Boire chaque jour son café dans un gobelet jetable peut représenter l’ingestion de centaines de milliers de particules de plastique sur une année. La chaleur joue un rôle important dans leur libération, tout comme le matériau du contenant.
Le café à emporter est devenu un geste banal. Pourtant, le contact entre une boisson chaude et le plastique présent dans certains gobelets peut libérer une quantité importante de microplastiques.
Une personne consommant 300 ml de café chaque jour dans un gobelet entièrement fabriqué en polyéthylène pourrait ainsi ingérer jusqu’à 363 000 particules de microplastiques par an, selon des travaux menés par des chercheurs de la Griffith University, en Australie.
Un chiffre spectaculaire récemment remis en lumière par Que Choisir, qui a consacré une actualité au sujet le 14 septembre 2026. Attention toutefois : il ne s’agit pas d’une nouvelle étude publiée en septembre. Les travaux scientifiques sont parus dans le Journal of Hazardous Materials: Plastics, volume de février 2026, et avaient notamment été présentés dès janvier par l’un de leurs auteurs, Xiangyu Liu.
Jusqu’à plus de 8 millions de particules par litre
Pour comprendre ce qui favorise la libération de microplastiques, les chercheurs ont d’abord réalisé une méta-analyse portant sur 30 études scientifiques consacrées à différents contenants en plastique.
Les résultats montrent des écarts considérables. Selon le matériau et les conditions de mesure, les quantités observées allaient de quelques centaines à plus de 8 millions de particules par litre. La température ressort comme l’un des facteurs les plus importants.
Les chercheurs ont ensuite complété cette analyse en étudiant 400 gobelets à café récupérés autour de Brisbane. Deux types de contenants ont été comparés : des gobelets entièrement fabriqués en polyéthylène et des gobelets en papier dont la face intérieure est recouverte d’une fine couche de plastique.
Ils ont été testés avec de l’eau à 5 °C et à 60 °C, afin de reproduire des conditions proches d’une boisson froide et d’un café chaud.
La chaleur augmente le relargage des microplastiques
Le constat est assez net. Dans les gobelets entièrement en plastique, le passage d’un liquide froid à un liquide chaud a entraîné une augmentation d’environ 33 % du nombre de microplastiques libérés.
C’est à partir de ces mesures que les chercheurs estiment qu’une consommation quotidienne de 300 ml dans un gobelet en polyéthylène pourrait représenter 363 000 particules ingérées sur une année.
Le matériau du contenant fait également une différence. Les gobelets en papier recouverts d’une couche de plastique ont libéré moins de particules que les modèles entièrement en plastique, aussi bien à basse qu’à haute température. Ils ne sont toutefois pas exempts de microplastiques.
Les chercheurs avancent notamment une explication liée à l’état de surface. La paroi des gobelets entièrement en plastique apparaît plus irrégulière. Sous l’effet de la chaleur, le matériau se ramollit et se dilate, ce qui favoriserait le détachement de petites particules.
Autre enseignement intéressant : le temps passé par la boisson dans le gobelet semble moins déterminant que sa température initiale. Autrement dit, verser un liquide très chaud dans un contenant plastique pourrait avoir davantage d’effet que de le laisser simplement plusieurs dizaines de minutes dans le gobelet.
Le cas des gobelets français est un peu différent
Il faut néanmoins replacer le chiffre de 363 000 particules dans son contexte. Il correspond à un gobelet entièrement fabriqué en polyéthylène, et non à tous les gobelets utilisés pour servir un café à emporter.
En France, les gobelets et verres jetables dont la teneur en plastique dépasse 8 % sont interdits à la vente. Les contenants que l’on rencontre aujourd’hui sont donc généralement très différents du gobelet 100 % polyéthylène utilisé pour établir cette estimation maximale.
Les gobelets en carton ne sont cependant pas nécessairement dépourvus de plastique. Une fine couche peut notamment être utilisée à l’intérieur afin d’assurer leur étanchéité. Les expériences menées par les chercheurs montrent que ces modèles peuvent eux aussi libérer des particules, même s’ils en relâchent moins que les gobelets entièrement en plastique testés.
Quels risques pour la santé ?
La présence de microplastiques dans une boisson ne signifie pas pour autant qu’un effet sanitaire précis est démontré pour une consommation de café en gobelet.
Les connaissances progressent rapidement, mais les chercheurs soulignent qu’il reste encore de nombreuses incertitudes sur les quantités de microplastiques qui demeurent dans l’organisme et sur leurs conséquences à long terme pour la santé humaine.
Le chiffre de 363 000 particules doit donc être compris comme une estimation de l’exposition, et non comme la mesure d’un risque sanitaire équivalent.
Quel contenant choisir pour son café ?
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La solution la plus simple pour réduire cette source d’exposition reste le contenant réutilisable. Les chercheurs comme Que Choisir conseillent de privilégier un mug en acier inoxydable, en céramique ou en verre, des matériaux qui évitent le contact de la boisson avec une paroi plastique.
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À défaut, un gobelet en papier avec un revêtement plastique apparaît préférable à un modèle entièrement en plastique au regard des mesures réalisées. Il reste également judicieux d’éviter de verser un liquide bouillant directement dans un contenant comportant une couche de plastique.
Une habitude plutôt simple à adopter pour le café du matin : apporter son propre mug réutilisable.