Brûlures chez des enfants, odeur chimique, enquête toujours en cours : deux mois après l’alerte, le point sur les risques réellement établis des squishy.

Deux jouets squishy, dont un éventré laissant couler du gel
Les squishy peuvent présenter des risques en cas de détérioration ou d’exposition à la chaleur. © Labo Maison

Ces petits jouets mous à presser, en forme de ravioli, de brioche ou d’animal, sont devenus des incontournables des cours de récréation. Depuis l’été, ils inquiètent pourtant de nombreux parents, entre un grave accident dans le Pas-de-Calais, des alertes à l’étranger et une mise en garde de la DGCCRF.

Les informations disponibles permettent aujourd’hui de distinguer trois risques bien différents : celui qui est établi, celui qui reste inexpliqué et celui qui a été en partie écarté.

Le risque établi : chauffer un squishy

C’est le danger le mieux documenté. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des squishy passés au micro-ondes pour les rendre plus mous. La chaleur fait monter la pression à l’intérieur du jouet, qui peut éclater et projeter un gel brûlant. Ce gel colle à la peau, ce qui prolonge la brûlure.

À Glasgow, un hôpital pédiatrique a pris en charge six enfants en huit mois pour des brûlures liées à cette pratique. Certains ont dû subir une greffe de peau.

Aux États-Unis, l’agence de sécurité des produits de consommation (CPSC) rappelle qu’un squishy ne doit jamais être chauffé. Elle signale aussi qu’un jouet oublié dans une voiture en plein soleil peut éclater.

Le risque inexpliqué : l’accident du Pas-de-Calais

Le 24 juillet 2026, un garçon de 8 ans a été brûlé au deuxième degré au visage et au thorax alors qu’il manipulait un jouet de type squishy, acheté dans une enseigne spécialisée à Arques. Rien n’indique que le jouet ait été chauffé. Selon sa mère, une greffe de peau était nécessaire.

Le parquet de Saint-Omer a ouvert une enquête pour blessures involontaires, et la DGCCRF a lancé des analyses. Elles doivent notamment déterminer si un défaut du produit est en cause. Au 12 octobre 2026, aucun résultat n’a été rendu public. À cette même date, aucun rappel concernant les squishy remplis de gel impliqués dans les signalements de brûlures n’a été identifié sur RappelConso.

Le 20 août, le sénateur du Pas-de-Calais Christopher Szczurek a interrogé le gouvernement. Il demande si le fabricant, l’importateur et le lot du jouet ont été identifiés, si d’autres accidents ont été recensés en France et si des contrôles nationaux sont prévus, en magasin comme en ligne. Sa question attend toujours une réponse.

Ce cas n’est pas isolé. Aux États-Unis, le magazine Consumer Reports a relevé des signalements de brûlures chimiques après l’éclatement de squishy. Ses tests ont révélé un gel acide dans l’un des jouets analysés. Les autorités américaines ont par ailleurs bloqué environ 356 000 contrefaçons à leurs frontières.

Le risque en partie écarté : l’odeur chimique

Certains squishy dégagent une forte odeur, proche de l’essence ou du white-spirit. Aux Pays-Bas, l’autorité de sécurité des produits (NVWA) a analysé 19 modèles. Elle a mesuré de faibles quantités de composés organiques volatils et estime que ces jouets ne présentent pas de risque sanitaire lié à l’inhalation de ces substances dans les conditions étudiées.

Cette conclusion porte sur les substances que le jouet libère dans l’air. Elle ne permet pas de conclure à l’absence de risque d’éclatement ou de brûlure. Elle ne concerne pas non plus le modèle rappelé au Royaume-Uni en juin, dont l’enveloppe contenait une quantité excessive de benzène.

Les précautions recommandées par la DGCCRF

En attendant les conclusions françaises, la DGCCRF recommande plusieurs précautions :

  • Ne jamais chauffer le jouet, ni l’exposer à une source de chaleur.
  • Ne pas donner ces jouets aux jeunes enfants, car ils ne leur conviennent pas, et vérifier l’âge indiqué sur l’emballage.
  • Contrôler l’absence de fissures à l’achat et cesser d’utiliser un squishy qui se détériore, même légèrement.
  • Ne pas utiliser un jouet qui sent anormalement le pétrole ou l’essence, et le signaler au vendeur ainsi que sur SignalConso.
  • Vérifier la présence du marquage CE et les avertissements de sécurité.

Le marquage CE reste une exigence minimale : c’est le fabricant lui-même qui l’appose pour attester de la conformité du produit, sans contrôle indépendant systématique.

Que faire en cas de brûlure ?

L’Assurance maladie recommande de refroidir rapidement la zone brûlée sous une eau tempérée, autour de 20 °C, pendant 20 minutes ou tant que la brûlure est douloureuse. Il faut éviter la glace, ne pas appliquer de produit sur la brûlure sans avis médical et interrompre le refroidissement si l’enfant se refroidit.

Appelez le 15 ou le 112 si la brûlure touche le visage, le cou ou les mains, ainsi que pour tout enfant de moins de 5 ans, quelle que soit la surface brûlée.

Si l’enfant présente une réaction cutanée après avoir joué avec un squishy, consultez un médecin.

Sources : DGCCRF — Jouets de type « Squishy et Sénat.