Des chercheurs français ont ajouté au robot Pepper une pseudo-respiration pour le rendre plus naturel aux yeux des humains. Cette innovation entend améliorer la qualité des interactions et ouvrir de nouvelles perspectives pour les robots domestiques.

Robot humanoïde Pepper / Pexels
Robot humanoïde Pepper / Pexels

Les humanoïdes savent déjà parler, reconnaître des visages, voire exprimer certaines émotions. Et désormais, d’après une recherche menée par des ingénieurs français, ils pourraient aussi donner l’impression de respirer. En effet, ces chercheurs ont développé un système de pseudo-respiration pour « Pepper », un robot social bien connu, afin d’étudier son influence sur les interactions avec les humains. Les résultats montrent que ce simple comportement biomimétique modifie sensiblement la manière dont les personnes perçoivent et utilisent le robot.

Une pseudo-respiration pour le robot Pepper

Le robot Pepper de SoftBank Robotics est conçu à l’origine pour communiquer avec les humains. Il est déjà capable de reconnaître certaines émotions, de dialoguer et d’interagir grâce à un ensemble de capteurs et de caméras. Malgré ces capacités, il reste facilement identifiable comme une machine, notamment parce qu’il ne présente aucun signe physiologique caractéristique des êtres vivants.

C’est précisément ce point qui a motivé les chercheurs de l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR), du CNRS et de Sorbonne Université. Leur idée consistait à intégrer une pseudo-respiration à ce robot en reproduisant de légers mouvements du thorax synchronisés avec un souffle sonore discret.

L’objectif n’était pas d’imiter parfaitement la respiration humaine, mais de créer un signal biologique subtil susceptible de renforcer la sensation de présence du robot. Les ingénieurs souhaitaient déterminer si ce simple détail pouvait rendre Pepper plus crédible, plus engageant et favoriser des interactions plus naturelles entre l’humain et la machine.

« Nous avons examiné si la respiration robotique simulée influence l’engagement envers un robot humanoïde et la perception de celui-ci », rapportent les auteurs de cette étude sur la respiration simulée des robots humanoïdes.

Une meilleure interaction entre robot et humain

Pendant cette expérience, les chercheurs ont mené une étude comportementale auprès de 75 participants. Chaque volontaire a interagi avec Pepper dans deux situations : une première où le robot simulait une respiration, puis une seconde où cette fonction a été désactivée.

Les scientifiques ont ensuite comparé différents indicateurs comme la durée des échanges, le temps passé à regarder le robot et les impressions recueillies après chaque interaction. Les résultats ont montré que la pseudo-respiration produit des effets mesurables. En effet, les participants regardaient davantage Pepper, échangeaient plus longtemps avec lui et le percevaient comme plus vivant et plus agréable à côtoyer.

Ce comportement biomimétique semble ainsi renforcer l’engagement des utilisateurs sans modifier les capacités conversationnelles du robot. Les auteurs de l’étude estiment que l’intégration de signaux physiologiques inspirés du vivant pourrait aider les gens à mieux accepter ces humanoïdes dans la vie quotidienne.

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Les applications potentielles

Cette technologie de pseudo-respiration pourrait trouver sa place dans de nombreux domaines où la relation humaine est essentielle. Des robots capables d’inspirer davantage de confiance pourraient en effet :

  • accompagner les personnes âgées,
  • assister les patients dans les établissements de santé,
  • soutenir les enfants dans des activités éducatives,
  • accueillir le public dans différents services.

Une interaction plus naturelle favoriserait leur acceptation par les utilisateurs.

Les robots humanoïdes en évolution continue

La robotique humanoïde progresse aujourd’hui à un rythme soutenu. Les chercheurs ne cherchent plus uniquement à améliorer les performances techniques des robots, mais aussi leur capacité à établir des relations sociales crédibles avec les humains. La pseudo-respiration de Pepper illustre cette nouvelle approche, qui consiste à reproduire certains comportements biologiques afin de renforcer la qualité des interactions.

Parallèlement, d’autres recherches scientifiques montrent que les robots peuvent désormais apprendre plus rapidement de nouveaux gestes grâce à des techniques d’imitation, parfois après un seul essai. Cette accélération du développement laisse entrevoir l’arrivée de robots domestiques toujours plus autonomes et expressifs, capables de s’intégrer naturellement dans notre quotidien.

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Sources : Springer Nature, Sciencepost