COP, SCOP, EER, SEER… Derrière ces quatre sigles se cachent les principaux indicateurs permettant de comparer l’efficacité énergétique d’une climatisation ou d’une pompe à chaleur. Deux concernent le chauffage, deux le refroidissement. Mais tous ne sont pas aussi représentatifs d’un usage réel.
Lorsqu’on compare deux climatiseurs réversibles, regarder uniquement leur puissance ne suffit pas. Deux appareils capables de fournir la même quantité de froid ou de chaleur peuvent consommer des quantités d’électricité très différentes.
C’est précisément ce que permettent d’évaluer le COP, le SCOP, l’EER et le SEER.
COP : l’efficacité en chauffage à un instant donné
Le COP, pour Coefficient of Performance, concerne le fonctionnement d’une pompe à chaleur en mode chauffage. Son calcul est relativement simple :
COP = puissance thermique fournie / puissance électrique consommée
Un appareil affichant un COP de 4 peut donc, dans les conditions où cette valeur est mesurée, fournir 4 kW de chaleur en consommant 1 kW d’électricité.
Il ne faut toutefois pas interpréter ce chiffre comme une performance garantie en permanence. Le COP nominal d’une pompe à chaleur air/air est généralement mesuré dans des conditions normalisées, avec 7 °C à l’extérieur et 20 °C à l’intérieur.
Or, les performances d’une pompe à chaleur air/air évoluent fortement avec la météo. Lorsque la température extérieure diminue, il devient généralement plus difficile pour la machine de récupérer de la chaleur dans l’air et son efficacité baisse.
Le COP constitue donc une photographie de la performance à un point de fonctionnement donné plutôt qu’une estimation de la consommation pendant tout l’hiver.
SCOP : un indicateur beaucoup plus représentatif pour le chauffage
Le SCOP, ou Seasonal Coefficient of Performance, cherche justement à corriger cette limite. Il représente l’efficacité de la pompe à chaleur sur une saison de chauffage, en tenant compte de différents niveaux de température et de charge. La réglementation européenne le définit comme un coefficient de performance représentatif de l’ensemble de la saison de chauffe.
Un SCOP de 4 signifie ainsi que, dans le scénario normalisé utilisé pour calculer cette valeur, l’appareil restitue environ 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé sur l’ensemble de la saison.
Les mesures saisonnières prennent notamment en considération le fonctionnement à charge partielle ainsi que différentes consommations liées au fonctionnement de la machine. La norme EN 14825 sert de référence pour le calcul du SCOP et du SEER.
Pour comparer deux climatiseurs réversibles destinés à servir régulièrement de chauffage, le SCOP est donc généralement beaucoup plus pertinent que le COP.
EER : l’équivalent du COP pour la climatisation
L’EER, pour Energy Efficiency Ratio, repose sur la même logique que le COP, mais en mode refroidissement. Il compare la puissance frigorifique délivrée à la puissance électrique absorbée :
EER = puissance frigorifique / puissance électrique consommée
Avec un EER de 3,5, un appareil fournit par exemple l’équivalent de 3,5 kW de puissance frigorifique pour 1 kW d’électricité absorbée dans les conditions de mesure.
Comme le COP, l’EER correspond cependant à un point de fonctionnement précis. Il ne représente donc pas forcément les performances de l’appareil pendant tout un été.
C’est pour cette raison que les indicateurs saisonniers ont pris une place centrale dans l’étiquetage énergétique européen des climatiseurs.
SEER : le chiffre à regarder pour comparer deux climatiseurs
Le SEER, ou Seasonal Energy Efficiency Ratio, est l’équivalent du SCOP pour le refroidissement. La réglementation européenne le définit comme l’efficacité énergétique globale de l’appareil représentative de l’ensemble d’une saison de refroidissement.
Un climatiseur affichant un SEER de 7 est donc, dans les conditions normalisées, capable de fournir environ 7 kWh de refroidissement pour 1 kWh d’électricité consommé sur la saison.
L’intérêt du SEER est surtout de tenir compte du fait qu’un climatiseur moderne ne fonctionne pas constamment à pleine puissance. Les modèles équipés d’un compresseur Inverter modulent leur fonctionnement une grande partie du temps. Les essais saisonniers prennent donc en compte plusieurs conditions de charge, ce qui permet de mieux comparer leur efficacité globale.
Quels chiffres faut-il regarder avant d’acheter ?
Pour un climatiseur uniquement destiné à rafraîchir le logement, le SEER est l’indicateur le plus intéressant. Plus il est élevé, plus l’appareil est efficace énergétiquement dans le scénario normalisé.
Pour une climatisation réversible appelée à chauffer régulièrement le logement, il faut également examiner attentivement le SCOP.
Le COP et l’EER restent utiles pour connaître les performances dans certaines conditions précises, mais ils donnent une vision plus partielle.
On peut donc retenir simplement :
- COP : efficacité ponctuelle en chauffage
- SCOP : efficacité saisonnière en chauffage
- EER : efficacité ponctuelle en refroidissement
- SEER : efficacité saisonnière en refroidissement
Ces valeurs restent toutefois des résultats obtenus selon des protocoles normalisés. La consommation réelle dépendra aussi de la température extérieure, de l’isolation du logement, de la température demandée, du dimensionnement de l’installation et des habitudes d’utilisation. Un SEER ou un SCOP élevé permet donc surtout de comparer objectivement plusieurs appareils dans les mêmes conditions de référence, plutôt que de prédire exactement la future facture d’électricité.
