Que contient réellement votre petit-déjeuner ? Le saviez-vous ? Une nouvelle réglementation est entrée en vigueur depuis le 14 juin 2026 pour rendre plus clairs la composition et l’étiquetage de plusieurs produits du petit-déjeuner. Miel, confitures, jus de fruits et lait déshydraté sont concernés, avec davantage d’informations destinées aux consommateurs.

Les règles encadrant plusieurs produits incontournables du petit-déjeuner évoluent en France en 2026. Cette réforme transpose la directive européenne 2024/1438, dite « petit-déjeuner ». Elle concerne notamment les confitures, gelées ou marmelades de fruits, les crèmes de marrons, le miel, les jus de fruits ainsi que certains laits de conserve déshydratés.
Au-delà des changements visibles sur les emballages, cette réforme modifie plusieurs habitudes de lecture pour les consommateurs. Les informations affichées doivent effectivement désormais permettre de distinguer plus facilement les produits selon leur composition, leur procédé de fabrication ou leur origine. Cela concerne essentiellement le miel, les confitures, jus de fruits et le lait déshydraté.
Pour les fabricants et distributeurs, l’enjeu est aussi d’adapter les emballages et les références commercialisées aux nouvelles exigences. Néanmoins, une période transitoire permet encore l’écoulement de certains produits étiquetés selon les anciennes règles.
Un changement visant à mieux informer les consommateurs
Le décret n° 2026-312 du 24 avril 2026 précise ainsi les nouvelles obligations applicables aux professionnels. Toutefois, les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026 peuvent continuer à être vendus jusqu’à épuisement des stocks s’ils respectaient l’ancienne réglementation.
Plus de fruits dans les confitures
Avec ces nouvelles règles, la composition des confitures notamment évolue. La quantité minimale de fruits nécessaire à leur fabrication a augmenté.
Pour une confiture classique, cette quantité passe généralement de 350 à 450 grammes de fruits par kilogramme de produit fini. Pour une confiture extra, elle passe de 450 à 500 grammes.
Des seuils spécifiques existent toutefois pour certains fruits, notamment les groseilles, le cassis, le gingembre, les anacardes ou les fruits de la passion.
La teneur minimale en matière sèche soluble reste fixée à 55 % en France, contrairement au seuil général européen de 60 %. Ce seuil vise à favoriser la commercialisation de produits répondant à certaines exigences nutritionnelles.
Par ailleurs, la mention spécifique indiquant la teneur totale en sucres n’est plus obligatoire pour les confitures. C’est la déclaration nutritionnelle qui fournit désormais cette information.
Jus de fruits : affichage plus visible de la teneur en sucres
La réglementation apporte aussi de nombreux changements pour les jus de fruits. Une nouvelle mention volontaire peut désormais apparaître sur l’étiquette : « Les jus de fruits ne contiennent que des sucres naturellement présents ».
Cette formulation vise à éviter les ambiguïtés et à mieux distinguer les jus de fruits des autres boissons. La réforme introduit d’ailleurs 3 nouvelles catégories :
- Les jus de fruits à teneur réduite en sucres ;
- Les jus de fruits à base de concentré à teneur réduite en sucres ;
- Les jus de fruits concentrés à teneur réduite en sucres.
Pour entrer dans ces catégories, la quantité de sucres naturellement présents doit avoir été réduite d’au moins 30 %. Seuls certains procédés sont autorisés, en l’occurrence la filtration sur membrane et la fermentation à la levure, sous conditions.
Information plus précise sur l’origine des miels mélangés
Le changement est concret pour les miels issus de plusieurs origines. L’étiquette doit désormais indiquer les différents pays dans lesquels le miel a été récolté. Ces informations seront placées dans le champ visuel principal en les classant selon leur proportion pondérale décroissante.
Le pourcentage correspondant à chaque pays doit également être précisé. Un mélange composé de 45 % de miel français, 35 % de miel hongrois et 20 % de miel roumain devra notamment afficher ces trois origines et leurs proportions. Seule une marge d’erreur de 5 % de la part correspondant à chaque origine est admise pour les contrôles.
Pour les emballages contenant moins de 30 g de miel, les noms des pays peuvent être remplacés par leurs codes à deux lettres. En outre, la catégorie « miel filtré » disparaît.
Des laits déshydratés délactosés : c’est désormais autorisé
Les laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés bénéficient aussi d’une importante évolution. Leur teneur en lactose peut dorénavant être réduite grâce à sa conversion en glucose et en galactose.
Ce traitement est autorisé pour ces produits, à condition que la modification de leur composition soit clairement signalée sur l’emballage. La mention doit être indélébile, visible et facilement lisible par le consommateur.
Cette obligation d’information s’ajoute à l’étiquetage nutritionnel déjà prévu par la réglementation européenne. Le décret actualise également la liste des substances pouvant être ajoutées à ces laits. En effet, les vitamines, minéraux, enzymes et additifs alimentaires sont autorisés dans les conditions prévues par les règlements européens correspondants.
Peu de changement pour la crème de marrons
La crème de marrons fait, elle aussi, partie des produits concernés par la nouvelle réglementation. Mais elle ne connaît pas le même changement de composition que les confitures.
La quantité minimale de purée de marrons est maintenue à 380 g pour 1000 g de produit fini, soit 38 %. Sa teneur minimale en matière sèche soluble est également conservée à 60 %.
Le décret français actualise cependant le cadre réglementaire applicable à cette catégorie de produit pour l’aligner sur les règles européennes.
Par ailleurs, selon la directive « petit-déjeuner », la Commission européenne devra examiner les possibilités d’indiquer, sur les emballages, le ou les pays d’origine des fruits utilisés pour fabriquer la crème de marrons. Un rapport sur cette question doit être présenté au plus tard le 14 juin 2027.
Début des contrôles de la DGCCRF dès 2027
La nouvelle réglementation ne se limite pas à modifier les étiquettes. Son application fera aussi l’objet de contrôles.
La DGCCRF met ainsi en place un dispositif d’accompagnement destiné aux professionnels pour faciliter la compréhension des nouvelles obligations. Une foire aux questions précise notamment les règles concernant les confitures, les jus de fruits, les miels et les laits déshydratés.
À partir de janvier 2027, les enquêteurs réaliseront des contrôles à la fois correctifs et répressifs pour vérifier le respect des nouvelles dispositions et la loyauté des pratiques. Les sanctions applicables restent celles déjà prévues par la réglementation.
En cas de volonté délibérée de tromper le consommateur sur la nature ou l’origine d’un produit, une procédure pour pratique commerciale trompeuse peut notamment être engagée.
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Sources : Economie.gouv.fr, Legifrance.gouv.fr

