Ce récent article du Monde a confirmé une expérience faite à domicile : vivre en famille à 15-16 °C sans chauffage, c'est tout à fait possible. Et vous ne risquerez même pas des engelures au bout des doigts.
Cette semaine, un article du Monde intitulé « Est-il possible de ne se chauffer qu’à 14 °C avec des enfants à la maison ? » est venu confirmé une expérience personnelle sans chauffage, réalisée également en famille en janvier et février. L’idée est assez simple, ne pas chauffer son appartement, au moment où les températures extérieures chutent.
Deux avantages à cela : éviter de se faire matraquer avec des factures de gaz et d’électricité exponentielles et réduire son empreinte carbone. Alors que les températures remontent doucement, le bilan est globalement positif. La facture de gaz est passé de 7-8 € par jour à 1,5 € en moyenne quotidienne. Et tous les membres de la famille sont sortis indemnes de cette expérience, même s’il a fallu ajouter un plaid sur la couette, dormir avec des chaussettes et porter une polaire dans la journée sur le pull marin !
Le confort sobre
L’article du quotidien du soir a également permis de découvrir cette étude réalisée par Leroy Merlin en partenariat avec Octopus Energy. Une expérimentation a été menée durant l’hiver 2024-2025 auprès de 14 ménages volontaires. Son objectif était de tester une nouvelle approche du « confort sobre », fondée non pas sur des travaux lourds ou des équipements coûteux, mais sur des changements de comportements, un pilotage fin du chauffage et une meilleure compréhension de ses besoins réels.
Le protocole reposait sur quatre périodes d’exercices encadrées par des rendez-vous en visioconférence. Les missions confiées aux participants étaient progressives :
- Mesurer précisément températures et consommations pour établir un point de départ.
- Moduler le chauffage selon les pièces, les activités et les moments de la journée.
- Miser sur l’isolation du corps (vêtements, accessoires).
- Organiser une « soirée confort sobre » pour partager l’expérience.
Un groupe de discussion numérique, très actif (plus de 540 messages), a favorisé l’entraide et la création d’une dynamique collective.
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Moins de chauffage, mais pas moins de confort
Si l’étude ne visait pas de résultats chiffrés précis, les 14 ménages déclarent avoir nettement réduit leur chauffage, en passant sous la consigne des 19 °C – parfois même sous les 16 °C – tout en maintenant un niveau de confort jugé satisfaisant.
Cette évolution s’est appuyée sur plusieurs leviers :
- Baisse progressive de la température de consigne.
- Zonage thermique pièce par pièce.
- Adaptation fine des programmations horaires.
- Pilotage manuel plus réactif.
- Coupure partielle ou temporaire du chauffage.
Au-delà des réglages techniques, l’expérience suppose une posture active et réflexive : interroger ses besoins réels et ajuster en permanence.
Des motivations variées, un apprentissage commun
Les participants se sont engagés pour deux raisons principales : réduire leur facture énergétique ou poursuivre une démarche écologique plus globale.
L’étude distingue quatre profils types :
- L’économe, centré sur le budget.
- Le transitionneur, déjà engagé dans un mode de vie écologique.
- Le matérialiste repenti, en quête de transformation.
- Le techno-solutionniste, désireux d’optimiser ses équipements.
Tous soulignent un gain en compétences et une meilleure appropriation de leurs consommations.
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La sobriété comme nouveau confort
Initialement, le terme « sobriété » n’était pas mis en avant, jugé parfois anxiogène. Mais les familles ont adopté l’expression « confort sobre », qu’elles définissent comme un équilibre : consommer moins d’énergie tout en restant bien chez soi.
Pour les chercheurs, ce concept constitue un chaînon intermédiaire entre les petits écogestes ponctuels et les rénovations lourdes. Il permettrait de générer des économies substantielles sans modifier le bâti.
L’expérimentation ouvre ainsi la voie à une possible diffusion plus large de cette méthode d’entraînement. L’hiver prochain pourrait bien voir se développer ce « nouveau confort moderne », fondé moins sur la température uniforme que sur l’adaptation fine aux usages réels.
Reste cette pression sociale évoquée par l’article du Monde. Il y a celles et ceux qui évitent de parler de cette expérience, celles et ceux qui finissent par ne plus en parler à leur entourage pour ne plus avoir à se justifier. La sociabilité devient effectivement compliquée. Se pose notamment la question de recevoir ou non à la maison. Et puis il peut y avoir cette sensation de « maltraiter » quelque part ses enfants, surtout en bas âge, en leur imposant des températures fraîches. Pas facile effectivement de devoir justifier une démarche qui pour certains peut s’apparenter à une forme de torture ou bien tout simplement à de la pingrerie… Mais c’est en voyant ses ados se promener en T-shirt dans un appartement à 16 °C que l’on peut instiller un germe dans les comportements futurs…
Sources : Le Monde, Leroy Merlin










