Les panneaux photovoltaïques peuvent être impliqués dans un incendie, mais les sinistres restent rares. Le danger vient surtout des connexions électriques, des défauts de pose et des composants endommagés.
Avec la multiplication des panneaux photovoltaïques sur les maisons, les incendies de toiture suscitent naturellement des inquiétudes. Chaque sinistre spectaculaire peut donner l’impression que ces installations représentent un risque majeur. La réalité est bien plus nuancée : si une défaillance reste possible, la présence de panneaux ne suffit pas à établir l’origine d’un incendie, qui peut tout aussi bien débuter dans les combles ou le tableau électrique.
Les statistiques confirment un risque très faible
Les données européennes convergent vers un risque extrêmement faible rapporté au nombre d’installations. Une étude publiée en 2024 par l’organisme néerlandais TNO a identifié 152 bâtiments équipés d’un système solaire parmi environ 10 000 incendies étudiés (soit moins de 2%), et la responsabilité des panneaux n’a pas toujours été prouvée.
De son côté, l’institut allemand Fraunhofer ISE a recensé sur vingt ans 350 incendies impliquant une installation, sur un parc de 1,3 million de systèmes. L’origine solaire n’a été confirmée que dans 120 cas, soit un taux critique d’environ 0,006%. Le développement du parc photovoltaïque augmente mécaniquement le nombre brut d’incidents, mais ne rend pas la technologie plus dangereuse.
Qu’est-ce qui provoque réellement un incendie solaire ?
Un panneau photovoltaïque en lui-même prend rarement feu. Les recherches du Fraunhofer pointent plutôt du doigt les éléments périphériques : les câbles, les connecteurs, les boîtiers et l’onduleur. Les deux causes principales sont les défaillances de composants et les erreurs d’installation.
Le véritable ennemi est l’arc électrique. Lorsqu’un branchement est mal serré, qu’un câble est pincé ou que deux connecteurs sont incompatibles, le courant peut franchir l’espace entre deux conducteurs. Cet arc produit une chaleur très intense capable d’enflammer les matériaux environnants. Ce phénomène est d’autant plus redouté qu’il peut survenir même si l’alimentation générale de la maison est coupée, tant que les panneaux reçoivent de la lumière.
L’installation RGE : une exigence de sécurité
La sécurité repose sur l’intégration globale du système au bâtiment. L’INRS rappelle que la pose de panneaux cumule les risques électriques et ceux liés au travail en toiture. Une fixation mal réalisée peut compromettre l’étanchéité, tandis qu’une pose « intégrée au bâti » (remplaçant les tuiles) exige une gestion complexe de la chaleur par rapport à une pose en « surimposition ».
Le recours à un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est indispensable. Ce dernier s’assurera de la compatibilité des éléments, du bon sertissage des connecteurs et de la ventilation adéquate de votre installation.
Entretien et signes d’alerte à surveiller
Une installation photovoltaïque est silencieuse, mais certains signaux exigent une inspection immédiate par un professionnel :
- Une baisse brutale et inexpliquée de la production électrique.
- Un onduleur affichant régulièrement des messages d’erreur.
- Une odeur de plastique chauffé ou de brûlé.
- L’apparition de traces brunes sur un coffret électrique.
- Des dommages visibles depuis le sol (verre cassé, câble pendant).💡 Encadré à intégrer sur Labo Maison : Les bons réflexes sécurité
* À l’installation : Exigez le devis détaillé (cheminement des câbles, emplacement de l’onduleur) et vérifiez l’assurance décennale de l’artisan.
* Ventilation : L’onduleur doit être fixé dans un espace dégagé. Ne stockez jamais de cartons ou de produits inflammables autour de lui.
* Après un aléa climatique : Faites contrôler votre système après une forte tempête, de la grêle ou des vents violents, même si aucun dégât n’est visible.
* En cas d’urgence : Si vous percevez de la fumée ou des crépitements, coupez le courant si possible, éloignez-vous, n’arrosez surtout pas l’installation et appelez les secours.
Vers des technologies toujours plus sûres
L’industrie solaire améliore continuellement la sécurité de ses équipements. Si le risque zéro n’existe pas, l’arrivée sur le marché des micro-onduleurs (placés directement sous chaque panneau) et des optimiseurs de puissance permet aujourd’hui de couper automatiquement la tension continue en cas de défaillance, réduisant ainsi drastiquement les risques de formation d’arcs électriques. Une installation bien conçue et entretenue reste un investissement sûr pour votre maison.
Sources : INRS et Institut Fraunhofer ISE.

