Avec ce Z50 Ultra, Mova change son fusil d’épaule pour le lavage des sols. Adieu patins rotatifs et pas question de miser sur une serpillère vibrante non plus. Place donc au rouleau ! Une technique qui a déjà fait ses preuves chez Ecovacs par exemple. À la clé, un robot capable de frotter le sol avec une belle énergie et surtout, une certaine aptitude à rester propre en toute circonstances. Pour cela, il a une astuce : il lave son rouleau en permanence et s’appuie sur un capteur de saleté pour vérifier que celui-ci n’est pas trop encrassé et reste efficace. Cela suffit-il pour faire du Mova Z50 ultra le robot aspirateur ultime ? C’est ce que nous avons souhaité vérifier après deux semaines de tests.
Cartographie et navigation : un robot agile et prévoyant
Pour se déplacer dans la maison, le Z50 Ultra se repose sur plusieurs techniques. On retrouve sur son capot, un traditionnel LiDAR (télémètre laser) qui lui permet de cartographier son environnement. À l’avant, c’est une caméra binoculaire qui prend place dans le pare-chocs. Associée à une petite dose d’intelligence artificielle, elle confère au robot la possibilité de détecter et d’identifier les obstacles qui se dressent sur son chemin. L’appareil peut ainsi reconnaître 160 objets différents mais aussi des animaux domestiques afin de les contourner lors de ses déplacements. Et cela fonctionne plutôt bien.

Durant nos tests, il a correctement esquivé le câble USB serpentant au sol en en faisant soigneusement le tour à bonne distance (15 cm). Idem avec la balle de tennis, la boîte d’allumettes et l’étui d’écouteurs. Quant au bouchon de bouteille, après quelques secondes de réflexion, il a estimé qu’il ne représentait pas un danger et il a finalement roulé dessus. Il ne l’a toutefois pas aspiré mais l’a éjecté un bon mètre plus loin.

Le Z50 Ultra n’entre pas dans la catégorie des robots francs-tireurs. Il s’approche des obstacles en douceur, ne heurte ni les murs ni les portes ou encore les pieds de meubles. C’est appréciable. En revanche, ce n’est pas un cascadeur. Il n’a pas réussi à franchir les 2 cm du pied de notre fauteuil traîneau.
Quant à la carte du logis qu’il établit, nous l’avons trouvée très fidèle à la réalité. La délimitation des pièces est respectée sans écarts de distance. Chaque espace est correctement nommé automatiquement.

Aspiration : une puissance maîtrisée
19 000 Pa. C’est la puissance d’aspiration affichée par ce Z50 Ultra. Une capacité dans la moyenne des modèles haut de gamme actuels même si la tendance se situe aujourd’hui au-dessus des 20 000 Pa. Peu importe puisqu’il faut encore que ce moteur puissant soit bien maîtrisé et épaulé dans son office par des brosses performantes pour se montrer vraiment efficace. Et c’est bien le cas ici.
Très efficace sur sols durs
Sur sols durs, l’appareil se débrouille très bien. Cheveux longs et poils d’animaux sont collectés en un seul passage de même que les miettes, et les débris plus gros comme des coquillettes (crues), les grains de riz ou de semoule. Le seul pépin que nous avons rencontré concerne les amas de poils, cheveux et poussière un peu volumineux. L’IA du Z50 Ultra s’emmêle un peu les pinceaux, peut les confondre avec un morceau de tissu… et du coup les contourner. S’ils ne sont pas éjectés trop loin par le souffle du moteur du robot et qu’ils se désagrègent au passage, ils seront alors aspirés sans problème.

À l’aise sur tapis et moquettes
Lorsqu’il grimpe sur un tapis ou qu’il s’attaque à une pièce moquettée, le Z50 Ultra fait grimper sa puissance d’aspiration. Il parvient alors à déloger les petits débris et autres poils d’animaux pris au piège des fibres. Deux passages sont parfois nécessaires pour venir à bout des cheveux bien accrochés. Mais le résultat est à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un appareil de cette catégorie.
Une brossette latérale efficace
Comme tous ses congénères, le Z50 Ultra se dote d’une brossette latérale extensible pour rapatrier vers son ventre les déchets nichés dans les coins et le long des murs. Celle-ci se montre très efficace. Sa vitesse de rotation est bien dosée et s’adapte au degré de saleté du sol. Une bonne solution qui évite d’éjecter au loin les gros débris comme des grains de litière agglomérés. Nous avons par ailleurs apprécié la possibilité de la mettre en œuvre également sur moquette. Une option absente sur les derniers modèles de Roborock par exemple et qui permet pourtant de bien nettoyer le long des murs également sur ces surfaces.

Une raclette contre-productive
C’est le principal point noir de ce Z50 Ultra. Mova a fixé sous le châssis, près de la roue droite, une sorte de raclette en silicone de 7 cm de long. Elle touche presque systématiquement le sol lorsque le robot se déplace. Son but ? Difficile à déterminer. Elle semble là avant tout pour récupérer par ricochet les débris envoyés par la brossette latérale placée sur le flanc opposé.

Mais surtout, elle dessert l’appareil dans ses déplacements. En présence de tapis légers, le robot sera systématiquement embourbé puisque cette petite raclette emporte tout sur son passage. Sans parler du bruit. Sur notre tapis coco, le Z50 ultra passe difficilement inaperçu. Un bruit qui vient s’ajouter à celui émis par le moteur qui n’est pas des plus discrets. Nous avons ainsi mesuré 61 dB à 1,5 m de distance avec le mode d’aspiration Standard. Et ça grimpe à 64 dB en mode Turbo pour atteindre 73 dB en mode Max (sur moquette). On a vu plus silencieux.

