Lorsque la chaleur est maximale, arroser entre 13 h et 20 h peut être inefficace, voire interdit dans certaines régions. Les restrictions varient d’un département à l’autre. Avant tout arrosage, il faut consulter Propluvia ou les informations publiées localement par la préfecture et la mairie.

Arroser son jardin efficacement pendant la canicule. Image générée par ChatGPT
Arroser son jardin efficacement pendant la canicule. Image générée par ChatGPT

Cela ne vous a certainement pas échappé mais le retour des fortes températures est annoncé en France à partir du mercredi 17 juin et nous allons voir le thermomètre grimper au d-là de 35 °C sur plusieurs jours. Avec les fortes chaleurs, la question de savoir comment arroser efficacement son jardin s’impose. L’idée est de faire face aux restrictions d’eau et de ne pas gâcher inutilement cette ressource. Mais attention : les règles changent selon les départements. Avant d’arroser, il faut vérifier les restrictions en vigueur sur VigiEau.

Lors d’un épisode de fortes chaleurs, le réflexe est souvent d’arroser davantage son jardin, son potager ou sa pelouse. Pourtant, le moment choisi compte autant que la quantité d’eau utilisée. Arroser en pleine journée, lorsque le soleil tape fort, est rarement efficace. L’eau s’évapore très vite et les plantes en profitent peu.

Dans certains territoires, ce mauvais créneau peut même être interdit. Les règles ne sont pas les mêmes partout en France. Elles dépendent des arrêtés pris localement par les préfets, selon l’état des cours d’eau, des nappes et des bassins versants.

Arroser en pleine journée : le mauvais réflexe pendant la chaleur

En période de canicule, le jardin souffre pour deux raisons. Les températures dépassent les normales saisonnières pendant plusieurs jours, tandis que les nuits ne rafraîchissent pas suffisamment les sols et les végétaux. Les plantes n’ont donc presque aucun répit. Dans ce contexte, arroser au soleil est à éviter. L’eau s’évapore rapidement avant même de pénétrer correctement dans la terre. Le geste devient alors peu efficace, tout en consommant une ressource de plus en plus surveillée.

Il existe aussi un risque pour les plantes. Les feuilles, les fleurs ou les fruits déjà chauffés par le soleil peuvent mal réagir au contact d’une eau plus fraîche. Pour limiter ces effets, mieux vaut arroser au pied des végétaux, sans mouiller le feuillage.

Le créneau à éviter : le cœur de l’après-midi

Le milieu de journée est le moment le moins pertinent pour arroser. À 13 h, 14 h ou 15 h, la chaleur est souvent forte, le sol est chaud et l’évaporation est maximale. Dans ces conditions, l’arrosage du potager, des pelouses ou des massifs perd une grande partie de son intérêt.

Certaines préfectures commencent déjà à encadrer précisément ces usages. En Gironde, un arrêté récent place notamment plusieurs bassins versants en alerte. Dans les secteurs concernés, l’arrosage des potagers, y compris les serres non agricoles, est interdit de 13 h à 20 h.

L’arrêté va plus loin pour d’autres usages domestiques. L’arrosage des pelouses, jardins, espaces verts et terrains de sport y est interdit de 8 h à 20 h dans les zones concernées. Le lavage des véhicules chez les particuliers est également interdit. Le remplissage des piscines publiques et privées est lui aussi restreint, sauf exceptions prévues.

Des règles différentes selon les départements

Il ne faut toutefois pas généraliser une règle locale à toute la France. Les restrictions d’eau varient selon les départements, les bassins versants et les ressources utilisées. Un arrêté sécheresse fixe toujours un périmètre et une durée limitée.

Les mesures peuvent aussi évoluer rapidement. En période de sécheresse, plusieurs arrêtés peuvent se succéder d’une semaine à l’autre pour une même zone. Les niveaux de limitation sont progressifs : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise.

