Après la liquidation de Brandt, les marques vont faire leur retour en rayon dès l’automne 2026. Porté par Cafom et ses partenaires industriels, ce projet confirme toutefois un virage assumé vers une logique commerciale, loin d’une relance industrielle en France.

Brandt
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Deux semaines après la décision du tribunal des affaires économiques de Nanterre, le dossier Brandt entre dans une nouvelle phase. Si l’histoire industrielle du groupe s’est arrêtée en France, les marques, elles, s’apprêtent à renaître rapidement sur le marché.

Selon les informations de La Tribune et de France Bleu, les premiers produits pourraient sortir d’usine dès septembre, voire octobre 2026. « Les premiers produits des marques Brandt sortiront d’usine en septembre 2026 voire octobre », a déclaré Hervé Giaoui, le PDG du groupe Cafom au quotidien économique.

Un calendrier ambitieux porté par Cafom, distributeur désigné repreneur des actifs du groupe, qui entend accélérer la remise sur le marché des marques historiques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette.

Une relance rapide… mais externalisée

Pour concrétiser ce retour, Cafom s’appuie sur un partenariat industriel inédit. D’un côté, l’entreprise alsacienne Arpa doit assurer une partie de la production, notamment sur les plaques à induction. De l’autre, la jeune pousse bretonne EverEver viendra compléter le dispositif, avec au moins un lave-vaisselle développé en co-branding.

Pour en savoir plus, lire : Brandt : la start-up bretonne EverEver veut rallumer les fourneaux à Vendôme

Dans La Tribune, le PDG défend une stratégie pragmatique. L’objectif est clair : relancer rapidement les volumes et retrouver des débouchés commerciaux, notamment en Europe et en Asie. Le distributeur met en avant une offre « sincère, transparente et réaliste », tout en rappelant « je ne suis pas un industriel ».

Sa stratégie repose donc davantage sur une logique de partenariat que de reconstruction. Comme le souligne le dirigeant sur France Bleu Ici, Cafom se positionne comme un acteur commercial cherchant à sécuriser ses approvisionnements.

La fin d’un modèle industriel français

Cette stratégie confirme un point central du dossier : la reprise ne concerne ni les usines ni les sites historiques du Centre-Val de Loire. Les installations de production, notamment près d’Orléans et de Vendôme, restent exclues du périmètre.

Pour les territoires concernés, le constat est sans appel. La disparition de Brandt en tant qu’acteur industriel français est désormais actée. Près de 700 emplois ont été supprimés, mettant fin à l’un des derniers symboles de l’électroménager « made in France ».

Cette orientation avait déjà suscité des critiques lors de la procédure. Plusieurs offres concurrentes proposaient une relance industrielle, mais n’ont pas été retenues par le tribunal.

Une stratégie commerciale assumée

Avec un investissement d’environ 18,6 millions d’euros pour les actifs, complété par des garanties financières et des investissements industriels côté partenaires, Cafom mise sur une remise rapide sur le marché des produits.

Le groupe, qui réalise environ 460 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, dispose d’une solide assise financière. Il s’appuie également sur ses circuits de distribution existants, notamment via les enseignes But et Darty, pour écouler les futurs produits.

L’enjeu est désormais de redonner de la visibilité à des marques historiques, tout en les adaptant à un marché profondément transformé. Hervé Giaoui mise notamment beaucoup sur la notoriété internationale d’une marque comme De Dietrich.

Une renaissance sous conditions

Si le retour des produits est acté, plusieurs incertitudes demeurent. Le succès de cette relance dépendra notamment de la capacité de Cafom à structurer une offre cohérente, à reconstruire une image de marque et à s’imposer face à une concurrence internationale déjà bien installée. Et l’arrivée en France et en Europe de groupes chinois comme Dreame et Xiaomi dans le gros électroménager montrent que la bataille va être rude pour les acteurs européens.

Cette nouvelle phase marque en tout cas un tournant. Brandt ne disparaît pas totalement, mais change de nature. D’un acteur industriel français, la marque devient un portefeuille commercial relancé via des partenaires.

Un modèle qui illustre, une fois de plus, les difficultés à maintenir une production locale dans un secteur soumis à de fortes pressions économiques et concurrentielles.

Sources : La Tribune, France Bleu Ici