Un acteur refait surface dans la bataille pour les actifs de Brandt. Le groupe familial Gladius, basé à Bordeaux et actif en électroménager depuis 2024, affirme vouloir préserver et relancer les marques Brandt, Sauter, De Dietrich et Vedette. Mais son projet, centré d’abord sur le service après-vente et la logistique, n’inclurait qu’une reprise limitée des emplois, de quoi alimenter la défiance d’une partie des ex-salariés.
Les offres de reprise autour de Brandt se multiplient depuis la liquidation du groupe, et le dossier est devenu hautement symbolique dans le paysage industriel français. Une trentaine d’offres ont été déposées au tribunal, la plupart concentrées sur les marques, les stocks et parfois l’immobilier, sans véritable projet industriel adossé aux sites historiques.
Dans ce contexte, Gladius refait surface. L’entreprise, décrite comme un groupe familial français, s’était déjà positionnée lors du redressement judiciaire avant de se désister, un épisode resté dans les mémoires du côté des salariés.
Un groupe discret, mais déjà implanté dans l’électroménager
Peu connu du grand public, Gladius met en avant un chiffre d’affaires de 171 millions d’euros en 2024 et une base historique en Nouvelle-Calédonie, où il distribue Toyota depuis des décennies. Son entrée récente dans l’électroménager remonte au rachat, en 2024, d’une société bordelaise (CFEE) exploitant des marques comme Westpoint, ainsi que des labels italiens Ocean et San Giorgio, commercialisés à l’international.
L’argument central de Gladius est celui d’un savoir-faire “opérationnel” : gestion de marques, logistique internationale, structuration d’un service après-vente, et capacité à distribuer à grande échelle. Le groupe assure pouvoir financer l’opération sans recourir à des fonds publics et insiste sur un actionnariat qui resterait familial.
Une offre focalisée sur la continuité : pièces, garanties, service après-vente
Dans son projet, Gladius affiche une priorité immédiate : sécuriser la disponibilité des pièces et la continuité du service après-vente pour les clients déjà équipés. Le dirigeant promet un SAV rapidement opérationnel, des garanties honorées et des partenaires “rassurés”.
Sur la relance produit, la stratégie avancée est progressive : redémarrer d’abord via des usines partenaires à l’international, certaines ayant déjà travaillé pour Brandt, avant d’envisager, à moyen terme, la construction d’un outil industriel en France. Le groupe estime qu’il serait plus pertinent d’investir dans une usine neuve que de rénover les sites existants.
Le point de tension : une reprise d’emplois très limitée
C’est là que le dossier se crispe. D’après les éléments rapportés par La Tribune et Le Parisien, Gladius ne prévoirait de reprendre qu’environ 50 personnes, principalement sur le périmètre du service après-vente, soit une fraction des effectifs concernés par la fermeture des sites historiques.
Cette approche le distingue d’autres candidats qui affichent, eux, des intentions plus “industrielles” ou territoriales, en intégrant davantage d’emplois ou en promettant une relance localisée. Mais elle nourrit aussi un ressentiment fort : pour plusieurs ex-salariés, l’annonce arrive trop tard et ressemble à une reprise opportuniste des marques, sans réelle prise en compte du choc social subi à Vendôme et à Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Un dossier éminemment politique, une décision attendue au tribunal
Au-delà des chiffres, l’avenir de Brandt est devenu un sujet de débat public, entre attachement aux marques françaises historiques, pression des territoires, et arbitrage entre sauvegarde d’actifs et projet industriel. Gladius, de son côté, dit vouloir “redéployer” Brandt, Sauter, De Dietrich et Vedette en France et à l’international, et multiplie les échanges avec élus et représentants locaux pour défendre sa candidature.
Reste l’essentiel : l’arbitrage du tribunal, qui devra trancher entre des offres très différentes — certaines centrées sur les marques et la logistique, d’autres davantage tournées vers la relance industrielle et l’emploi.
Sources : La Tribune, Le Parisien
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