Bras articulés, jambes motorisées, ascenseurs, drones... Les aspirateurs robots rivalisent d’ingéniosité pour grimper les escaliers. Du Roborock Saros Rover au concept volant de Mova, en passant par Dreame et Eufy, les démonstrations impressionnent sur les salons tech. Mais derrière le spectacle, ces innovations relèvent plus de la prouesse technique que d'une réponse à un besoin réel.
Chaque grand salon tech apporte son lot de démonstrations spectaculaires autour des aspirateurs robots. Bras articulés, chenilles, ascenseurs intégrés ou même plateformes volantes… Les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour proposer des appareils toujours plus sophistiqués. Et ces derniers temps, ils entendent bien résoudre l’un des derniers angles morts du nettoyage automatisé : les escaliers.
Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans les faits, cette débauche de technologies peine encore à convaincre, tant par sa complexité que par son adéquation aux usages réels des foyers.
Roborock Saros Rover : la démonstration de force
Chaque salon a ses stars. Le CES 2025 avait mis en avant le Roborock Saros Z70 et son bras articulé promettant de ranger les chaussettes sales. L’IFA 2025 avait ensuite fait sensation avec des robots capables de grimper les escaliers à l’aide de tapis roulants, comme le Dreame Cyber X ou l’Eufy Marswalker. Au CES 2026, Roborock synthétise ces approches avec le Saros Rover.
Le concept est spectaculaire : deux jambes motorisées, chacune équipée de roues indépendantes, capables de se lever, s’abaisser et s’adapter aux irrégularités du sol. Roborock pousse la démonstration jusqu’à arroser son robot de balles de tennis lancées à pleine vitesse pour prouver sa stabilité. Et force est de constater que l’engin tient bon.
Concrètement, le Saros Rover avance lentement, saute légèrement, pivote avec précision et grimpe marche après marche sans risquer la chute. Il aspire même une marche en restant en appui sur une seule jambe. Une prouesse mécanique indéniable… mais au rythme d’un paresseux.
On peut y voir une invention géniale ou un simple exercice de style. Comme le bras articulé du Z70, l’intérêt pratique reste limité pour la majorité des utilisateurs, mais l’objectif est clair : occuper le terrain médiatique et montrer sa supériorité technologique.
Saros Rover : Roborock roule des mécaniques au CES 2026
Mova Pilot 70 : le CES dans ce qu’il a de plus gadget
C’est le produit WTF par excellence. Mova a, lui aussi, fait parler de lui au CES 2026 avec le Pilot 70, une plateforme volante censée transporter un robot aspirateur d’un étage à l’autre. Sur le papier, le concept promet de libérer l’utilisateur de toute intervention manuelle. En pratique, il accumule les signaux d’alerte.
Le constructeur reste très flou sur les caractéristiques techniques : aucune donnée fiable sur l’autonomie, la charge maximale, la précision de navigation ou les dispositifs de sécurité. Les démonstrations montrent un prototype massif, bruyant, peu stable au décollage et imprécis à l’atterrissage. Difficile d’imaginer un tel engin évoluer sereinement dans un intérieur réel, avec meubles, luminaires, animaux ou enfants.
Même dans une version plus aboutie, les contraintes sont énormes : bruit d’un drone en intérieur, risques de collision, souffle projetant poussière et débris, normes de sécurité strictes… pour un usage ponctuel limité au simple transport du robot. À coût égal, un second robot ou une deuxième station par étage reste bien plus rationnel.
Le Pilot 70 ressemble avant tout à une vitrine marketing de la « 3D home robotics », parfaite pour TikTok et les réseaux sociaux, mais très éloignée des besoins réels des foyers.
CES 2026 : Mova fait voler un aspirateur robot… Une idée totalement folle
Dreame Cyber X : la technologie avant le produit
Présenté à l’IFA 2025, le Dreame Cyber X se veut plus pragmatique. Il repose sur trois éléments : un aspirateur robot, un système bionique de montée d’escaliers baptisé QuadTrack, et une station de base. Ici, pas de vol ni de cascades, mais un mini-ascenseur dédié.
Le robot s’arrime au QuadTrack, est transporté à l’étage supérieur, puis libéré pour commencer son nettoyage. Le système accepte des marches jusqu’à 25 cm, avec une vitesse de 0,2 m/s et plusieurs dispositifs de freinage pour garantir la stabilité. La navigation repose sur une vision 3D combinant laser à lumière structurée et caméra IA.
Pour gérer plusieurs niveaux, Dreame a doublé les batteries : 6400 mAh dans le robot et autant dans le module QuadTrack, permettant théoriquement de couvrir jusqu’à cinq étages.
Mais là encore, Dreame présente surtout une technologie. Comme pour ses précédents concepts (bras robotisé, multi-outils), le Cyber X illustre une vision d’avenir plus qu’un produit réellement prêt pour le marché.
L’incroyable aspirateur robot Dreame Cyber X se dévoile à l’IFA
Eufy Marswalker : l’ascenseur dédié
Eufy adopte une approche proche de Dreame avec le Marswalker, un système de transport conçu spécifiquement pour l’Omni S2, attendu pour 2026. Ici aussi, il s’agit d’un ascenseur d’escalier dédié, intégré dans une promesse de nettoyage entièrement automatisé.
L’Omni S2 met en avant des performances impressionnantes : aspiration annoncée à 30 000 Pa, nettoyage humide HydroJet, extraction profonde des tapis grâce à l’AeroTurbo 2.0, châssis capable de se surélever de 5 cm pour franchir tapis et paillassons épais. Les brosses se lavent en continu pour éviter d’étaler les salissures.
Sur le plan technique, l’ensemble est cohérent. Mais comme chez Dreame, le système impose une installation lourde, dédiée à un modèle précis, avec des contraintes d’espace et de configuration qui limitent fortement sa généralisation.
Eufy propose aussi un étrange aspirateur robot qui grimpe les escaliers
Beaucoup d’innovation, peu de réponses concrètes
Ces aspirateurs capables de « conquérir » les escaliers montrent surtout une chose : le marché arrive à maturité sur les sols plats et cherche de nouveaux territoires à explorer. Mais grimper les marches ne résout pas les vrais irritants du quotidien : fiabilité sur la durée, silence, gestion des zones complexes, entretien simplifié, cohérence logicielle. Et puis dans le lot, il n’y en a qu’un seul qui s’occupe vraiment de la propreté des marches…
Pour l’instant, ces solutions relèvent davantage de la démonstration de force technologique que de la révolution domestique. Elles impressionnent sur les stands et dans les vidéos, mais peinent à s’inscrire dans une réalité d’usage simple, robuste et abordable. Les escaliers restent donc, pour le moment, plus un terrain d’expérimentation qu’un véritable nouveau standard du robot aspirateur.
Source : Les Numériques










