Pendant très longtemps, Amazon a dominé le marché des assistants vocaux avec Alexa. a fini par se reposer sur ses lauriers. ChatGPT, Gemini ou encore Claude ont mis la barre très haut alors qu'Alexa est figée dans le temps avec ses commandes basiques. Alexa+ est présentée comme la solution IA d'Amazon pour rattraper son retard. Mais est-ce que ce sera suffisant ?
Alexa+ est la nouvelle version de l’assistant vocal d’Amazon. Le but est simple comme bonjour : booster les commandes et la contextualisation grâce à l’IA. L’entreprise mise pour cela sur sa nouvelle gamme d’appareils Echo et sur le rachat de la jeune pousse Bee. Car nous ne sommes plus en 2014 à l’époque où demander la météo ou lancer une playlist à la voix était révolutionnaire.
Alexa, un assistant vocal resté figé dans le temps
Alors que la concurrence a progressé, Alexa n’a guère évolué. L’assistant vocal est dans des millions de foyers, mais ses commandes restent très basiques. C’est pourtant dès 2023 qu’Amazon a promis une version boostée à l’IA d’Alexa avant de repousser la date à 2024. Mais à chaque fois, le lancement a été retardé.
Selon le Washington Post, les testeurs ont rapporté des réponses lentes, rigides et souvent inexactes. L’application Alexa pour piloter la maison connectée était même bourrée de bugs, avec une interface d’un autre temps. Pendant qu’Amazon tergiversait, la concurrence a pris une longueur d’avance. Google propose Gemini dans la plupart de ses produits et OpenAI s’est imposé dans le domaine de l’IA générative grâce à ChatGPT.
Alexa+ constitue donc la tentative de rattrapage d’Amazon. Une version boostée à l’IA présentée en février 2025. Désormais, l’assistant vocal est capable de mener des conversations fluides sans être interpellé à chaque fois. Il lui est même possible de garder le contexte en tête et de gérer les requêtes complexes.
Alexa+ peut aussi planifier des événements, créer des routines contextuelles, gérer des documents personnels, résumer des e-mails, etc. L’assistant vocal apprend selon les préférences de l’utilisateur comme ses allergies alimentaires, ses habitudes ou ses contacts réguliers pour personnaliser les réponses.
Alexa+ est une réponse trop tardive d’Amazon
Sauf que voilà, Alexa+ arrive près de deux ans après la concurrence. Son déploiement en France est aussi très limité puisque seuls quelques utilisateurs ont accès à la version bêta. Pourtant, en parallèle, ChatGPT, Gemini et Claude sont disponibles pour tous avec des versions gratuites qui suffisent largement.
Et c’est là aussi qu’Amazon a du retard puisque Alexa+ est payant à 19,99 euros par mois. Les abonnés Prime y ont accès gratuitement. Amazon ne compte donc pas jouer la carte du prix agressif pour rattraper son retard.
Une nouvelle gamme Echo pour accompagner Alexa+
Pour incarner Alexa+, Amazon a dévoilé sa gamme d’appareils Echo totalement repensée. Les Echo Show 8 et Echo Show 11 ont un design plus moderne avec des écrans à cristaux liquides, une caméra de 13 mégapixels et des haut-parleurs nouvelle génération.

Sous le capot, on trouve les puces AZ3 et AZ3 Pro conçues par Amazon avec leur technologie Omnisense. Une plateforme de capteurs qui combine caméras, ultrasons, radars Wi-Fi et accéléromètres pour permettre à Alexa d’interagir de manière contextuelle avec l’environnement. L’assistant peut envoyer des rappels personnalisés selon la personne dans la pièce ou alerter à propos d’événements à venir.

L’Echo Dot Max et le nouvel Echo Studio complètent la gamme avec un son amélioré et la possibilité de créer une installation cinéma maison, avec jusqu’à cinq appareils connectés à une Fire TV. Amazon mise aussi sur l’intégration avec Fire TV et Alexa+ pour proposer une expérience cohérente entre télévision et maison connectée.

