Présenté au CES 2026, le C-200 de Seattle Ultrasonics ressemble à un couteau de chef classique, mais cache un secret : sa lame vibre à très haute fréquence pour faciliter la découpe. Grâce à cette technologie ultrasonique issue de l’industrie, il promet des tranchages plus fluides, moins d’aliments qui collent et une préparation plus confortable pour les cuisiniers amateurs comme passionnés.

Couteau ultrasonique C-200 en train de trancher une tomate sur une planche à découper.
Activé, le C-200 vibre à très haute fréquence pour traverser la peau des tomates avec moins d’effort et des tranches plus nettes. © Seattle Ultrasonics

Le C-200 Ultrasonic Chef’s Knife de Seattle Ultrasonics est l’un des objets les plus intrigants du CES 2026 : un couteau de chef dont la lame vibre à l’ultrason pour rendre la découpe plus fluide, plus propre et moins fatigante. Présenté lors de l’événement Unveiled à Las Vegas, il a particulièrement marqué les visiteurs quand ils ont commencé à trancher des tomates avec une lame… qui vibrait sans qu’ils ne voient ni n’entendent quoi que ce soit. Derrière ce « couteau qui vibre », il ne s’agit pas d’un gadget façon télé-achat, mais d’une adaptation à la cuisine domestique d’une technologie déjà utilisée dans l’industrie agroalimentaire : la découpe ultrasonique.

Un couteau ultrasonique présenté au CES 2026

Vue de profil du couteau ultrasonique C-200 montrant sa lame en acier japonais et son manche au bouton orange.
Avec sa lame en acier japonais san-mai et son bouton orange d’activation ultrasonique, le C-200 ressemble à un couteau de chef premium… en beaucoup plus high-tech. © Seattle Ultrasonics

Le C-200 se présente d’abord comme un couteau de chef tout ce qu’il y a de plus classique : une lame de 20 cm en acier japonais san-mai (trois couches), un manche assez massif et une ergonomie pensée pour la prise en main en pince aussi bien par les droitiers que par les gauchers. C’est en regardant de plus près son manche que l’on repère la différence : un bouton orange qui, une fois pressé, active le mode ultrasonique. En fonctionnement, la lame se met alors à vibrer à très haute fréquence, mais sur une amplitude microscopique : environ 10 à 20 microns, soit à peu près un quart de la largeur d’un grain de sel.

Selon Seattle Ultrasonics, cette vibration est générée par un empilement de cristaux piézoélectriques intégré dans le manche et relié à la lame. Ces cristaux se contractent et se dilatent plusieurs dizaines de milliers de fois par seconde, ce qui transmet à la lame une série de micro-mouvements quasi imperceptibles. Le résultat est doublement surprenant : on ne voit pas la lame bouger, on ne ressent pas de vibrations dans la main, mais on sent immédiatement la différence au moment de trancher les aliments.

Jusqu’à 50% d’effort en moins à la coupe

L’intérêt de cette technologie ultrasonique est de réduire la force nécessaire pour faire pénétrer la lame dans les aliments, en particulier ceux qui ont une peau ou une croûte plus résistante comme les tomates, certains fruits ou les pains à croûte fine. Seattle Ultrasonics évoque des tests en laboratoire réalisés avec un bras robotisé mesurant précisément l’effort appliqué : avec la lame éteinte, le couteau se comporte comme un bon couteau de chef ; avec la lame activée, la force nécessaire serait réduite jusqu’à 50%. Concrètement, on a moins besoin d’appuyer, la lame « glisse » davantage, ce qui peut rendre la préparation plus confortable pour les utilisateurs qui cuisinent souvent ou qui manquent un peu de force.

Autre avantage mis en avant : le côté « anti-adhérent » de la lame. Parce que la surface du métal bouge en permanence à l’échelle microscopique, les aliments ont tendance à moins coller : les rondelles de pommes de terre s’empilent moins sur la lame, le beurre et les fromages mous accrochent moins, et le nettoyage s’en trouve facilité, surtout avec les aliments très collants comme les fromages frais. Sur le long terme, la marque promet aussi des séances d’aiguisage moins fréquentes, car la performance de coupe ne repose plus uniquement sur un fil ultra-fin mais aussi sur l’action ultrasonique.

