Le constructeur automobile chinois BYD développe un robot capable de s’occuper presque entièrement de votre voiture électrique. Recharge de la batterie, contrôle de la pression et gonflage des pneus : tout pourrait bientôt être réalisé automatiquement, sans aucune intervention humaine.

La recharge des véhicules électriques pourrait bientôt devenir totalement automatisée. La firme BYD vient en effet de déposer un brevet décrivant un robot capable d’assurer plusieurs opérations d’entretien directement sur un véhicule stationné. L’objectif ? Simplifier la recharge et la maintenance de base tout en s’adaptant aux infrastructures existantes. Une approche qui pourrait transformer la gestion des flottes de véhicules électriques dans les années à venir.
Un brevet pour un robot de recharge entièrement autonome
Le numéro 1 mondial de la voiture électrique a effectivement déposé un brevet auprès de l’administration chinoise de la propriété intellectuelle pour un système robotisé capable d’assurer la recharge d’un VE sans intervention humaine. Concrètement, le robot interviendrait directement sur une voiture stationnée dans un emplacement compatible.
Grâce à différents capteurs et systèmes de positionnement, il serait capable d’identifier le port de recharge du véhicule, d’y connecter automatiquement le câble, puis de lancer la recharge. L’automobiliste n’aurait qu’à attendre donc.
L’ensemble du processus serait automatisé et contrôlé par un système de gestion en boucle fermée. Du positionnement du robot à la connexion du chargeur, chaque étape serait vérifiée et optimisée afin de garantir la précision et d’éviter les erreurs lors d’une utilisation sans surveillance.
Un système multifonction qui s’occupe aussi des pneus
La particularité de ce projet réside dans son approche multifonction. Le robot imaginé par BYD ne se limiterait pas à recharger la batterie. Il pourrait également effectuer certaines opérations d’entretien basiques.
Le système analyserait d’abord l’état du véhicule, notamment le niveau de batterie et la pression des pneus. Si une anomalie est détectée, le robot pourrait intervenir automatiquement.
Il serait ainsi capable de gonfler les pneus si leur pression est trop faible en utilisant un module dédié. Cette double fonctionnalité permettrait de centraliser plusieurs tâches d’entretien dans une seule opération automatisée.
Aucune modification matérielle à prévoir… le robot s’adapterait à la plupart des véhicules
L’un des points clés du brevet concerne la compatibilité avec les véhicules existants et en cours de production. Son robot ne nécessite aucune modification matérielle du véhicule, souligne la société BYD. Le système a été conçu pour fonctionner avec les ports de recharge standards déjà présents sur les voitures électriques.
Cette approche permettrait d’envisager un déploiement à grande échelle sans adapter les véhicules eux-mêmes. En pratique, le robot intégrerait plusieurs modules pour :
- La collecte d’informations sur l’état du véhicule ;
- Le contrôle de mouvement ;
- Le système de charge ;
- Le gonflage des pneus ;
- Le mécanisme de préhension permettant de manipuler les connecteurs.
Une solution au manque de main-d’œuvre dans le secteur
Ce type de robot pourrait également répondre à un problème croissant dans certains secteurs : le manque de main-d’œuvre pour la gestion et l’entretien des flottes de véhicules. Dans un dépôt de taxis, de véhicules partagés ou de voitures autonomes, un robot de ce type pourrait s’occuper successivement de plusieurs véhicules stationnés.
Des opérations de maintenance de base pourraient être réalisées automatiquement, sans intervention humaine. Un seul système pourrait ainsi traiter plusieurs dizaines de voitures par jour. Cela simplifierait fortement la gestion opérationnelle de grandes flottes électriques et réduirait les coûts d’entretien.
La recharge robotisée, un nouveau champ de bataille pour l’industrie automobile
Le projet de BYD s’inscrit dans une tendance plus large, qui est le développement rapide des systèmes de recharge robotisés.
Plusieurs acteurs explorent déjà des solutions similaires. Le constructeur chinois Li Auto a, par exemple, présenté un bras robotisé capable de connecter un chargeur en quelques fractions de seconde. De son côté, Huawei déploie également des systèmes de recharge automatisée dans certaines villes.
Dans un contexte où la Chine compte déjà des millions de bornes de recharge mais où certaines infrastructures restent difficiles à installer, notamment dans les parkings résidentiels, les robots mobiles pourraient offrir une alternative flexible.
Même si BYD n’a pour l’instant annoncé ni calendrier de production ni plan de déploiement, ce brevet montre que l’automatisation de l’entretien des véhicules électriques pourrait devenir l’un des prochains axes d’innovation majeurs du secteur.
Bref, cette technologie pourrait contribuer à accélérer la démocratisation des VE en France et en Europe. Notons que la recharge complète d’un véhicule constitue encore aujourd’hui une opération un peu contraignante. Elle nécessite quelques minutes à quelques heures selon la capacité de la batterie et la puissance de la borne employée (prise domestique, borne lente, borne accélérée, borne rapide ou borne ultra-rapide).
BYD travaille d’ailleurs sur le sujet avec ses bornes Flash Charging. Ces dernières sont capables de délivrer jusqu’à 1500 kW. De quoi permettre de remplir une batterie de voiture électrique de 10 à 97 % en 9 minutes chrono…
Sources : Interesting Engineering, Clubic, Frandroid









