Le compte à rebours est lancé pour le gaz de ville. Avec la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) de février 2026, l'État accélère la sortie des énergies fossiles. Entre fin des aides, hausse des coûts d'entretien du réseau et montée en puissance de la pompe à chaleur, voici ce qui change concrètement pour votre chauffage et votre budget d'ici 2030.

Pompe à chaleur air-eau installée à l’extérieur d’une maison individuelle avant mise en service pour remplacer une chaudière gaz
Une pompe à chaleur air-eau installée en extérieur, appelée à remplacer progressivement les chaudières gaz dans le cadre de la PPE 2026.

C’est une page qui se tourne dans l’histoire du confort domestique en France. Longtemps plébiscité pour sa fiabilité et son coût maîtrisé, le gaz naturel est désormais dans le viseur des autorités de la transition écologique. La nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), publiée en février 2026, fixe un cap clair : sortir le chauffage fossile de nos logements d’ici 2030.

Voici ce que vous devez savoir sur ce virage énergétique et comment il va impacter votre portefeuille et votre installation.

2030 : L’objectif de réduction de 20 %

Le gouvernement ne cache plus ses ambitions. L’objectif est de réduire le parc de chaudières gaz dans le résidentiel de 20 % d’ici 2030. Pour y parvenir, l’État mise sur un rythme soutenu de 350 000 remplacements par an.

Pourquoi ce désamour pour le gaz ?

  • Indépendance énergétique : Réduire les importations de gaz fossile.
  • Empreinte carbone : Même une chaudière à condensation de dernière génération émet du $CO_2$.
  • Soutenabilité du réseau : Moins il y a d’abonnés, plus les coûts de maintenance du réseau de distribution augmentent pour ceux qui restent (le fameux « effet ciseau »).

La Pompe à Chaleur (PAC) : la remplaçante désignée

Pour remplacer le gaz, l’exécutif a choisi son champion : la pompe à chaleur. Le plan « Action Chaleur » prévoit d’installer un million de PAC par an dès 2027.Les avantages de la PACLe principal atout de la PAC réside dans son Coefficient de Performance (COP). En moyenne, pour 1 kWh d’électricité consommé, une PAC restitue entre 3 et 4 kWh de chaleur. C’est une efficacité qu’aucune chaudière à combustion ne peut atteindre.

Le conseil Labomaison : Attention, installer une PAC dans une maison mal isolée (passoire thermique) est une erreur coûteuse. La priorité doit toujours rester l’isolation des murs et des combles avant de redimensionner votre système de chauffage.

Quel budget pour cette transition ?

C’est ici que le bât blesse pour de nombreux ménages. Le passage du gaz à la pompe à chaleur air-eau représente un saut financier important :

Critère Chaudière Gaz (Condensation) Pompe à Chaleur (Air-Eau)
Coût d’achat moyen 3 000 € — 5 000 € 10 000 € — 15 000 €
Aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE) Aucune (supprimées depuis 2025) Éligible (selon revenus et audit)
Taux de TVA 20 % (Taux plein) 5,5 % (Taux réduit)
Efficacité énergétique (COP) ~ 0,9 à 1,1 3 à 4 (1 kWh consommé = 4 kWh produits)
Impact écologique Émissions de CO2 (Énergie fossile) Faible (Énergie renouvelable / Électricité)
Évolution des tarifs Hausse prévisible (taxes et réseau) Stable (selon bouclier électricité)

Les aides financières en 2026

Pour compenser cet écart, l’État maintient des dispositifs, mais les conditions se durcissent :

  • MaPrimeRénov’ : Désormais conditionnée à des audits énergétiques plus stricts.
  • CEE (Certificats d’Économie d’Énergie) : Les primes « Coup de pouce » sont maintenues pour le remplacement d’une chaudière fossile.
  • Fin des aides gaz : Depuis 2025, il n’existe plus aucune aide publique (ni TVA réduite à 5,5 %) pour l’achat d’une chaudière gaz.

Et si je ne peux pas installer de PAC ?

En habitat collectif ou en zone urbaine dense, l’installation d’une unité extérieure de PAC est parfois impossible (nuisances sonores, esthétique, manque de place). La PPE 2026 prévoit une alternative : les réseaux de chaleur urbains.

L’objectif est de doubler leur déploiement. Si votre immeuble est proche d’un réseau de chaleur (souvent alimenté par la biomasse ou la géothermie), le raccordement pourrait devenir obligatoire lors du remplacement de la chaufferie collective.

Conclusion : faut-il changer maintenant ?

Si votre chaudière gaz fonctionne encore parfaitement, rien ne vous oblige à la changer demain matin. Cependant, si elle montre des signes de fatigue, investir dans un nouvel équipement gaz aujourd’hui est risqué : entre la hausse prévisible du prix du gaz et la fin des subventions, le retour sur investissement est de moins en moins garanti.