Une techno industrielle miniaturisée pour la cuisine maison

Si le produit semble futuriste, le principe est loin d’être nouveau : les lames ultrasoniques sont déjà utilisées dans l’industrie pour découper des produits très délicats (gâteaux, pâtisseries, fromages, produits surgelés) avec une précision impressionnante. L’ambition de Seattle Ultrasonics, fondée par un ingénieur passé par la cuisson sous vide et la R&D culinaire, est de miniaturiser cette technologie pour l’intégrer dans un objet du quotidien, sans le transformer en outil de laboratoire. D’où le parti pris d’un couteau au design relativement classique, que l’on peut utiliser totalement éteint comme un couteau de chef haut de gamme.

Le C-200 a ainsi été développé pendant plusieurs années, avec de nombreuses itérations sur la forme de la lame, le circuit, le choix des cristaux piézoélectriques et même la sensation de clic du bouton, afin d’atteindre un compromis entre performance, confort et fiabilité. La lame est annoncée comme résistante à l’eau et le couteau peut être rincé à l’évier comme un couteau classique, à condition évidemment de respecter les précautions habituelles d’un couteau électrique et de ne pas l’immerger longuement.

Batterie amovible et socle de recharge design

Couteau de chef ultrasonique C-200 avec batterie amovible en cours de recharge via câble USB-C.
La batterie amovible du C-200 se recharge en USB-C ou sur un socle sans fil, pour garder le couteau toujours prêt à l’emploi. © Seattle Ultrasonics

Pour alimenter ce système, Seattle Ultrasonics intègre une batterie lithium-ion amovible dans le manche, que l’on peut retirer et recharger via USB‑C. Pour les utilisateurs qui souhaitent un ensemble plus premium, la marque propose également un socle de recharge sans fil optionnel, pensé pour rester sur le plan de travail, dans un tiroir ou fixé au mur sans perçage, de manière à ce que le couteau soit toujours prêt à l’emploi. L’objectif est de faire oublier le côté « objet électronique » pour ne garder que l’expérience d’un couteau toujours prêt à découper.

Couteau ultrasonique C-200 posé sur son support de charge sans fil sur le plan de travail de la cuisine.
Le C-200 peut se ranger directement sur son support de charge sans fil, prêt à être saisi pour la prochaine session de découpe. © Seattle Ultrasonics

Le constructeur revendique une autonomie suffisante pour de longues sessions de préparation, même si la plupart des tâches de cuisine n’exigent d’activer l’ultrasonique que par intermittence. Dans le pire des cas, le couteau reste pleinement utilisable même batterie vide, simplement comme un couteau de chef classique, ce qui limite le risque de se retrouver totalement bloqué en pleine préparation.

Un gadget de salon ou un vrai game changer ?

Reste la question qui intéressera autant les cuisiniers que les amateurs de gadgets : s’agit-il d’une simple curiosité de salon ou d’un outil qui a sa place dans une cuisine équipée ? Avec un tarif annoncé de 329 €, il se positionne nettement au-dessus d’un couteau de chef premium classique. Le C-200 vise donc clairement un public de passionnés de cuisine, de technophiles ou de foodies qui n’hésitent pas à investir dans des accessoires haut de gamme. Ses atouts – découpe plus fluide, moindre adhérence, effort réduit – sont bien réels sur le papier et lors des premières démonstrations, notamment sur les aliments difficiles comme les tomates, les fromages mous ou les pâtes collantes.

Pour autant, le produit ne se substitue pas à de bonnes pratiques de base : il reste un couteau tranchant qui demande de la prudence, et il ne transforme pas magiquement un non-cuisinier en chef étoilé. Mais comme un vélo à assistance électrique rend les côtes moins pénibles, ce couteau ultrasonique promet de rendre la préparation un peu plus légère et ludique, tout en introduisant une touche de science-fiction dans la cuisine. Reste maintenant à voir si cette lame vibrante réussira à s’imposer au-delà du buzz du CES 2026 et à trouver sa place sur les plans de travail des cuisiniers amateurs les plus curieux.