La cyberattaque qui a touché des centaines de réfrigérateurs de supermarchés en France, autour du 12 octobre 2026, n'aurait pas nécessité l'exploitation de vulnérabilités complexes, selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

Illustration rayon frais supermarché (générée par ChatGPT)
Illustration rayon frais supermarché (générée par ChatGPT)

La cyberattaque qui a frappé les installations frigorifiques de plusieurs supermarchés français le 12 octobre dernier aurait pu être évitée avec des mesures de sécurité élémentaires. C’est le constat dressé mercredi 21 octobre par Vincent Strubel, directeur général de l’Anssi, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat.

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Des centaines de réfrigérateurs de supermarchés ont été ciblés par une attaque informatique qui a permis aux pirates de prendre le contrôle à distance des installations pour en augmenter la température. Ils ont ainsi contraint les distributeurs à jeter d’importantes quantités de denrées alimentaires.

Des équipements directement exposés sur Internet

Contrairement à certaines hypothèses évoquant l’exploitation de vulnérabilités informatiques révélées au cours des deux dernières années, l’analyse de l’Anssi pointe des défaillances beaucoup plus simples.

« Ce sont des défauts de sécurisation élémentaire », a expliqué le DG de l’Anssi, citant notamment l’exposition directe sur Internet des équipements frigorifiques et de leurs interfaces d’administration, ainsi que l’utilisation de mots de passe faibles. Autrement dit, les attaquants auraient profité de systèmes insuffisamment protégés plutôt que de failles techniques sophistiquées.

Le directeur général de l’agence a rappelé que l’Anssi publie depuis 2014 un guide consacré à la sécurité des systèmes industriels, dont l’une des premières recommandations consiste précisément à ne pas les exposer directement sur Internet. « À l’évidence, nos recommandations ne sont pas systématiquement respectées », a-t-il regretté.

L’Anssi ne peut pas imposer ses recommandations aux supermarchés

Cette attaque souligne également les limites des moyens d’action de l’agence. Elle ne dispose pas actuellement de pouvoirs lui permettant de contraindre les supermarchés à sécuriser leurs équipements frigorifiques conformément à ses recommandations.

La responsabilité de leur mise en œuvre revient donc aux acteurs concernés.

Le secteur de la santé également concerné

Au-delà de la grande distribution, l’Anssi s’inquiète de la présence d’installations comparables dans d’autres secteurs sensibles.

Vincent Strubel a notamment cité les laboratoires de recherche et les pharmacies, où des équipements frigorifiques peuvent servir à conserver des vaccins ou d’autres produits indispensables à la santé.

L’agence indique avoir rapidement travaillé avec les acteurs du secteur sanitaire pour vérifier la protection de ces installations.

Source : Le Parisien/AFP