Avec la flambée des prix du gaz liée aux tensions au Moyen-Orient, les consommateurs français pourraient voir leurs factures augmenter dès le mois de mai. Mais l’impact réel pourrait rester limité… du moins à court terme. C'est ce qu'a laissé entendre la présidente de la Commission de Régulation de l'Énergie, Emmanuelle Wargon sur RMC vendredi 20 mars.

Prix du gaz
Prix du gaz. Illustration générée par ChatGPT

 

La tension monte sur les marchés de l’énergie. Depuis plusieurs jours, le conflit au Moyen-Orient a franchi un nouveau cap, avec des attaques ciblées sur des infrastructures gazières stratégiques. En première ligne : le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), dont le site de Ras Laffan a été touché, ainsi que le champ gazier de South Pars en Iran.

Résultat immédiat : une réaction brutale des marchés. Le gaz européen, via le TTF néerlandais, a bondi jusqu’à +35 %, atteignant des niveaux inédits depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Le pétrole suit la même tendance, avec un baril de Brent au-dessus des 113 dollars.

Une hausse réelle… mais différée pour les consommateurs

Faut-il craindre pour le budget des consommateurs ? Emmanuelle Wargon, la présidente de la CRE (Commission de régulation de l’énergie) était l’invité de RMC vendredi 20 mars. Elle a rappelé qu’à peu près 40 % des Français ont choisi des contrats à prix fixe. Ils ne seront donc touchés qu’à la fin de leur contrat. Pour les autres ménages qui ont des contrats indexés sur les cours mondiaux, l’impact ne sera pas immédiat. Les prix évoluent effectivement avec deux mois d’écart. 

Concrètement, les factures de mars et d’avril ne seront pas affectées par cette nouvelle crise. Mieux encore, le mois d’avril doit même bénéficier d’une légère baisse de 5,8 %. En revanche, en mai, ce seront les prix de mars qui seront pris en compte. 

Mai 2026, le premier vrai choc ?

C’est effectivement à partir de mai 2026 que la hausse pourrait se faire sentir. Les tarifs seront en effet calculés sur les prix observés en mars, en pleine flambée des marchés. La présidente de la CRE anticipe donc une augmentation, mais sans scénario catastrophe. « La répercussion en mai ne sera pas énorme pour plusieurs raisons », estime-t-elle. 

Tout d’abord les volumes. On consomme moins de gaz en mai parce que le moi de mai est un moins durant lequel on chauffe moins. Les 2/3 de la facture de gaz sont liés au chauffage lui-même, rappelle-t-elle. « Pour le mois de mais, cela ne va pas avoir un impact gigantesque sur les factures ». 15 % de hausse pourrait être un chiffre probable. La présidente de la CRE ne s’est pas engagée sur un chiffre de hausse mais a validé une fourchette autour de 15 %.

Un niveau donc bien inférieur à la hausse des marchés, mais suffisant pour alourdir les factures, surtout si la situation perdure.

Un risque pour l’hiver prochain

L’inquiétude principale concerne désormais la durée du conflit. Si les tensions persistent et que les prix restent élevés jusqu’à l’automne, l’impact pourrait devenir beaucoup plus significatif. 

La menace sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure du commerce mondial de gaz et de pétrole, ajoute une incertitude sur l’approvisionnement. Quelque 3200 navires sont actuellement bloqués dans le Golfe Persique.  

Pour les consommateurs, la situation reste donc sous contrôle à court terme. Et bonne nouvelle, le prix de l’électricité ne devrait pas flamber. « En ce moment, on a beaucoup d’électricité nucléaire et on a aussi beaucoup d’électricité renouvelable et ça nous suffit en gros. Donc on n’a pas besoin d’appeler de l’électricité fabriquée à partir de gaz et du coup, on ne dépend pas du prix du gaz pour le prix de notre électricité. Donc, en août, les prix de l’électricité n’augmenteront pas. Ça ne bougera pas, que ce soit au tarif réglementé ou dans les offres libres”, souligne la présidente de la CRE.

Sources : RMC, Les Échos