Le gouvernement envisage de retirer les pompes à chaleur installées seules du dispositif MaPrimeRénov' en 2027. Les certificats d'économies d'énergie prendraient le relais, mais les conséquences financières restent à préciser.
Nouvelle évolution en vue pour MaPrimeRénov’. Après plusieurs restrictions entrées en vigueur en 2026, le gouvernement envisage un nouveau recentrage des aides à la rénovation énergétique.
Selon le projet annuel de performances de la mission « Cohésion des territoires », annexé au projet de loi de finances pour 2027, les pompes à chaleur installées seules pourraient ne plus bénéficier de MaPrimeRénov’. Leur financement reposerait désormais sur les certificats d’économies d’énergie (CEE).
Pour les particuliers souhaitant remplacer une ancienne chaudière par une pompe à chaleur, ce changement pourrait modifier le montant des aides et les démarches à accomplir.
Il ne s’agit toutefois pas encore d’une décision définitive. Les conditions précises et la date d’application de cette réforme restent à confirmer.
MaPrimeRénov’ 2027 : les pompes à chaleur pourraient sortir du parcours par geste
Le projet de budget 2027 prévoit une nouvelle évolution dans la répartition des aides à la rénovation énergétique.
D’après les orientations figurant dans les documents budgétaires, les travaux ponctuels de décarbonation, notamment l’installation de pompes à chaleur, seraient financés uniquement par les CEE.
Cette mesure concernerait principalement le parcours par geste de MaPrimeRénov’. Celui-ci permet actuellement de bénéficier d’une subvention pour installer certains équipements sans nécessairement entreprendre une rénovation complète du logement.
Le gouvernement souhaite concentrer davantage les moyens de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) sur les rénovations d’ampleur, associant plusieurs interventions pour améliorer significativement la performance énergétique d’un bâtiment.
Ce projet prolonge les restrictions déjà entrées en vigueur cette année. Depuis septembre 2026, plusieurs catégories de travaux ont perdu leur éligibilité au parcours par geste, notamment certains équipements de chauffage au bois, de ventilation et d’isolation.
Nous avions détaillé ces changements dans notre article consacré aux nouvelles règles de MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre 2026.
Les pompes à chaleur air/eau et géothermiques font aujourd’hui partie des principaux équipements encore financés par ce parcours. Elles pourraient donc être concernées par la prochaine étape.
Toutefois, la disparition éventuelle du forfait MaPrimeRénov’ ne signifierait pas la suppression de toutes les aides aux pompes à chaleur.
Quelles aides MaPrimeRénov’ peut-on encore toucher pour une pompe à chaleur en 2026 ?
En octobre 2026, l’installation d’une pompe à chaleur air/eau ou géothermique reste éligible au parcours par geste de MaPrimeRénov’, sous réserve des conditions réglementaires.
Le montant de l’aide dépend des ressources du ménage et de l’équipement choisi.
Les forfaits applicables aux demandes déposées depuis le 1er septembre 2026 sont les suivants :
| Revenus du ménage | PAC air/eau | PAC géothermique ou solarothermique |
|---|---|---|
| Très modestes | 5 000 € | 11 000 € |
| Modestes | 4 000 € | 9 000 € |
| Intermédiaires | 3 000 € | 6 000 € |
| Supérieurs | Non éligibles | Non éligibles |
Source : arrêté du 25 août 2026 relatif à MaPrimeRénov’. Les plafonds de dépenses éligibles sont fixés à 12 000 € TTC pour une PAC air/eau et à 18 000 € TTC pour une PAC géothermique ou solarothermique. Ces plafonds ne correspondent pas aux montants de subvention.
Pour une pompe à chaleur air/eau, le forfait atteint donc actuellement 3 000 à 5 000 € selon les revenus du foyer.
Les montants peuvent être plus élevés pour la géothermie, une solution qui nécessite notamment des travaux de captage dans le sol et représente généralement un investissement plus important.
Les pompes à chaleur air/air, utilisées notamment pour la climatisation réversible, ne bénéficient déjà pas de MaPrimeRénov’ dans le parcours par geste. Nous expliquons les différences entre les dispositifs dans notre article sur les aides à la climatisation réversible.
