Plus de crédit d’impôt, mais une prime Advenir relevée à 1 000 € : en 2026, équiper sa place de parking demande plusieurs mois de procédure et une bonne lecture des aides.

Voiture électrique branchée à une borne dans un parking souterrain
Installer une borne en copropriété est encadré par le droit à la prise. © Labo Maison

Recharger sa voiture électrique chez soi reste de loin la solution la moins chère. Mais en appartement, disposer d’une place de parking ne suffit pas : il faut faire passer un câble dans les parties communes. La loi vous donne pour cela un droit précis, avec un calendrier que le syndic ne peut pas étirer à sa guise. Ce guide reprend les étapes dans l’ordre, du devis à la mise en service. Il fait aussi le point sur le coût réel et sur les aides, qui ont beaucoup changé cette année.

Le droit à la prise : ce que la loi vous garantit

Le « droit à la prise », inscrit à l’article L113-16 du code de la construction et de l’habitation, permet d’équiper à ses frais une place de stationnement à usage privatif et d’accès sécurisé d’une prise renforcée ou d’une borne de recharge. Il bénéficie au copropriétaire occupant comme au locataire. Il peut s’appliquer à une place couverte comme extérieure, dès lors que ces conditions sont réunies. L’installation doit permettre un comptage individuel de l’électricité consommée.

Introduit après la loi Grenelle II de 2010, ce droit a été nettement renforcé par la loi d’orientation des mobilités et un décret de 2020. Depuis, la copropriété ne peut plus bloquer un projet individuel par un simple refus ou par un vote défavorable en assemblée générale. Pour s’y opposer, elle doit saisir la justice.

Les étapes, de la visite technique à la mise en service

  1. Faire établir un devis. Un installateur qualifié IRVE visite le parking et chiffre le trajet du câble jusqu’au point de comptage. C’est cette distance, plus que la borne elle-même, qui fait le prix. La qualification IRVE est obligatoire pour toute borne de plus de 3,7 kW. Si vous visez la prime Advenir, choisissez un installateur référencé par le programme.
  2. Notifier le projet au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Joignez la description des travaux, un plan et un schéma de l’installation : l’installateur les prépare généralement avec son devis. Un locataire écrit à son propriétaire, avec copie au syndic. Le propriétaire dispose alors d’un mois pour transmettre la demande.
  3. Respecter le délai de trois mois. Le syndic dispose de trois mois à compter de la notification pour saisir le président du tribunal judiciaire s’il entend s’opposer au projet pour un motif sérieux et légitime. Un vote défavorable en assemblée générale ne suffit pas.
  4. Signer la convention avec le syndic. Avant les travaux, une convention conclue entre le syndic et votre installateur fixe les conditions d’accès et d’intervention dans les parties communes. Elle doit être signée dans les deux mois qui suivent la notification des coordonnées de l’installateur. Si le syndic ne la signe pas, le juge peut en fixer lui-même les conditions.
  5. Faire installer la borne et son comptage. La consommation est relevée par un sous-compteur ou par un point de livraison dédié : vous payez votre électricité, pas celle de vos voisins.

Selon l’Avere-France, comptez au total entre deux mois et demi et cinq mois et demi pour un copropriétaire, et un mois de plus pour un locataire.

Dans quels cas la copropriété peut-elle s’opposer ?

La copropriété ne peut pas refuser librement une installation individuelle. Elle doit invoquer un motif sérieux et légitime. La loi en cite deux exemples : la place est déjà équipée d’une installation adaptée, ou la copropriété a décidé de réaliser une infrastructure collective dans un délai raisonnable. Dans tous les cas, l’opposition passe par une saisine du président du tribunal judiciaire dans les trois mois suivant la notification de votre projet. Passé ce délai, le syndic ne peut plus s’y opposer.

Prise renforcée ou borne murale (wallbox) ?

Le droit à la prise couvre les deux équipements.

  • La prise renforcée est la solution la moins chère. Selon Effy, elle coûte entre 150 et 300 € hors pose. Elle recharge en revanche lentement, sur une nuit complète pour la plupart des batteries.
  • La borne murale, ou wallbox, recharge plus vite. Elle peut aussi être pilotée, par exemple pour démarrer pendant les heures creuses. En immeuble, une borne de 7,4 kW suffit à la plupart des usages quotidiens, sous réserve que la puissance disponible dans le parking le permette : l’installateur le vérifie lors de sa visite.

Nos tests de wallbox sont rassemblés dans notre rubrique bornes de recharge.

Combien coûte une borne de recharge en copropriété ?

