Deux ans après VERO, le robot quadrupède conçu pour aspirer les mégots, des chercheurs italiens présentent BinWalker. Équipé d’un bras et d’un bac, il peut désormais ramasser et transporter des déchets plus volumineux.

Robot quadrupède avec bras articulé ramassant un déchet sur une promenade côtière
Un robot quadrupède équipé d’un bras saisit un déchet sur le front de mer.

En 2024, des chercheurs de l’Institut italien de technologie avaient dévoilé VERO, un étonnant chien robot équipé de quatre buses d’aspiration. Installées au niveau de ses pattes, elles lui permettaient de récupérer des mégots sur une plage, dans un parc ou sur d’autres terrains difficiles d’accès.

Deux ans plus tard, une partie de cette équipe revient avec un robot plus ambitieux. Baptisé BinWalker, ce nouveau quadrupède ne se contente plus d’aspirer de petits déchets. Il peut également repérer un objet, le saisir avec un bras robotisé et le placer dans un bac transporté sur son dos.

Les travaux ont été présentés dans une étude publiée le 11 mars 2026 par des chercheurs de l’Institut italien de technologie. Leur objectif reste le même : automatiser une partie du ramassage des déchets dans les espaces où les machines équipées de roues rencontrent rapidement leurs limites.

Un bras robotisé pour ramasser les déchets

Le principal changement se trouve sur le dos du robot. BinWalker associe la mobilité d’un chien robot à un bras articulé terminé par une pince. Un compartiment lui permet également de transporter les objets qu’il collecte.

Le robot peut ainsi se déplacer jusqu’à un déchet, positionner son bras, le saisir, puis le déposer dans son propre bac. Cette configuration lui permet de s’attaquer à des objets plus volumineux que les mégots visés par VERO, comme des bouteilles, des canettes ou certains emballages abandonnés.

Une fois son compartiment rempli, BinWalker peut également déposer les déchets dans une poubelle. Il ne s’agit donc plus seulement d’un aspirateur mobile, mais d’une plateforme capable d’enchaîner plusieurs étapes : détecter, approcher, saisir, stocker et décharger.

Il peut circuler sur des terrains difficiles

Les robots de nettoyage traditionnels fonctionnent généralement mieux sur des surfaces planes et régulières. Le sable, les chemins, les bordures, les herbes hautes ou les terrains accidentés peuvent rapidement bloquer leurs roues.

BinWalker utilise au contraire quatre pattes. Cette architecture doit lui permettre de conserver son équilibre et de franchir des obstacles tout en transportant son bras et son bac à déchets.

Les chercheurs visent notamment les espaces côtiers, les parcs, les accotements routiers et les zones naturelles. Ces endroits sont encore largement nettoyés manuellement, une opération longue et physiquement éprouvante lorsqu’il faut parcourir de grandes surfaces.

Une évolution du robot VERO présenté en 2024

BinWalker s’inscrit dans la continuité de VERO, même s’il ne reprend pas exactement son système de nettoyage.

VERO, pour « Vacuum-cleaner Equipped Robot », utilisait ses propres pattes comme outils. Lorsqu’une caméra repérait un mégot, le robot plaçait l’une de ses buses à proximité avant de l’aspirer. Les chercheurs avaient obtenu un taux de collecte proche de 90 % pendant leurs essais.

Cette solution restait toutefois adaptée aux déchets petits et légers. Une buse d’aspiration ne peut pas facilement récupérer une bouteille ou un emballage encombrant. En ajoutant une pince, BinWalker élargit donc considérablement la variété des objets pouvant être ramassés.

L’étude consacrée à VERO a été publiée en 2024 dans le Journal of Field Robotics.

BinWalker reste encore un prototype

Malgré ses capacités prometteuses, BinWalker ne doit pas être confondu avec un robot de nettoyage prêt à être déployé sur toutes les plages.

Les chercheurs présentent avant tout une plateforme expérimentale destinée à démontrer qu’un robot quadrupède peut réunir la perception, la marche et la manipulation d’objets dans un environnement extérieur. Les essais montrent la faisabilité du concept, mais une utilisation à grande échelle nécessiterait encore d’améliorer sa vitesse, son autonomie, sa fiabilité et sa capacité à reconnaître une grande diversité de déchets.

Son coût pourrait également limiter son intérêt face à des machines plus simples ou au ramassage manuel. L’utilisation d’un robot à quatre pattes et d’un bras articulé représente une architecture bien plus complexe qu’une balayeuse classique.

BinWalker montre néanmoins le chemin parcouru en seulement deux ans. Après le chien robot qui aspirait les mégots avec ses pattes, les chercheurs disposent désormais d’une machine capable de ramasser ses déchets et de transporter elle-même sa poubelle.