Des expériences en laboratoire montrent qu’un groupe sanguin attire nettement plus les moustiques que les autres, avec presque deux fois plus de “landings” que le groupe A.
Quand on a l’impression de servir de buffet à moustiques pendant que ses proches sont presque épargnés, on pense d’abord à la “poisse” ou à un “sang plus sucré”. En réalité, la science montre que certains profils biologiques sont effectivement plus attractifs que d’autres, et parmi eux, le groupe sanguin joue un rôle mesurable. Dans plusieurs expériences contrôlées, des moustiques ont atterri et piqué nettement plus souvent des volontaires d’un groupe sanguin précis, en particulier par rapport au groupe A.
Dans cet article, on revient sur ce que disent vraiment les études : de quelles expériences on parle, quel groupe sanguin est le plus ciblé, et pourquoi ce critère reste un facteur parmi d’autres – CO₂, chaleur, sueur et odeurs de peau – dans l’attractivité globale d’une personne pour les moustiques.
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Ce que montrent les expériences sur les groupes sanguins
Les travaux les plus cités sont des tests de “landing” menés en laboratoire, où l’on observe sur quel bras ou quelle zone de peau les moustiques viennent se poser en priorité. Dans une étude réalisée sur le moustique tigre (Aedes albopictus), les chercheurs ont comparé les atterrissages sur des volontaires de différents groupes sanguins : O, A, B et AB. Ils ont constaté que les sujets de groupe O attiraient davantage de moustiques que les autres, avec une différence particulièrement marquée par rapport au groupe A.
Dans ces essais, les moustiques n’étaient pas lâchés au hasard dans une pièce : ils étaient mis en présence de plusieurs volontaires en même temps, ce qui permettait de mesurer la préférence relative. Résultat : les moustiques se posaient en moyenne presque deux fois plus souvent sur des individus de groupe O que sur ceux de groupe A, les groupes B et AB se situant entre les deux. Ce décalage ne signifie pas que les groupes A ou AB ne seront jamais piqués, mais qu’à nombre de moustiques égaux, le “profil O” est plus souvent choisi dans ces conditions expérimentales.
Pourquoi le groupe O se démarque
Les moustiques ne “lisent” pas le groupe sanguin directement dans les veines, mais réagissent à des signaux chimiques présents à la surface de la peau et dans les fluides. Une grande partie de la population sécrète en permanence des antigènes liés à son groupe sanguin dans la salive, la sueur et d’autres sécrétions, ce qui permet aux moustiques de capter ces marqueurs à distance très proche.
Chez les personnes de groupe O qui sont “sécréteurs”, les tests montrent que les moustiques se posent beaucoup plus fréquemment. Dans certaines expériences, les chercheurs ont même appliqué sur la peau des substances imitant les antigènes des différents groupes sanguins, et observé que les moustiques étaient davantage attirés par les signaux correspondant au groupe O que par ceux du groupe A. L’hypothèse la plus probable est que le mélange de sucres et de composés présents à la surface de la peau pour ce groupe sanguin produit une signature chimique particulièrement intéressante pour ces insectes.
Un facteur parmi d’autres, pas une fatalité
Même si les résultats sont clairs sur la préférence relative pour le groupe O dans certaines expériences, le groupe sanguin ne suffit pas à lui seul à expliquer toutes les piqûres. Les moustiques s’orientent d’abord grâce au gaz carbonique (CO₂) que l’on expire, qu’ils détectent à distance. Plus près, la chaleur corporelle, l’humidité et les odeurs de peau – notamment liées à la sueur et aux bactéries cutanées – jouent un rôle majeur.
Autrement dit, deux personnes du même groupe sanguin ne seront pas forcément piquées de la même manière si l’une vient de faire un effort intense, porte des vêtements sombres et transpire davantage, tandis que l’autre est au repos, habillée clair et moins chaude. Le groupe sanguin agit comme un “biais” supplémentaire en faveur de certains profils, mais il coexiste avec d’autres paramètres comme le métabolisme, la température, les habitudes (sport, alcool, alimentation) et même la composition du microbiote de la peau.
Source : academic.oup.
