Six mois après son lancement, le plan Rebond commence à produire des résultats concrets chez le groupe Seb. Plusieurs éléments clés, dont l’innovation, la réduction du catalogue, les économies et le marketing digital, contribuent au redressement de sa rentabilité malgré un contexte économique toujours difficile.

Groupe Seb
Groupe Seb

Après une année compliquée, Seb peut enfin afficher les premiers résultats de son vaste plan de transformation. D’après ses résultats du premier semestre 2026, le fabricant des marques Tefal, Moulinex, Rowenta, Krups ou WMF affirme que le plan Rebond, lancé en février, présente ses premiers effets.

Le groupe Seb veut rebondir en supprimant jusqu’à 2100 postes dans le monde, dont 500 en France

Les chiffres reflètent en effet cette amélioration. Sur les six premiers mois de l’année 2026, le chiffre d’affaires a atteint 3,743 milliards d’euros, en progression de 1,7 % à taux de change et périmètre constants. Le résultat opérationnel d’activité (ROPA) a aussi bondi de 44 %, à 172 millions d’euros.

Le cash-flow libre, quant à lui, est redevenu positif à 53 millions d’euros, contre -213 millions d’euros un an plus tôt. Ces performances permettent ainsi au groupe de confirmer ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice 2026. Et ce, malgré un environnement macroéconomique et géopolitique toujours dégradé.

Plan Rebond : une stratégie pour retrouver une croissance durable

Présenté en février 2026, le plan Rebond répond à une profonde mutation du marché du petit électroménager. Seb estime en effet que les cycles d’innovation s’accélèrent et que les habitudes d’achat évoluent rapidement sous l’effet du numérique. De plus, l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour le développement des produits comme pour le marketing.

Cette stratégie repose donc sur plusieurs axes complémentaires :

  • accélérer les lancements de nouveaux produits et renforcer leur caractère différenciant ;
  • généraliser les nouvelles pratiques de marketing digital pour soutenir les ventes en ligne ;
  • exploiter davantage les possibilités offertes par l’IA ;
  • simplifier l’organisation interne pour gagner en agilité ;
  • améliorer l’efficacité industrielle et rationaliser les achats indirects ;
  • optimiser les frais de structure pour dégager des économies récurrentes.

Le groupe a également signé les accords sociaux prévus en France, sur la base du volontariat, ainsi que dans la majorité des entités allemandes, dans le cadre des suppressions de postes annoncées en février et pouvant aller jusqu’à 2.100 à travers le monde. Les départs des salariés concernés commenceront en septembre, indiquent Les Échos.

La machine à expresso Coffee Crush : symbole de la nouvelle stratégie

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La machine à expresso Krups Coffee Crush

Le groupe a mis en avant Coffee Crush, une nouvelle machine à café à grains compacte, pour illustrer son plan Rebond. Au-delà du produit lui-même, c’est surtout sa stratégie de lancement qui marque une rupture.

Krups Coffee Crush : pourquoi la machine à café à grain séduit autant les amateurs

Concrètement, plus de 60 % du budget marketing consacré au lancement de cette machine à expresso a été investi sur les réseaux sociaux. En parallèle, 75 influenceurs internationaux ont été invités à Paris pour la découvrir.

Cet appareil sera commercialisé dans plus de 50 pays dès cette année. Un objectif qui illustre la volonté du groupe d’accélérer le déploiement mondial de ses innovations jugées prioritaires pour toucher plus rapidement de nouveaux consommateurs.

Réduire les coûts grâce à un catalogue allégé et à des actions stratégiques

Le plan Rebond ne repose toutefois pas uniquement sur l’innovation. Le groupe poursuit un important travail de simplification de son organisation et de son offre.

Plus de 400 actions ont déjà été engagées sur les achats indirects, en vue de réduire durablement les coûts. D’ailleurs, Seb rationalise son catalogue de produits. L’objectif : proposer 25 à 30 % de références en moins à partir de début 2027.

Cette transformation est déjà bien engagée puisque près de 9 % de la réduction du portefeuille a été réalisée. Selon Stanislas de Gramont, directeur général de Seb, cette simplification doit permettre de diminuer les stocks tout en facilitant le travail des équipes.

Le groupe accélère aussi l’intégration de l’IA dans ses activités. Des ateliers internes ont déjà permis d’identifier plus de 800 cas d’usage, aussi bien pour améliorer les processus que pour accompagner le développement de nouveaux produits.

Les premiers gains financiers

Les effets du plan apparaissent désormais dans les comptes. Seb estime que le plan Rebond devrait améliorer son résultat opérationnel d’activité de 40 à 60 millions d’euros dès 2026. La firme peut d’ailleurs atteindre 200 millions d’euros d’économies annuelles récurrentes d’ici fin 2027.

D’après les rapports du groupe, l’amélioration de la rentabilité provient notamment d’une baisse de 25 millions d’euros des frais de structure et des premiers bénéfices des mesures d’économies. Elle résulte également d’un meilleur pilotage de la marge brute malgré les fluctuations des devises, en plus d’un remboursement d’environ 15 millions d’euros de droits de douane aux États-Unis.

En revanche, le résultat d’exploitation reste pénalisé par 178 millions d’euros de charges exceptionnelles liées au déploiement du plan Rebond, ce qui explique la perte nette semestrielle publiée par le groupe.

Une transformation encore loin d’être terminée

Le plan prévoit aussi une importante réorganisation des effectifs. Jusqu’à 2100 départs sont ainsi prévus dans le monde, principalement sur la base du volontariat, les premiers départs devant intervenir à partir de septembre.

Groupe Seb : 2 100 suppressions de postes pour rebondir

Cependant, les investisseurs semblent croire au redressement engagé. Après la publication des résultats, l’action Seb a bondi de 6,3 % en Bourse ce jeudi 23 juillet, à la clôture du marché.

Pour la direction, ces premiers résultats confirment que le plan Rebond est « en ligne avec les objectifs ». Celui-ci doit ainsi permettre au groupe de retrouver progressivement une croissance rentable et durable.

Sources : Les Echos, Groupe Seb