En 2026, la souveraineté énergétique s'impose. Face à l'hégémonie chinoise, l'Europe et les États-Unis relocalisent massivement leur production de panneaux solaires. Décryptage industriel.

En 2026, la souveraineté énergétique est devenue un enjeu stratégique majeur si bien que l’Europe et les États-Unis accélèrent la relocalisation de la production de panneaux solaires afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine. La France, avec des initiatives comme Holosolis, cherche à développer sa propre filière face à une concurrence asiatique féroce. Décryptage.

Photo montrant un champ de panneaux solaires
Les panneaux solaires ne sont plus de simples objets technologiques. Crédit photo : Quang Nguyen Vinh – Pexels.com

Nous sommes en 2026, et le paysage énergétique mondial s’est transformé. Ce qui était autrefois une simple transition écologique est devenu un impératif de souveraineté nationale. Les panneaux solaires ne sont plus de simples objets technologiques ; ils garantissent désormais l’indépendance énergétique d’un pays. La production de cellules et de modules photovoltaïques fait ainsi l’objet d’une course stratégique à la relocalisation.

La dépendance historique à la Chine

En l’espace de six ans, de 2018 à 2024, l’Europe a vu ses importations de produits photovoltaïques exploser, passant de 5,5 milliards à plus de 20 milliards d’euros. Aujourd’hui encore, la quasi-totalité des fameuses galettes de silicium (wafers en anglais), composants essentiels à la fabrication des cellules solaires, provient de Chine.Aujourdhui 98 Des Panneaux Photovoltaiques Importes En Europe Sont Chinois

Le Vieux continent et les États-Unis accusent un retard immense. Pékin maintient sa domination grâce à une avance technologique et à une stratégie de prix bas qui sature le marché. Les industriels chinois se tournent également vers les marchés émergents. En 2025, les importations de panneaux solaires chinois en Afrique ont bondi de 48%, représentant près de 18,8 gigawatts.

Le réveil européen et le « Net-Zero Industry Act »

Soutenue par de fortes subventions gouvernementales, la Chine propose des modules à des prix extrêmement agressifs, parfois jusqu’à deux fois moins chers que ceux fabriqués en Europe. Pour contourner les barrières douanières occidentales, l’industrie chinoise installe aussi des usines d’assemblage dans des pays de transit comme le Vietnam ou la Turquie.

Pour protéger son industrie, l’Union européenne a répliqué avec le règlement Net-Zero Industry Act (NZIA). Son objectif : assurer, d’ici 2030, une production locale capable de couvrir au moins 40% des besoins européens en technologies de transition énergétique.Net Zero Industry Act En

En France, 2026 marque le lancement des chantiers de plusieurs « Gigafactories ». En Moselle, l’usine HoloSolis a obtenu ses permis de construire début 2025. Prévue pour 2027, elle vise une production de 5 GW par an. Dans le sud, le projet Carbon à Fos-sur-Mer entend couvrir toute la chaîne de valeur, du silicium au panneau final, avec une mise en service ciblée fin 2026. Ailleurs en Europe, l’usine d’Enel à Catane (Italie) illustre cette dynamique en visant une capacité de 3 GW.

Les États-Unis entre protectionnisme et subventions

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Inflation Reduction Act (IRA) a transformé les États-Unis en eldorado pour les industriels du solaire. Grâce à des crédits d’impôt massifs liés à la production locale (Production Tax Credits), le pays attire de nombreux fabricants.

Des entreprises chinoises comme Trina Solar ou LONGi s’y implantent, tout comme le fabricant suisse Meyer Burger, qui a récemment relocalisé une partie de son activité américaine après avoir fermé son site de Freiberg, en Allemagne.Meyer Burger Veut Fermer Une Importante Usine Photovoltaique En Allemagne 240117

Les défis technologiques de demain

La relocalisation passe également par l’innovation technique. En 2026, trois grands axes structurent la filière :

  • Le rendement des panneaux : Les industriels misent sur la technologie tandem pérovskite/silicium, qui permet désormais de franchir des rendements supérieurs à 30%.
  • L’agrivoltaïsme : La France accélère fortement le déploiement de panneaux sur les terres agricoles, cherchant à s’imposer comme un marché de référence européen.Agrivoltaisme France
  • L’économie circulaire : La souveraineté matérielle nécessite le recyclage des matières premières. Des entreprises françaises, comme Rosi Solar, développent des procédés pour récupérer jusqu’à 99% du silicium et de l’argent présents dans les anciens modules.Agrivoltaisme France