Le hic, c’est qu’en France, ces appareils « prêts pour Alexa+ » n’ont toujours pas accès à cette version boostée à l’IA. En gros, les consommateurs achètent du matériel pensé pour des fonctionnalités qui arriveront « plus tard ». Bref, un pari risqué.

Amazon s’étend au-delà du foyer avec le rachat de Bee
Bien conscient de son retard, Amazon a racheté Bee, une jeune pousse spécialisée dans les objets connectés portables boostés à l’IA. C’est lors du CES 2026 que cette acquisition a été dévoilée. Bee propose un bracelet à 50 dollars capable d’enregistrer les conversations de l’utilisateur tout au long de la journée. L’appareil transcrit, segmente et résume automatiquement les échanges pour générer des listes de tâches, des rappels ou des synthèses de réunion.

Bee a donc été pensé dès le départ pour la mobilité, contrairement aux précédentes tentatives d’Amazon dans le domaine, comme les écouteurs Alexa ou les lunettes connectées. La complémentarité est donc évidente : Alexa+ comprend l’intérieur du foyer, Bee s’occupe de l’extérieur.
Maria de Lourdes Zollo, cofondatrice de Bee, résume la stratégie : « Bee a la compréhension de ce qui se passe hors de la maison. Alexa a la compréhension de ce qui se passe à l’intérieur. Bien sûr, il y a un avenir où ces deux approches se rejoindront. » Amazon prévoit d’enrichir Bee en 2026 avec de nouvelles fonctionnalités comme les notes vocales, les modèles de résumés et les analyses quotidiennes.
Le rachat de Bee et le lancement d’Alexa+ montrent la nouvelle stratégie pour Amazon. Un assistant vocal qui vous suit partout accumule des données sur vos habitudes, vos conversations et vos préférences pour organiser votre maison en conséquence.
Ce que cela change pour la maison connectée
Pour la maison connectée, cela veut donc dire que l’IA peut saisir des requêtes complexes, résumer des événements détectés par les caméras Ring, afficher des moments pertinents sur l’écran d’un Echo Show et même répondre à la sonnette à votre place.

Les routines pourront être créées à la voix, plus besoin de lancer l’application pour configurer une automatisation. Une simple phrase comme « tous les matins à 7 heures, allume la cafetière et monte progressivement les lumières » suffit.
Le contrôle domotique sera aussi amélioré puisque Matter, Thread ou Zigbee sont intégrés au nouvel Echo Show. Alexa+ gérera donc les commandes multiples pour piloter plusieurs appareils en une seule phrase. Et rappelons qu’une maison connectée augmente la valeur d’un bien à l’achat ou au locatif, c’est donc une bonne nouvelle pour les propriétaires.
Alors Amazon a-t-il attendu trop longtemps ? Selon Consumer Reports, l’application Alexa reste « très en retard » sur la concurrence. Les contrôles domotiques sont buggés et l’interface est trop lente. Les utilisateurs ont migré vers d’autres écosystèmes et ne reviendront pas si facilement.
Le modèle économique pose aussi question. Que l’accès à Alexa+ soit gratuit pour les abonnés Prime revient à subventionner le service. Amazon espère que l’assistant vocal boosté à l’IA poussera plus de clients à souscrire à Prime pour les faire entrer dans son circuit fermé.
Quant à Bee, la prudence est de mise. Des objets connectés portables ont déjà tenté l’aventure avant d’échouer. L’AI Pin de Humane et le Rabbit R1 en sont les parfaits exemples.
Amazon joue son avenir avec Alexa+
Amazon joue donc très gros avec Alexa+. Suite à des années de stagnation, l’entreprise tente de rattraper un retard trop important face à Google, Anthropic et OpenAI. La nouvelle gamme Echo et le rachat de Bee montrent son envie de reprendre le trône, mais le chemin sera long.
Alexa+ doit encore faire ses preuves, notamment face aux hallucinations typiques des gros modèles de langage. Il faut aussi que l’application soit entièrement revue. Pour le moment, Alexa+ est donc une mise à niveau tardive. Amazon se contente de rattraper la concurrence, mais sans la dépasser.
Sources : Tech Crunch, Frandroid, Consumer Reports




