliments comparables.
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Pourquoi la friture à l’huile pollue autant
Lorsqu’une friteuse classique chauffe de l’huile, les graisses se décomposent thermiquement. Ce phénomène libère des COV et des particules ultrafines, suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Selon les chercheurs, 10 minutes de friture suffisent à maintenir une pollution élevée pendant plus d’une heure dans une cuisine peu ou mal ventilée.
L’équipe scientifique rappelle que ces émissions sont loin d’être anodines : de nombreuses études ont déjà établi des liens entre l’exposition chronique aux polluants issus de la cuisson et des risques cardiovasculaires ou respiratoires.
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Les friteuses à air chaud cuisent elles les aliments en faisant circuler de l’air chaud avec peu ou pas d’huile ajoutée, ce qui permet d’obtenir des aliments dont la teneur en matières grasses est nettement inférieure à celle des aliments frits. D’autre part les températures sont mieux régulées par ces appareils et évitent donc d’avoir des pics de températures comme sur une plaque de cuisson. Pour autant, certains aliments cuits au airfryer peuvent générer autant de particules, comme le pavé de saumon ou les ailes de poulet…
Comment l’étude a été menée
Les chercheurs ont testé 12 aliments courants (rondelles d’oignon, saucisses, bacon, pommes de terre, légumes avec spray d’huile…) dans trois conditions de cuisson : avec un aifryer, avec une friture à la poêle et avec une friture en bain d’huile.
Les mesures ont été réalisées dans une chambre expérimentale hermétique de 0,15 m³, afin d’éviter la dilution des polluants par la ventilation — un biais fréquent dans les études menées en cuisine réelle.
Les résultats montrent que :
- les air fryers émettent significativement moins de particules fines (UFP) et de COV,
- seules les cuissons d’aliments très gras dans un airfryer produisent des émissions comparables à certaines fritures… mais jamais au niveau d’un bain d’huile.
Comme le résume Ruijie Tang, premier auteur de l’étude, et cité par le quotidien anglais : « même si les aliments riches en matières grasses produisent davantage d’émissions dans la friteuse à air chaud, celles-ci ne représentent qu’une fraction de celles générées par des méthodes de cuisson telles que la friture à faible profondeur ou à grande profondeur. ».
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Le point faible inattendu de l’airfryer : le manque de nettoyage
L’étude introduit cependant une mise en garde essentielle. Un airfryer utilisé plus de 70 fois sans nettoyage approfondi émet 23 % de COV en plus, 236 % de particules ultrafines supplémentaires, par rapport à un appareil propre, même sans cuisson d’aliments. Ces émissions supplémentaires proviennent des résidus de graisses accumulés dans des zones difficiles d’accès, qui ne sont pas toujours nettoyées lors de l’entretien courant. Une utilisation répétée sans nettoyage en profondeur peut par conséquent annuler une partie des bénéfices pour la qualité de l’air intérieur.
Contrairement à certaines craintes relayées ces dernières années, l’airfryer n’apparaît pas comme une nouvelle source majeure de pollution domestique. Au contraire, à usage équivalent, il réduit nettement l’exposition aux polluants par rapport à la friture traditionnelle. Cela bien entendu sans prendre en compte les matériaux utilisées pour les bacs de cuisson des airfryers.
Mais l’étude rappelle aussi une réalité souvent oubliée dans les discours marketing : le design des appareils et leur facilité de nettoyage sont déterminants sur le long terme.
Sources : ACS Publications, Daily Mail, Top Santé, Les Numériques
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