Duralex échappe une nouvelle fois à la disparition. Le tribunal de commerce d'Orléans a validé, mercredi 14 octobre 2026, la reprise du célèbre fabricant de verres par Cédric Meston, l'entrepreneur qui avait déjà racheté Tupperware France. Soutenu notamment par Xavier Niel, son projet prévoit de sauvegarder 155 emplois, d'investir 16 millions d'euros et de moderniser l'usine historique du Loiret. Objectif : retrouver la rentabilité dès 2027 et faire de Duralex une référence du verre à faible empreinte carbone.

Verres iconiques Picardie de Duralex
Verres iconiques Picardie de Duralex

C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour Duralex. Après quatre mois et demi d’incertitude, le tribunal de commerce d’Orléans a retenu l’offre de reprise de Cédric Meston, portée par sa holding Tomé.

Duralex : la célèbre marque de verres de nouveau placée en redressement judiciaire

L’entrepreneur de 32 ans n’est pas inconnu du monde industriel. Cofondateur de HappyVore, spécialiste des alternatives végétales à la viande, il a notamment repris Tupperware France et le spécialiste du pneu rechapé Black Star en 2025.

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Cette fois, il prend les commandes d’une marque emblématique du savoir-faire français, célèbre pour ses verres trempés particulièrement résistants et ses modèles présents dans de nombreuses cantines.

Placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026, Duralex traversait sa cinquième procédure de ce type en un peu plus de vingt ans. La reprise par les salariés sous forme de coopérative, intervenue moins de deux ans auparavant, n’avait pas suffi à redresser durablement les finances de l’entreprise.

Le projet de Cédric Meston a finalement été préféré à celui de l’industriel Carlesimo, qui proposait de conserver 129 salariés.

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155 emplois conservés et un financement de 16 millions d’euros

La nouvelle offre permet de préserver 155 emplois en CDI sur les quelque 220 que compte l’entreprise, soit plus de 70 % des effectifs concernés.

En revanche, environ 65 postes ne sont pas repris. Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a indiqué qu’il serait attentif à l’accompagnement des salariés concernés pour favoriser leur retour à l’emploi.

Sur le plan financier, le repreneur annonce un programme de 16 millions d’euros, sans recours à la dette bancaire.

Ce financement comprend six millions d’euros de soutiens publics : quatre millions provenant du Fonds de développement économique et social et deux millions apportés par la région Centre-Val de Loire et la métropole d’Orléans pour le volet énergétique.

L’entrepreneur bénéficie également du soutien de Xavier Niel, dont la holding NJJ Capital est associée au projet.

La direction générale de Duralex sera confiée à Silham El Kasmi, passée notamment par Saint-Gobain et Saur.

Un four électrique pour diviser la facture énergétique par deux

La modernisation industrielle constitue l’un des principaux piliers du projet. Aujourd’hui, les dépenses énergétiques représentent près de 20 % du chiffre d’affaires de Duralex, un poids considérable pour une activité industrielle reposant sur la fabrication du verre.

Le nouveau propriétaire prévoit donc de remplacer le four à gaz par une installation entièrement électrique d’ici 2029. Selon le plan présenté, cette transformation doit permettre de diviser la facture énergétique par deux et de supprimer l’essentiel des émissions de CO₂ du site.

Cédric Meston affiche une ambition environnementale forte. Il entend faire de Duralex « le verre le plus vert du monde ».

La modernisation passera également par l’intégration d’outils d’intelligence artificielle pour améliorer la production et limiter les défauts, ainsi que par une fabrication davantage organisée en fonction des commandes.

Le repreneur entend parallèlement réduire les coûts fixes et assainir les stocks afin d’adapter les capacités industrielles aux ventes réelles.

De nouvelles gammes et des synergies avec Tupperware

La relance ne reposera pas uniquement sur la transformation de l’usine. Cédric Meston prévoit aussi un repositionnement commercial de Duralex, avec des gammes revisitées destinées à mieux répondre aux attentes des consommateurs.

Des synergies avec les équipes de Tupperware sont également envisagées, sans que les modalités précises de cette coopération aient été détaillées.

L’objectif est de moderniser l’offre tout en conservant l’identité d’une marque historiquement associée aux objets du quotidien, robustes et accessibles.

Le repreneur vise un retour à la rentabilité dès 2027, puis une remontée progressive des effectifs pour retrouver environ 220 salariés à l’horizon 2035. Un calendrier ambitieux pour une entreprise confrontée depuis de nombreuses années à des difficultés financières récurrentes.

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La fin de la coopérative malgré sept millions d’euros récoltés auprès du public

La décision du tribunal marque également la fin de l’aventure coopérative engagée par les salariés de Duralex. Cette reprise sous forme de Société coopérative de production (Scop) avait suscité un important élan de soutien populaire.

Fin 2025, une levée de fonds auprès des particuliers avait permis de récolter plus de 7 millions d’euros. Une somme importante, mais insuffisante pour assurer la pérennité de la verrerie.

Parallèlement, l’entreprise fait l’objet d’une enquête du parquet d’Orléans, dont les qualifications pénales n’ont pas été précisées. Des perquisitions ont notamment été réalisées le 3 septembre, dont certaines au siège de Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin.

L’ancien directeur général François Marciano et son fils Antoine, ancien directeur financier, pourraient être concernés par cette procédure. Leur avocat affirme toutefois que ses clients contestent toute implication dans d’éventuelles malversations.

Sources : Les Échos, Le Figaro/AFP