Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les capsules de café en aluminium peuvent être recyclées partout en France, en les déposant directement dans le bac jaune. Une avancée environnementale saluée par les industriels… mais qui ne règle ni le coût élevé des capsules, ni la question de leur impact global face aux alternatives plus durables.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, 100 % des Français peuvent déposer leurs capsules de café en aluminium directement dans le bac jaune, sans distinction de territoire. Jusqu’ici, cette consigne n’était valable que dans certaines régions équipées de centres de tri compatibles.
Cette généralisation est portée par l’Alliance pour le Recyclage des Capsules en Aluminium (ARCA), qui salue une simplification majeure du geste de tri. Désormais, les capsules doivent être jetées en vrac, sans sac et sans être vidées, au même titre que les autres petits emballages en aluminium. Rappelons tout de même que l’Arca a été créée par Nespresso, Nestlé et Jacobs Douwe Egberts en France… les principaux pourvoyeurs de capsules en aluminium.
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Une simplification du tri qui change les comportements
Selon l’ARCA, cette clarification porte déjà ses fruits. 80 % des consommateurs déclarent être davantage incités à trier leurs capsules grâce à la simplicité du geste. Dans les faits, 68 % des trieurs utilisent désormais le bac jaune, contre seulement 55 % en 2022. C’est un progrès.
La montée en puissance des infrastructures y contribue : 80 centres de tri sont déjà opérationnels, et 10 nouveaux sites doivent ouvrir en 2026. Une modernisation indispensable pour capter ces petits déchets en aluminium, longtemps mal orientés ou exclus des filières classiques.

Une image écologique… encore fragile dans la pratique
Sur le papier, le recyclage des capsules coche toutes les cases. 93 % des consommateurs savent désormais que les capsules en aluminium sont recyclables, et 83 % de ceux qui connaissent la consigne les trient au moins occasionnellement.
Mais la réalité reste plus contrastée. 38 % des utilisateurs continuent de jeter leurs capsules dans un sac fermé, un geste qui empêche leur détection dans les centres de tri et les condamne à l’incinération ou à l’enfouissement. Une erreur encore trop fréquente, malgré une légère amélioration par rapport à 2025.

Seniors et régions pilotes en tête du tri
Les meilleurs élèves du recyclage ne sont pas ceux que l’on croit. Les 65 ans et plus affichent un taux de tri systématique de 75 %, loin devant les 18-35 ans, même si ces derniers progressent (55 % en 2025 contre 49 % auparavant).
Côté territoires, le Centre-Val de Loire se distingue avec 93 % de capsules triées, devant la Bourgogne-Franche-Comté (91 %) et le Grand Est (90 %). Des chiffres qui montrent que la clarté des consignes joue un rôle clé, bien plus que l’âge ou le profil socio-démographique.
Le recyclage ne fait pas oublier le vrai sujet : le coût des capsules
Si l’amélioration du recyclage est une bonne nouvelle, elle ne règle pas la question centrale du modèle économique des capsules. En moyenne, le café en capsules coûte entre 2 et 4 fois plus cher au kilo que le café en grains. Comme nous l’avons détaillé dans notre récent comparatif Labo Maison, le prix par tasse constitue un facteur déterminant. Une capsule Nespresso Original revient en moyenne à 0,39 € par café, contre environ 0,12 € pour un café en grains utilisé dans une machine automatique avec broyeur. À raison de quatre cafés par jour, la facture annuelle dépasse 570 € avec des capsules, contre environ 180 € avec du café en grains. L’écart est significatif, même en tenant compte du prix d’achat plus élevé des machines automatiques.
Le recyclage de l’aluminium permet certes une économie de 95 % d’énergie et jusqu’à 7 tonnes d’équivalent CO₂ évitées par rapport à une production primaire. Mais il n’efface ni la multiplication des emballages, ni l’énergie liée à leur collecte, leur tri et leur refonte.
Le café en grains génère lui très peu de déchets : le marc de café produit par une machine automatique est biodégradable et compostable, et les sachets de 500 g ou 1 kg de grains vides sont peu nombreux.
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Une avancée utile, mais pas une révolution écologique
La généralisation du bac jaune marque une étape importante pour limiter l’impact des capsules de café en aluminium. Elle corrige une incohérence de longue date et facilite enfin un geste de tri attendu par les consommateurs.
Pour autant, le recyclage reste un pis-aller, pas une solution miracle. À l’heure où le prix du café, de l’énergie et des équipements ne cesse d’augmenter, la question du coût réel et de la sobriété des usages reste entière. Recycler mieux, oui, mais il faut aussi pense à consommer autrement…

Méthodologie : L’enquête IFOP pour l’ARCA a été menée auprès d’un échantillon de 1977 utilisateurs de capsules de café en aluminium, issus d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon principal a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 20 novembre au 9 décembre 2025.