Lavage des sols : un expert à un détail près
Sur le papier, le Z50 Ultra devrait exceller dans le lavage des sols. Mova a semble-t-il bien travaillé sa technique en dotant l’appareil non pas de patins rotatifs ou d’une serpillère vibrante mais d’un rouleau. Mais pas comme les autres. Il s’agit plus d’une bande tournante en contact permanent avec le sol. Celle-ci exerce une pression au sol de 18 Newtons (soit environ 1,8 kg). Elle est constamment rincée grâce à une douzaine de buses placées au-dessus. Celles-ci pulvérisent de l’eau chauffée à 36°C. L’eau sale est récupérée dans un réservoir amovible placé à l’arrière de l’appareil.

Par ailleurs, une brosse constituée de lames de caoutchouc frotte la serpillère sur toute sa longueur pour la débarrasser des saletés qui peuvent s’y accumuler. Enfin, un capteur placé au-dessus du rouleau vérifie en permanence son niveau d’encrassement. Si la serpillère est jugée trop sale, le robot retourne à sa station pour la nettoyer. Pas besoin d’attendre qu’un cycle (temps ou surface couverte) soit terminé. Ainsi armé, le Z50 Ultra s’annonce comme un très bon candidat pour entretenir parquet, lino et carrelage.

Très efficace sur les taches fraîches
Premier constat avec les tâches fraîches comme du café ou de la sauce, la technique se révèle redoutablement efficace. En un passage le Z50 Ultra parvient à nettoyer 98 % de la tache sans maculer le reste du sol. Un second passage termine le travail avec brio. C’est une réussite et bien plus efficace qu’avec des patins rotatifs qui ont tendance à étaler ces types de liquide.


Sur les taches sèches, le Z50 Ultra s’en sort aussi assez aisément. Deux passages sont là encore nécessaires pour obtenir un résultat impeccable.
Avec des traces plus incrustées, c’est plus délicat. La serpillère semble trop douce pour en venir à bout rapidement. Ici trois passages parviennent à délivrer un résultat correct.
Des coins inaccessibles
C’est là où le bât blesse sur ce Z50 Ultra. Le robot se dote d’un simple tampon rotatif sur son flanc droit pour atteindre les côtés. Celui-ci n’est pas extensible mais fixe. Aussi, si le robot parvient à longer correctement les murs, il ne peut jamais atteindre les coins. Par ailleurs, lors de ses déplacements le long des meubles, les virages se révèlent trop larges pour nettoyer convenablement les angles. Bref, les coins représentent le gros point faible du Z50 Ultra pendant le lavage.

Gare à ne pas tremper les tapis
Nous avons constaté un autre phénomène agaçant. Lorsqu’il passe sur un tapis, le Z50 Ultra peut relever son rouleau serpillère. Mais ce n’est pas suffisant. Bien souvent les bords de celui-ci sont trempés après son passage. Si vous disposez d’un tapis à poils très épais, il vaut mieux ne pas faire circuler le robot dessus s’il opère une phase de lavage.
Entretien : des semaines de tranquillité
La station qui accompagne le Z50 Ultra reste assez imposante avec ses 54,5 cm de haut. Surtout, son design étonne avec ses trois silos verticaux bien distincts. Et s’ils sont eux aussi assez grands, c’est pour une bonne raison. Le bac d’eau propre affiche une capacité de 4,5 L, comptez 4 L pour le bac d’eau sale et 4 L pour la sac à poussière. De quoi offrir à la station une belle autonomie de plusieurs semaines avec un usage standard.

Derrière le bac d’eau propre se niche le réservoir de détergent. Mova en fourni un exemplaire de 500 ml. Cependant, ce flacon est un modèle propriétaire et il n’est pas possible de le recharger. Une fois vide, il faudra en racheter un nouveau au prix de 24,90 €. C’est excessif et pas très écologique non plus.

La station s’occupe ainsi du lavage de la serpillère du robot avec un eau chauffée à 75°C. Le séchage est quant à lui opéré avec de l’air chaud à 45°C.
La station se révèle assez simple à manipuler. Mova y a intégré un système d’auto-nettoyage automatique à lancer depuis l’appli. Et heureusement, puisque la planche de lavage a tendance à s’encrasser assez rapidement. Poils, cheveux et autres débris s’y accumulent pouvant boucher les grilles d’évacuation d’eau. Le résultat n’est pas parfait et il faut passer régulièrement un bon coup de chiffon.

Quant à l’entretien du robot, il se montre assez simple. La brosse anti-enchevêtrement reste très efficace. Après une quinzaine de jours d’usage intensif, nous n’y avons retrouvé aucun cheveu long emmêlé. Tout au plus quelques moutons autour des axes.

Le rouleau serpillère peut, de son côté, passer à la machine à laver. Un petit coup de chiffon sur le capteur de saleté est vivement recommandé pour éviter que le robot ne retourne laver sa serpillère toutes les 10 mn, trompé par de fausses informations.

Attention car le rouleau serpillère n’est pas très docile. Il est difficile de le retirer et plus encore de le remettre en place. Plus d’une fois une alerte vocale (avec un fort accent québécois alors que le robot émet ses autres alertes en français) nous a indiqué qu’il était bien positionné, ce qui était faux.