Le prix dépend avant tout de la longueur de câble à tirer entre votre place et le point de comptage, puis des protections électriques à ajouter. À titre indicatif, le comparateur QuelleÉnergie estime qu’une installation individuelle complète en copropriété revient souvent entre 2 000 et 4 000 €. Seul un devis établi sur place donne un montant fiable : demandez-en plusieurs, et vérifiez que chacun distingue le prix de la borne, la pose, le câblage et le comptage.

À ce montant s’ajoute votre consommation, payée via votre sous-compteur ou votre propre contrat. Une borne individuelle n’impose aucun abonnement à un opérateur, contrairement à certaines solutions collectives (voir plus bas).

Borne individuelle, partagée ou infrastructure collective

Le droit à la prise couvre l’installation individuelle. Deux autres voies existent, qui passent, elles, par un vote en assemblée générale :

  • l’infrastructure collective : la copropriété équipe le parking d’une colonne électrique sur laquelle chaque résident branche ensuite sa borne. Trois modèles coexistent :
    • la copropriété finance elle-même les travaux ;
    • Enedis les préfinance, et chaque résident qui se raccorde paie ensuite une quote-part ;
    • un opérateur privé installe et gère l’équipement, contre un abonnement ou un droit de connexion payé par les utilisateurs.
    Lorsqu’il ne coûte rien à la copropriété, le projet se vote à la majorité simple ;
  • la borne partagée : quelques points de recharge communs, utilisés à tour de rôle par les résidents.

Si plusieurs voisins envisagent un véhicule électrique, l’infrastructure collective revient souvent moins cher par place que des installations individuelles successives. Nous avons détaillé les aides 2026 pour les projets collectifs et le cas des parkings extérieurs.

Les aides en 2026

AideMontantConditions
Prime Advenir, point de recharge individuel50 % du coût HT, plafonnée à 1 000 € HTImmeuble collectif, place dédiée, installateur référencé ; nouveau plafond pour les dossiers signés à partir du 1er avril 2026 (600 € HT avant)
Prime Advenir, point de recharge partagé50 %, plafonnée à 1 660 € HT par pointSurprimes possibles pour les équipements électriques et le câblage (jusqu’à 8 000 € HT) et la création d’un point de livraison (jusqu’à 3 000 € HT)
Prime Advenir, infrastructure collective50 %, plafonnée à 12 500 € HT jusqu’à 100 places, puis 125 € par place supplémentaireVote en AG à partir du 1er avril 2026 ; aide complémentaire jusqu’à 8 000 € HT pour les travaux extérieurs
TVA réduite5,5 % au lieu de 20 %Logement à usage d’habitation, fourniture et pose facturées ensemble par le professionnel
Crédit d’impôtSuppriméSeules les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2025 y ouvraient droit

Les dossiers ouverts avant le 1er avril 2026 mais pas encore signés sont automatiquement passés au nouveau barème. Les montants Advenir sont majorés en Corse, en Outre-mer et sur les îles du Ponant. Pour une dépense payée en 2025, les cases de la déclaration sont expliquées dans notre article sur le crédit d’impôt.

Attention à ne pas perdre votre prime. La demande Advenir doit être déposée et l’offre de prime signée sur mon.advenir.mobi avant le début des travaux. Une installation commencée avant cette signature n’est pas éligible. C’est généralement l’installateur qui monte le dossier : vérifiez ce point avec lui avant de lancer le chantier.

À titre d’exemple, pour un devis de 2 000 € HT dont la totalité est éligible, la prime Advenir atteint son plafond de 1 000 €. Avec la TVA à 5,5 % appliquée au montant total, soit 2 110 € TTC, il reste 1 110 € à payer. En dessous de 2 000 € HT, la prime couvre la moitié du montant hors taxes. Au-dessus, elle reste bloquée à 1 000 €.

Questions fréquentes

Faut-il l’accord de l’assemblée générale ?
Non, pas pour une installation individuelle relevant du droit à la prise. Le syndic peut informer l’assemblée, mais un vote défavorable ne bloque rien. Seule une saisine du tribunal dans les trois mois le peut.

Peut-on installer une borne quand on est locataire ?
Oui. Le locataire notifie son projet au propriétaire, avec copie au syndic, puis suit la même procédure. Comptez un mois de plus que pour un copropriétaire, le temps que le propriétaire transmette la demande. Le locataire peut aussi bénéficier de la prime Advenir.

Qui paie l’électricité de ma borne ?
Vous, via un sous-compteur ou votre propre point de livraison. Avec un point de livraison dédié, vous choisissez votre fournisseur comme pour votre logement. Les frais d’installation restent à votre charge, déduction faite des aides.

Quelle puissance choisir ?
Une borne de 7,4 kW suffit à la plupart des trajets quotidiens. Au-delà, l’intérêt dépend de votre véhicule et de la puissance disponible dans le parking.

Sources : Advenir et Légifrance.