Pour les ménages qui envisagent de remplacer leur ancienne chaudière au fioul, la dépose de la cuve peut également ouvrir droit, sous conditions, à une aide pouvant atteindre 1 200 € pour les foyers très modestes.
Ces forfaits MaPrimeRénov’ peuvent actuellement se cumuler avec certaines primes CEE, dans les limites réglementaires. C’est précisément cette combinaison qui pourrait évoluer en 2027.
Les primes CEE prendraient le relais : comment fonctionnent-elles ?
Les certificats d’économies d’énergie constituent déjà un dispositif important pour financer les travaux de rénovation.
Contrairement à MaPrimeRénov’, financée par des moyens publics, les CEE reposent sur des obligations imposées aux fournisseurs d’énergie et à d’autres entreprises concernées par le dispositif.
Ces acteurs financent des opérations permettant de réduire la consommation énergétique, notamment le remplacement d’une ancienne chaudière par une pompe à chaleur.
Lorsqu’une pompe à chaleur éligible remplace une chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz, le dispositif Coup de pouce Chauffage permet, sous conditions, de multiplier par cinq le volume de certificats d’économies d’énergie attribués.
Depuis le 1er septembre 2026, cette bonification est réservée aux pompes à chaleur disposant d’un agrément de l’État, qui tient compte notamment de leur certification et de critères liés à leur assemblage dans l’Espace économique européen.
Nous avons détaillé cette évolution dans notre article sur l’agrément des pompes à chaleur et les primes CEE depuis septembre 2026.
À noter : ce coefficient multiplicateur s’applique au volume de CEE, et non directement au montant de la prime versée au particulier.
La somme réellement obtenue dépend notamment de l’installation, du logement, des conditions d’éligibilité et de l’organisme qui propose la prime.
Si MaPrimeRénov’ cessait de financer les pompes à chaleur installées seules en 2027, les CEE deviendraient donc déterminants pour réduire le reste à charge.
Rien ne garantit cependant que les primes CEE compenseront intégralement la disparition éventuelle des forfaits MaPrimeRénov’. Certains ménages pourraient conserver un soutien financier important, tandis que d’autres pourraient voir évoluer le coût de leur installation.
Attention : l’ordre des démarches peut vous faire perdre la prime CEE
Pour bénéficier du dispositif Coup de pouce Chauffage, il faut accepter l’offre de l’organisme proposant la prime CEE avant de signer le devis de l’installateur.
Une signature trop précoce peut entraîner le refus de l’aide, même si l’équipement installé remplit les critères techniques.
Il est donc indispensable de comparer les offres, de vérifier les conditions de financement et de s’assurer que le modèle proposé dispose bien de l’agrément requis à la date d’engagement de l’opération.
Une nouvelle offre de pompe à chaleur financée par les CEE existe déjà
Le gouvernement a parallèlement présenté, le 30 septembre 2026, un nouveau dispositif destiné à faciliter l’installation de pompes à chaleur dans les maisons individuelles.
Cette offre intégrée, parfois présentée comme un « leasing social » de pompe à chaleur, regroupe plusieurs prestations : équipement, installation, entretien et financement du reste à charge. Une offre d’électricité à prix fixe pendant trois ans peut également être proposée, sans être obligatoire.
Six premières offres ont été retenues, avec un objectif annoncé de 55 000 pompes à chaleur air/eau installées. Les précommandes ont ouvert le 1er octobre 2026.
Le dispositif s’adresse aux propriétaires de maisons individuelles appartenant aux catégories de revenus modestes et très modestes au sens de l’Anah.
Son financement repose notamment sur une aide spéciale issue des CEE, dont le montant moyen annoncé atteint 9 800 € par ménage.
Selon le ministère de l’Économie, cette aide spéciale n’est pas cumulable avec MaPrimeRénov’. Elle concerne toutefois les offres intégrées retenues par le gouvernement et ne doit pas être confondue avec l’ensemble des primes CEE accessibles aux particuliers.
Le nouveau dispositif ne constitue donc pas un remplacement général de MaPrimeRénov’ pour tous les propriétaires.
