Le gouvernement britannique envisage de restreindre progressivement la vente des sèche-linge traditionnels pour favoriser des modèles plus économes en énergie, indique le site du quotidien The Daily Telegraph. Une mesure qui divise, entre objectif climatique et inquiétudes des consommateurs.
Le site du Daily Telegraph indique mercredi 29 avril que le gouvernement britannique prépare une évolution majeure du marché de l’électroménager. Dans le cadre de sa stratégie de neutralité carbone, Londres envisage effectivement de restreindre progressivement la vente des sèche-linge traditionnels, notamment les modèles à condensation et à évacuation, au profit de technologies jugées plus efficaces sur le plan énergétique.
Portée par le secrétaire à l’Énergie Ed Miliband, cette orientation s’inscrit dans une série de mesures déjà engagées pour réduire les émissions, comme la fin programmée des voitures thermiques ou encore les restrictions sur les chaudières à gaz dans les logements neufs. L’exécutif entend ainsi accélérer la transition vers des équipements domestiques moins énergivores.
Les sèche-linge à pompe à chaleur comme la solution
Au cœur de cette réforme, les sèche-linge à pompe à chaleur apparaissent comme la solution privilégiée. Contrairement aux modèles classiques qui chauffent l’air à haute température pour évacuer l’humidité, ces appareils fonctionnent en circuit fermé et à une température plus basse, autour de 50 °C. Ce fonctionnement permet de réduire la consommation d’énergie, mais implique également des cycles de séchage plus longs, parfois allongés d’une trentaine de minutes.
Le coût constitue un autre point de friction. Les modèles à pompe à chaleur sont en moyenne plus chers à l’achat, avec un écart d’environ 40 livres sterling, soit environ 46 €, et des appareils haut de gamme pouvant atteindre des tarifs bien plus élevés. Le gouvernement défend toutefois leur rentabilité sur le long terme, estimant que les économies d’énergie pourraient permettre de compenser cet investissement initial, avec des gains potentiels allant jusqu’à 910 livres sur vingt ans, soit 1053 €.
De vives critiques dans l’opposition
Cette perspective ne fait pas l’unanimité. La réforme suscite de vives critiques dans le débat politique britannique, certains responsables dénonçant une forme de contrainte imposée aux consommateurs au nom de la transition écologique. Au-delà de ces prises de position, les utilisateurs eux-mêmes expriment des réserves plus concrètes. Les temps de séchage prolongés peuvent s’avérer contraignants au quotidien, en particulier pour les familles, tandis que certains pointent des performances jugées inégales, avec un linge parfois perçu comme encore humide ou insuffisamment chaud en fin de cycle. Le niveau sonore de ces appareils est également régulièrement évoqué, certains utilisateurs le comparant à celui d’une unité de climatisation.
À ces critiques s’ajoutent des interrogations ponctuelles sur la fiabilité, alimentées par des alertes récentes concernant des défauts techniques sur certains modèles. Si les autorités assurent que les appareils respectent des normes de sécurité strictes, ces épisodes contribuent à nourrir les doutes d’une partie du public.
Une transition en cours
La réforme passerait par l’introduction de standards de performance plus exigeants, qui élimineraient progressivement du marché les modèles les moins efficaces. Les sèche-linge devraient répondre à des critères renforcés en matière d’efficacité énergétique, de consommation en veille, de performance de condensation et de niveau sonore, avec un étiquetage plus précis pour informer les consommateurs. Cette évolution rapprocherait le Royaume-Uni des règles déjà mises en place au sein de l’Union européenne.
Dans les faits, le marché a déjà amorcé sa mutation. Les sèche-linge à pompe à chaleur représentent aujourd’hui une large majorité des ventes, même si les modèles traditionnels conservent une place importante en raison de leur prix plus accessible et de leur rapidité d’utilisation.
En France, les sèche linge de ce type ont enregistré une croissance de 15,7 € en volume et de 8 % en valeur en 2025, selon des données NielsenIA/GFK pour le Gifam. 13 % des foyers possédaient un lave-linge à pompe à chaleur à fin 2023.
Avec cette réforme, le gouvernement britannique entend accélérer ce basculement. Reste à savoir si les consommateurs seront prêts à suivre, dans un contexte où les arbitrages entre écologie, budget et confort d’usage restent particulièrement sensibles.
Source : The Daily Telegraph