VigiEau, le réflexe à avoir avant d’arroser

Avant d’arroser son jardin, il faut donc vérifier les règles applicables à sa commune. Le site VigiEau permet de se tenir informé des épisodes de sécheresse en France. Il présente les mesures de suspension ou de limitation prises par les préfets, à partir des données fournies par les services départementaux de l’État.

Un exemple de carte des restrictions d'eau Propluvia
Un exemple de carte des restrictions d’eau VigiEau

Lorsqu’un arrêté de restriction est général et collectif, il doit aussi être affiché en mairie dans les communes concernées. Il fait également l’objet d’une publication dans la presse régionale ou locale.

Cette vérification est indispensable, car une zone peut être soumise à des restrictions alors qu’une autre ne l’est pas. En Gironde, par exemple, les restrictions citées concernent certains bassins versants et leurs nappes d’accompagnement. Pour l’heure, aucune mesure de restriction n’y est déclenchée pour les usages issus du réseau d’alimentation en eau potable. Mais la préfecture appelle tout de même à une gestion économe de l’eau.

Matin ou soir : quand arroser son jardin ?

Hors restriction locale plus stricte, deux créneaux sont généralement à privilégier : tôt le matin ou le soir. Le matin, il faut arroser avant que le sol ne chauffe, idéalement avant 9 h. L’eau pénètre alors mieux dans la terre et les plantes peuvent en profiter pendant la journée.

Le soir reste aussi possible, surtout après la tombée de la nuit, lorsque le sol commence à se refroidir. L’évaporation est alors plus faible. Il faut toutefois éviter de mouiller les feuilles, les fleurs et les fruits, afin de limiter les risques de maladies lorsque chaleur et humidité se combinent.

Dans tous les cas, l’arrosage doit se faire au pied. Cela vaut pour le potager, les arbustes, les plantes en pot ou les massifs. Un arrosage localisé est plus efficace qu’un arrosage dispersé sur le feuillage.

Arroser moins souvent, mais mieux

Pendant les fortes chaleurs, il peut être tentant d’arroser un peu tous les jours. Pourtant, un arrosage plus espacé mais plus généreux est souvent préférable pour les plantes en pleine terre. L’eau humidifie alors les couches plus profondes du sol. Les racines sont incitées à descendre et les végétaux deviennent plus résistants.

Il faut toutefois adapter ce principe à la situation. Les jeunes plants, les végétaux installés depuis moins de deux ans et les plantes en pot demandent une attention particulière. Certaines cultures du potager, comme les salades ou les concombres, sont aussi plus gourmandes en eau.

À l’inverse, les plantes résistantes à la sécheresse supportent mieux les épisodes de chaleur. Elles n’ont pas besoin du même rythme d’arrosage.

Les bons gestes pour économiser l’eau au jardin

L’arrosage ne suffit pas toujours. Pour garder la fraîcheur dans le sol, le paillage reste l’un des gestes les plus efficaces. Installé en couche épaisse, il limite l’évaporation et protège les racines de la chaleur. Les paillis végétaux sont à privilégier, car les paillis minéraux peuvent conserver la chaleur.

Le binage aide aussi l’eau à mieux s’infiltrer en cassant la croûte formée à la surface de la terre. L’ombrage est un autre réflexe utile. Les plantes en pot peuvent être déplacées à l’ombre, tandis que les cultures du potager peuvent être protégées par des ombrières, des canisses, un voile d’ombrage ou même une cagette retournée en cas de coup de chaud.

La récupération de l’eau de pluie devient également incontournable. Réservoirs, bidons reliés à une gouttière ou récupérateurs plus volumineux permettent de réduire la pression sur l’eau potable.

Enfin, il faut parfois accepter de faire des choix. En période de restriction, le potager et les plantes les plus fragiles passeront avant une pelouse. Un gazon jauni par la sécheresse peut reverdir avec le retour de la pluie.

Sources : VigiEau, Ouest France, Jardiland