Recharger sa voiture électrique sur une borne publique peut coûter très cher. L'association Que Choisir Ensemble alerte sur des tarifs obscurs et des écarts de prix frôlant les 500% en France.

Voiture électrique branchée à une borne de recharge rapide Ionity sur une aire d'autoroute.
Sur le réseau autoroutier, les tarifs des bornes de recharge rapide peuvent faire le grand écart selon l’opérateur et le badge de paiement utilisé. © Labo Maison

Recharger sa voiture électrique sur une borne publique s’apparente souvent à la roulette russe tarifaire. Une récente étude menée par l’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) au mois d’avril 2026 met en lumière des écarts de prix vertigineux et une opacité déconcertante pour les utilisateurs.

Des variations de prix spectaculaires

L’enquête, réalisée sur 121 points de recharge en France, révèle des différences de facturation allant jusqu’à 490% pour une même borne. À Langres, par exemple, le coût oscille entre 0,30 euro/kWh et 1,78 euro/kWh selon le badge ou l’application mobile utilisés. L’impact financier pour les conducteurs est particulièrement marqué lors des déplacements :

  • Une recharge moyenne de 20 kWh coûte environ 10,80 euros sur une borne de 22 kW.
  • Ce même plein d’énergie peut grimper jusqu’à 35,60 euros selon l’opérateur.
  • À titre de comparaison, une recharge à domicile au tarif réglementé revient à seulement 3,80 euros.
Véhicule électrique en cours de recharge sur une borne murale installée à domicile.
Avec le tarif réglementé, la recharge à la maison reste la solution la plus économique, coûtant en moyenne dix fois moins cher qu’une borne publique. © Labo Maison

La fin du maquis tarifaire réclamée

Les usagers font face à des formules complexes où se mélangent allègrement prix au kilowattheure, frais fixes, facturation à la minute et frais de stationnement. Face à cette impossibilité de comparer les offres simplement, Que Choisir Ensemble exige plusieurs mesures immédiates de la part des pouvoirs publics :

  • Un affichage obligatoire, clair et harmonisé des tarifs
  • La généralisation du paiement direct par carte bancaire
  • La création d’un site public officiel recensant les prix pratiqués sur tout le réseau

Le défi des copropriétés et de la fiabilité

Outre les tarifs, l’association pointe du doigt les pannes récurrentes du réseau, particulièrement remarquées lors des récents ponts de mai, ainsi que de fortes disparités territoriales. L’habitat collectif reste d’ailleurs le grand oublié de la transition électrique. Si près de la moitié des Français résident en appartement, à peine 6% des immeubles avec parking disposent aujourd’hui de points de recharge. Le seul véritable motif de satisfaction reste la croissance globale du réseau, qui compte désormais environ 185 500 bornes accessibles au public en France.

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