La DGCCRF a relevé des pratiques commerciales trompeuses sur le site de Conforama. En cause : des prix de référence barrés jugés non conformes à la réglementation sur les promotions.
Une réduction affichée sur un canapé, un réfrigérateur ou un lave-linge n’est pas forcément aussi intéressante qu’elle en a l’air. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) vient d’épingler Conforama France pour le caractère promotionnel de certains prix affichés sur son site Internet.
L’enquête a été menée par les agents de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes de la Direction départementale de la protection des populations de Seine-et-Marne (DDPP 77).
Selon l’administration, les investigations réalisées sur Conforama.fr ont mis en évidence des « pratiques commerciales trompeuses sur le caractère promotionnel des prix ».
Des prix barrés jugés non conformes
La DGCCRF ne donne pas la liste des produits concernés ni le nombre d’offres relevées lors de son enquête. Elle précise en revanche la nature du problème : des prix de référence, c’est-à-dire les prix barrés servant à mettre en avant la réduction, ne respectaient pas les exigences de la réglementation.
La DDPP de Seine-et-Marne a donc enjoint Conforama France de mettre fin à ces pratiques.
Il ne s’agit pas, dans la publication de la DGCCRF du 8 septembre 2026, de l’annonce d’une amende infligée à l’enseigne. L’administration fait état d’une injonction de cesser les pratiques commerciales trompeuses constatées.
L’affaire intervient à un moment particulièrement sensible pour les consommateurs, alors que les opérations commerciales et les prix barrés sont omniprésents dans l’équipement de la maison.
Un prix barré doit normalement correspondre au prix le plus bas des 30 derniers jours
Depuis 2022, la règle est relativement simple lorsqu’un commerçant annonce une réduction de prix.
Le prix de référence servant à calculer la promotion doit correspondre au prix le plus bas pratiqué par ce professionnel au cours des 30 jours précédant la réduction.
Un produit vendu 500 € pendant plusieurs semaines ne peut donc pas, en principe, être présenté soudainement comme étant passé de 700 à 500 € afin de faire apparaître artificiellement une remise.
Cette règle s’applique aussi bien aux magasins physiques qu’aux sites de vente en ligne. La remise peut être présentée sous différentes formes : pourcentage, montant économisé ou prix barré.
L’objectif est précisément d’empêcher les commerçants de gonfler temporairement un prix de référence pour donner l’impression d’une réduction plus importante qu’elle ne l’est réellement.
Prix conseillé et prix barré : attention à la différence
Une nuance existe toutefois. Un commerçant peut comparer son tarif avec un prix conseillé par le fabricant ou avec un autre prix de comparaison.
Dans ce cas, il ne doit pas présenter cette comparaison comme s’il s’agissait nécessairement d’une réduction calculée à partir de son propre ancien prix. La nature du prix utilisé pour la comparaison doit être clairement indiquée au consommateur.
Avant de se fier à un gros pourcentage de remise, il faut donc regarder les petites mentions situées autour du prix : « prix le plus bas sur les 30 derniers jours », « prix conseillé », « prix de comparaison » ou encore « prix habituellement constaté » ne signifient pas la même chose.
Comment savoir si une promotion est réellement intéressante ?
Le prix barré ne devrait jamais être le seul élément utilisé pour décider d’un achat, particulièrement pour de l’électroménager ou du mobilier vendu plusieurs centaines d’euros.
Le premier réflexe consiste à comparer le prix réellement demandé avec celui pratiqué par plusieurs autres enseignes. Pour un achat prévu à l’avance, surveiller son évolution pendant quelques semaines permet également de connaître son tarif habituel.
Il faut enfin regarder précisément à quoi correspond le prix barré affiché. Si le vendeur annonce une véritable réduction par rapport à son propre tarif antérieur, la réglementation impose normalement de prendre comme référence son prix le plus bas des 30 jours précédents.
La DGCCRF rappelle qu’une pratique commerciale trompeuse sur les prix peut être lourdement sanctionnée. Au-delà du cas Conforama, cette nouvelle injonction constitue donc un rappel utile : un pourcentage de remise spectaculaire ne suffit pas à prouver qu’une offre est une bonne affaire.
Source : Economie.gouv.

