Ranger les chaussures et les vêtements, remplir le lave-vaisselle, nettoyer une table ou encore s’occuper de la litière du chat : Flourish Robots sort de l’ombre avec un robot domestique assemblé en France et pensé pour effectuer de véritables tâches dans la maison. Les 50 premiers exemplaires sont proposés en précommande à 3555 dollars.
Après les aspirateurs robots, les tondeuses et les laveurs de sols, le prochain robot de la maison pourrait-il tout simplement se déplacer dans le logement pour effectuer les corvées à notre place ? C’était la promesse faite par de nombreux constructeurs chinois présents à l’IFA de Berlin début septembre.
C’est aussi celle de Flourish Robots. L’entreprise états-unienne spécialisée dans la robotique grand public sort de l’ombre pour dévoiler Flourish 1, un robot conçu spécifiquement pour la maison. Et elle vient de créer sa filiale française. C’est elle qui gère la technologie, la R&D et l’industrialisation.
Contrairement à certains humanoïdes déjà commercialisés, l’objectif affiché ici n’est pas simplement de marcher, de réaliser des démonstrations impressionnantes ou de servir de plateforme d’expérimentation.
Nous sommes ici effectivement très loin de ce que nous avons pu voir dans les travées du plus grand salon européen de l’électronique grand public, où les démos de robots humanoïdes pouvaient être vraiment impressionnantes. Flourish 1 a comme qui dirait un peut air ultra old school, tout droit sorti d’un film des années 80…
Derrière les robots humanoïdes, des humains travaillent dans l’ombre
Ranger les chaussures, remplir le lave-vaisselle ou nettoyer une table
Flourish n’est pas là pour épater la galerie. Il veut s’attaquer aux petites corvées répétitives qui s’accumulent quotidiennement dans un logement et non faire des prises de karaté ou de kung fu. « Un robot qui fait du kung-fu sur un salon, c’est impressionnant, mais ça ne change rien pour les gens qui passent leurs soirées à faire le ménage« , déclare Antoine Marcel le CEO et fondateur de Flourish Robots.
« Nous, on ne construit pas un robot pour faire le show, on construit un robot pour faire les corvées. Il n’a pas de jambes parce que presque toutes les tâches ménagères se font au sol ou à hauteur de table. Des roues, c’est moins spectaculaire, mais c’est plus stable, plus sûr avec des enfants et des animaux« , précise-t-il à Labo Maison.
Sur le papier, la liste des tâches que Flourish 1 doit être capable d’accomplir est intéressante. Le robot peut notamment ramasser des chaussures, des vêtements ou des jouets, puis les ranger. Il peut également charger le lave-vaisselle, essuyer une table, arroser les plantes, aller chercher certains objets ou encore vider une litière pour chat.
L’idée de Flourish Robots est ainsi de réduire non seulement le temps consacré aux corvées, mais également la « charge mentale » qui les accompagne. « Le but n’est pas d’avoir un robot qui ramasse vos chaussures. C’est ce que vous pouvez faire parce que vous n’avez pas eu à le faire« , explique Antoine Marcel.
La société entend donc présenter son robot comme une machine destinée à libérer du temps plutôt que comme une simple démonstration technologique. Et lorsque l’on regarde les vidéos, il faut bien reconnaître que nous ne sommes pas dans une démonstration incroyable. On voit effectivement un robot avec des pinces à la place des mains qui saisit une bouteille, passe un coup de chiffon, se déplace. Tout se fait un un rythme vraiment lent. Il ne faut pas s’attendre à un effet woaouh.
On pense forcément à l’aspirateur robot avec son bras articulé qui ramasse les chaussettes qui traînent au sol. Mais pour Antoine Marcel, cette comparaison ne tient pas. « Passer l’aspirateur, c’est déjà automatisé depuis vingt ans. Ce qui ne l’est pas, c’est tout le reste : ramasser les vêtements, ranger les chaussures et les jouets, remplir le lave-vaisselle, essuyer la table, arroser les plantes, vider la litière du chat. Ce sont ces petites tâches qui mangent les soirées et qu’on a en permanence dans la tête. C’est exactement là qu’on intervient« .
Il suffirait de 30 minutes pour lui apprendre une nouvelle corvée
Et en même temps, c’est ce qui le différencie aussi de démonstrations qui ont souvent un secret caché : un téléopérateur avec une télécommande. Ici, on apprend au robot ce qu’il doit faire dans une maison qu’il ne connaît pas. C’est probablement l’une des promesses les plus intéressantes de Flourish 1 : aucune connaissance en programmation ne serait nécessaire pour lui apprendre une tâche. Flourish 1 cible effectivement les familles, et en particulier les parents qui ne sont pas du tout technophiles.