Nous avions présenté son fonctionnement dans notre article consacré à l’offre de pompe à chaleur clé en main lancée en octobre 2026.
Pourquoi le gouvernement envisage-t-il de modifier MaPrimeRénov’ ?
Le recentrage annoncé dans le projet de budget 2027 s’inscrit dans une évolution plus large du financement de la rénovation énergétique.
L’objectif affiché est de distinguer davantage les travaux ponctuels de décarbonation, qui seraient soutenus par les CEE, et les rénovations d’ampleur, qui resteraient principalement financées par l’Anah.
Cette réorganisation s’accompagnerait d’une diminution de certains crédits de l’État alloués à l’agence.
Selon les données du projet de budget rapportées par MoneyVox, les crédits de paiement provenant du programme 135 passeraient de 1,450 milliard d’euros en 2026 à 1,233 milliard en 2027.
Cela représente une baisse de 217 millions d’euros, soit près de 15 %.
Ce chiffre concerne les crédits de paiement de l’État sur ce programme budgétaire, et non l’ensemble des ressources de l’Anah ni la totalité des aides à la rénovation énergétique.
Le transfert envisagé vers les CEE modifierait donc la répartition des financements. Ses conséquences réelles pour les particuliers dépendront des règles finalement retenues et des primes accessibles en 2027.
Faut-il déposer son dossier MaPrimeRénov’ avant le 31 décembre 2026 ?
C’est une question importante pour les propriétaires qui envisagent de remplacer prochainement leur chaudière.
En octobre 2026, aucun texte réglementaire ne fixe une nouvelle date limite générale au 31 décembre pour bénéficier des forfaits MaPrimeRénov’ actuellement accordés aux pompes à chaleur.
Le projet de budget 2027 doit encore être examiné et peut évoluer au cours des débats parlementaires. De plus, le transfert envisagé vers les CEE nécessiterait des dispositions réglementaires précisant ses modalités et son calendrier.
Il existe toutefois un précédent récent : les restrictions entrées en vigueur le 1er septembre 2026 se sont appliquées aux dossiers MaPrimeRénov’ déposés à compter de cette date.
Cela ne signifie pas que le gouvernement retiendra nécessairement la même règle pour 2027.
Pour les ménages dont le projet est suffisamment avancé, il peut être utile de vérifier leur éligibilité et de préparer leur dossier dès maintenant.
La demande MaPrimeRénov’ doit, sauf exceptions prévues par le dispositif, être déposée avant le démarrage des travaux. Il reste vivement recommandé d’attendre la notification d’attribution de l’Anah avant de commencer le chantier : un dossier déposé ne garantit pas l’obtention de la prime.
Les propriétaires dont le logement nécessite plusieurs interventions peuvent également étudier le parcours MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur. Celui-ci permet, sous conditions, de financer des projets associant notamment plusieurs travaux d’isolation et le remplacement d’un système de chauffage.
Ce parcours resterait au cœur du financement assuré par l’Anah dans la réforme envisagée pour 2027.
Enfin, avant de signer un devis, il est conseillé de comparer le coût total de l’installation, les performances des équipements et les montants exacts des aides proposées.
Ce qu’il faut retenir pour 2027
En octobre 2026, les pompes à chaleur air/eau et géothermiques restent éligibles au parcours par geste de MaPrimeRénov’, sous réserve des conditions applicables.
Le gouvernement envisage toutefois de transférer le financement des installations seules vers les certificats d’économies d’énergie en 2027.
Cette évolution pourrait entraîner la suppression des forfaits MaPrimeRénov’ pour ces équipements, sans pour autant supprimer toutes les possibilités de financement.
La principale inconnue reste le montant des aides CEE que les ménages pourront effectivement percevoir.
Dans l’attente des futurs textes réglementaires, les propriétaires doivent donc distinguer les aides actuellement en vigueur des changements encore envisagés. Une attention particulière doit être portée à l’ordre des démarches, notamment à l’acceptation d’une offre CEE avant la signature du devis.
Sources : MoneyVox, Légifrance, ministère de l’Économie et ministère de la Transition écologique.
