Présents dans l’eau, l’air, les aliments ou encore les objets du quotidien, les PFAS suscitent une inquiétude croissante. Face à ces « polluants éternels », les autorités sanitaires détaillent des gestes simples pour limiter son exposition, sans céder à l’alarmisme.

PFAS : ce qu'il faut éviter
PFAS : ce qu’il faut éviter

Ils sont invisibles, persistants et omniprésents. Les PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. On les retrouve aujourd’hui dans de nombreux produits du quotidien, mais aussi dans l’environnement, où ils s’accumulent durablement.

Face à la montée des préoccupations sanitaires, le ministère de la Santé a publié mercredi 22 avril plusieurs documents d’information destinés au grand public, avec un objectif : mieux comprendre ces substances et adopter des gestes simples pour en limiter l’exposition.

Une exposition diffuse et difficile à éviter

Surnommés « polluants éternels », les PFAS se caractérisent par leur très grande persistance. Ils se dégradent extrêmement lentement et peuvent contaminer l’eau, les sols, l’air et la chaîne alimentaire.

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L’exposition se fait principalement par l’alimentation, puis par l’eau de boisson. Elle peut toutefois varier selon les habitudes de consommation, l’environnement ou la proximité de sites industriels utilisant ces substances.

Certaines populations sont plus exposées que d’autres, notamment les travailleurs de secteurs concernés ou les habitants de zones contaminées. Les autorités sanitaires appellent également à une vigilance particulière pour les femmes enceintes, allaitantes et les nourrissons.

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Des effets sanitaires encore étudiés

Les connaissances scientifiques évoluent encore, mais plusieurs effets sont déjà documentés. Une exposition prolongée à certains PFAS peut entraîner une augmentation du cholestérol, une diminution de la réponse immunitaire à certains vaccins ou encore une légère baisse du poids à la naissance.

D’autres effets sont suspectés, notamment sur les systèmes hormonal, reproducteur ou neurologique, ainsi que des risques accrus de certains cancers. À ce stade, il reste toutefois difficile d’attribuer directement une pathologie à la seule exposition aux PFAS, en raison de la multiplicité des facteurs en jeu.

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Des gestes simples pour réduire son exposition

S’il est aujourd’hui impossible d’éviter totalement les PFAS, plusieurs réflexes peuvent permettre de limiter leur présence dans le quotidien.

Dans l’alimentation, les autorités recommandent de varier les produits, de privilégier une cuisine maison et, si possible, des aliments de saison ou issus de l’agriculture biologique. Contrairement à certaines idées reçues, il est conseillé de privilégier l’eau du robinet, qui fait l’objet de contrôles sanitaires réguliers, plutôt que l’eau en bouteille.

À la maison, il est recommandé de limiter l’usage d’emballages résistants à l’eau et aux graisses, ainsi que les ustensiles antiadhésifs usés ou les contenants en plastique, en particulier lorsqu’ils sont chauffés. Le verre, l’inox ou la fonte sont à privilégier.

L’entretien du logement joue également un rôle. Aérer quotidiennement les pièces pendant au moins dix minutes et privilégier un nettoyage humide des sols permet de limiter l’exposition via les poussières domestiques.

Cosmétiques, textiles : revoir certains usages

Les PFAS sont aussi présents dans certains produits du quotidien comme les cosmétiques ou les textiles. Les autorités recommandent de limiter les produits dits « waterproof » ou longue tenue, et de privilégier des formules simples, idéalement labellisées.

Côté vêtements et ameublement, il est conseillé d’éviter les textiles traités pour être imperméables ou anti-taches, et de se tourner vers des fibres naturelles ou des produits non traités.

Une réponse encore en construction

Face à ces enjeux, les pouvoirs publics ont mis en place un plan d’action interministériel visant à réduire l’usage des PFAS et leurs rejets dans l’environnement. Plusieurs substances sont déjà interdites ou en cours de restriction, et des dispositifs de surveillance se déploient progressivement sur le territoire.

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Mais dans l’attente de mesures plus larges, la prévention individuelle reste un levier essentiel. Sans solution miracle, ces gestes du quotidien constituent aujourd’hui la principale réponse pour limiter son exposition à ces substances omniprésentes.

Sources : Ministère de la Santé, Libération/AFP