Tout passe donc par une application mobile et le processus se déroule en plusieurs étapes. L’utilisateur commence par construire la tâche dans l’application. Pour ranger une chaussure, par exemple, il peut lui indiquer qu’il faut se rendre dans l’entrée, récupérer la chaussure, la placer dans un meuble puis revenir.
Cette première programmation est présentée sous la forme d’un système de glisser-déposer et demanderait environ cinq minutes, promet le constructeur. Vient ensuite la véritable phase d’apprentissage.
Le smartphone sert à lui montrer comment travailler
Pendant environ 30 minutes, le propriétaire pilote Flourish 1 depuis son téléphone et lui fait répéter la tâche plusieurs fois. La démonstration doit être réalisée depuis différentes positions dans la pièce afin que le robot apprenne le comportement attendu. Et c’est tout, assure Flourish.
Après cette phase, le traitement prendrait environ une heure. Une notification indique ensuite à l’utilisateur que la tâche est prête. Il devient alors possible de demander au robot de l’effectuer vocalement ou de la programmer à une heure précise. Une corvée récurrente pourrait ainsi être enseignée une fois puis exécutée automatiquement par la suite. Le constructeur annonce une autonomie de 12 h en travail continu, et 48 heures en veille. « Concrètement, il couvre largement une journée complète de tâches« .
Un robot domestique à 3555 dollars
L’autre surprise vient de son positionnement tarifaire. Les précommandes de Flourish 1 doivent ouvrir le mardi 29 septembre au prix de 3555 dollars. Si le tarif proposé est très bas par rapport à la concurrence, c’est aussi en raison des choix technologiques faits.
Il faudra néanmoins être rapide pour faire partie des premiers propriétaires. Cette première vague est limitée à 50 exemplaires. Les premières livraisons sont annoncées pour décembre 2026. Et bonne nouvelle, les robots seront assemblés en France.
La somme reste évidemment considérable pour un équipement domestique. Mais elle place également Flourish 1 dans une situation intéressante face aux humanoïdes qui commencent progressivement à arriver sur des plateformes de vente grand public. Car la concurrence chinoise est déjà bien présente.
Unitree vend déjà ses humanoïdes en France
Les robots humanoïdes sont effectivement déjà là. Les modèles de Unitree ont fait leur apparition sur Amazon aux États-Unis et AliExpress, tandis que trois machines sont désormais proposées sur la boutique française de Joybuy. Les R1 Air et R1 y sont affichés sous la barre des 6000 euros, tandis que le G1 approche les 18 000 euros.
À première vue, le tarif de 3555 dollars du Flourish 1 apparaît donc particulièrement agressif pour un robot destiné au grand public. Mais cette comparaison a rapidement ses limites : ces machines ne poursuivent pas le même objectif.
Vente de robots humanoïdes en France : trois modèles Unitree sont en promo
Les Unitree savent bouger, mais pas ranger la maison
Les modèles Unitree commercialisés actuellement ne sont pas conçus pour devenir des assistants domestiques.
Les R1 Air et R1 sont essentiellement des robots de locomotion. Ils peuvent marcher, sauter, effectuer des saltos et reproduire différents mouvements programmés par leur constructeur. Le Unitree R1 mesure environ 1,23 m et pèse 29 kg. Ses 26 articulations lui permettent de réaliser de nombreux mouvements et sa perception s’appuie sur une caméra binoculaire. Son autonomie annoncée atteint environ une heure.
Unitree R1 Airà partir de 4 899,00 € chez joybuy.fr
Mais il existe une différence fondamentale avec la promesse de Flourish : ses poings fixes ne lui permettent pas de saisir et de transporter des objets. Impossible, par conséquent, de lui demander de récupérer les chaussures qui traînent dans l’entrée ou de vider le lave-vaisselle.
Le G1 peut aller plus loin grâce à des mains articulées proposées en option, mais les modèles classiques commercialisés auprès du grand public restent principalement destinés aux passionnés de robotique, aux démonstrations, aux entreprises ou aux établissements éducatifs.
Flourish veut prendre le problème dans l’autre sens
C’est précisément ce qui rend le positionnement de Flourish 1 intéressant. Plutôt que de développer un humanoïde spectaculaire auquel il faudrait ensuite trouver des applications, Flourish Robots part des corvées domestiques et construit son robot autour de celles-ci.
L’entreprise veut surtout rendre son apprentissage suffisamment accessible pour qu’un particulier puisse lui enseigner une tâche propre à son logement sans écrire une seule ligne de code.
Ce pari devra évidemment être confronté à la réalité d’une maison : objets déplacés, environnements différents, obstacles ou encore diversité des tâches à accomplir. C’est tout l’enjeu des robots domestiques.
Robots humanoïdes : le grand défi du passage de l’usine à la maison
