La vente de SFR franchit une nouvelle étape. Bouygues Telecom, Orange et Free ont entamé des audits approfondis de l’opérateur de Patrick Drahi et se disent prêts à relever leur offre de rachat autour de 20 milliards d’euros, contre 17 milliards proposés à l’automne. Une montée aux enchères qui pourrait rebattre les cartes du marché français des télécoms, même si aucun accord n’est encore scellé.

Logos de Bouygues Telecom, Orange, Free et SFR illustrant les négociations de rachat de l’opérateur SFR par les trois concurrents
Bouygues Telecom, Orange et Free ont entamé une due diligence approfondie sur SFR après avoir indiqué à Patrick Drahi qu’ils étaient prêts à relever leur offre de rachat autour de 20 milliards d’euros.

La vente de SFR entre dans une phase décisive. Après le rejet de leur première proposition à l’automne, Bouygues Telecom, Orange et Free sont revenus à la table des négociations avec la volonté affichée de relever significativement leur offre de rachat, désormais évoquée autour de 20 milliards d’euros pour une large partie des activités télécoms françaises du groupe Altice. Patrick Drahi a, en contrepartie, ouvert les comptes et principaux contrats de SFR, permettant le lancement de vastes audits financiers, juridiques et fiscaux qui doivent précéder le dépôt d’une offre engageante et l’examen, au long cours, par l’Autorité de la concurrence.

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Les trois opérateurs reviennent à la charge

Bouygues Telecom, Orange et Free ont relancé leurs offensives sur SFR après plusieurs mois de flottement.

Selon plusieurs sources proches du dossier, les trois concurrents de l’opérateur au carré rouge ont indiqué à Patrick Drahi qu’ils étaient disposés à augmenter « substantiellement » le montant de leur première proposition, rejetée à l’automne.

En octobre, le consortium avait mis sur la table environ 17 milliards d’euros pour près de 80% des activités télécoms de SFR en France. Désormais, la valorisation évoquée tourne autour de 20 milliards d’euros, même si aucune nouvelle offre formelle n’a encore été transmise à Altice, la maison mère de SFR.

Due diligence en cours et calendrier serré

Ce signal a conduit Patrick Drahi à ouvrir plus largement les livres de SFR.

Bouygues Telecom, Orange et Free ont engagé, depuis le début du mois de janvier, une vaste phase de due diligence, au cours de laquelle ils analysent en détail les comptes, les contrats et les principaux engagements de l’opérateur.

L’objectif du trio est de finaliser ces audits dans les prochains mois, afin de pouvoir déposer une offre dite « engageante ».
Les groupes visent ensuite un dépôt du dossier auprès de l’Autorité de la concurrence d’ici la fin du premier trimestre, en sachant que l’instruction pourrait s’étaler sur au moins un an.

Un communiqué commun, mais aucune garantie d’accord
Face à la multiplication des rumeurs, Bouygues Telecom, Free (groupe Iliad) et Orange ont publié ce jeudi matin un communiqué conjoint.

Ils y confirment « l’existence de discussions avec le groupe Altice en vue de l’acquisition potentielle d’une grande partie des activités de télécommunications du groupe Altice en France » et reconnaissent que des travaux de due diligence sont en cours depuis le début de janvier.

Les trois opérateurs prennent toutefois soin de tempérer les attentes. Ils soulignent que ni les modalités juridiques ni les conditions financières de l’opération ne font l’objet d’un accord à ce stade et qu’il n’existe « aucune certitude » que ce processus débouche effectivement sur une transaction.

Drahi accélère les ventes d’actifs

En parallèle de ces discussions, Patrick Drahi poursuit sa stratégie de cessions ciblées pour alléger le bilan d’Altice.
L’homme d’affaires a notamment ouvert le processus de vente de XP Fibre, qui déploie le réseau très haut débit dans plusieurs milliers de communes et dont il espère tirer plusieurs milliards d’euros de liquidités.

D’autres actifs, comme Netco – l’infrastructure globale du réseau fibre – et SFR Business, la branche dédiée aux entreprises, sont également étudiés.

Ces deux périmètres intéressent directement les concurrents de SFR, en particulier SFR Business, que Free et Bouygues envisageraient de se partager dans l’hypothèse d’un accord global sur le rachat.

Quels enjeux pour le marché des télécoms ?

Une éventuelle reprise de la majorité des activités de SFR par un trio composé d’Orange, Bouygues Telecom et Free constituerait un tournant majeur pour le secteur.

Le projet pose des questions sensibles de concurrence, de partage des réseaux fixes et mobiles, ainsi que d’impact sur les offres et les prix pour les particuliers comme pour les entreprises.

Le dossier s’annonce d’autant plus politique que les opérateurs visent, en toile de fond, une finalisation avant l’élection présidentielle d’avril 2027.

Reste à savoir si les régulateurs et le pouvoir exécutif accepteront une restructuration d’une telle ampleur dans un marché déjà concentré autour de quatre grands acteurs.

Source : BFM Business.