Le pionnier des aspirateurs robots Roomba iRobot a annoncé son placement volontaire sous le régime du chapitre 11 aux États-Unis, dans le cadre d’un accord prévoyant son rachat par son principal fabricant, Picea. Une opération destinée à sauver l’entreprise… mais fatale pour ses actionnaires.
C’est un tournant majeur dans l’histoire d’iRobot. Le fabricant américain des célèbres aspirateurs robots Roomba a annoncé dimanche 14 décembre avoir conclu un accord de restructuration avec son principal créancier et son industriel partenaire, le groupe Picea, en vue d’un rachat total de l’entreprise. Pour mener cette opération, iRobot a engagé une procédure de faillite contrôlée de type “chapter 11”, sous supervision judiciaire, dans l’État du Delaware. Une décision que l’on voyait venir depuis quelques temps déjà.
Une faillite organisée pour sauver l’activité
Contrairement à une liquidation classique, cette procédure dite pré-packagée vise à réorganiser rapidement la structure financière d’iRobot tout en maintenant son activité. L’entreprise assure que ses opérations se poursuivront normalement pendant toute la durée du processus : fonctionnement de l’application, support client, partenariats commerciaux, chaîne d’approvisionnement et développement produit ne devraient pas être affectés.
La finalisation de l’opération est attendue d’ici février 2026.

Picea prend le contrôle à 100 %
À l’issue de la procédure, Picea deviendra l’unique propriétaire d’iRobot, récupérant 100 % du capital. Ce changement d’actionnariat permettra, selon la direction, de réduire drastiquement l’endettement du groupe et de lui offrir une base financière plus saine pour investir dans ses futurs produits.
Gary Cohen, directeur général d’iRobot, parle d’ »une étape décisive pour assurer l’avenir à long terme de l’entreprise » et affirme que la combinaison du savoir-faire industriel de Picea et de l’expertise logicielle et R&D d’iRobot doit permettre au groupe de « façonner la prochaine génération de robots domestiques ».
Une sortie de Bourse et une perte totale pour les actionnaires
Cette restructuration a toutefois un coût lourd pour les investisseurs. Si le plan est validé par le tribunal, les actionnaires actuels ne recevront aucune compensation : toutes les actions existantes seront annulées et iRobot quittera le Nasdaq pour redevenir une entreprise privée, entièrement contrôlée par Picea.
Une issue brutale, mais cohérente avec la situation financière délicate du groupe, fragilisé ces dernières années par une concurrence accrue, des marges sous pression et l’échec du projet de rachat par Amazon, bloqué par les autorités de la concurrence.
Entre juillet et septembre 2025, le chiffre d’affaires a chuté de 25 %, à 145,8 millions de dollars, tandis que la perte nette s’est creusée à 21,5 millions de dollars, contre 6,4 millions un an plus tôt. Depuis le début de l’année, la perte cumulée atteint 131,6 millions, soit presque le double de celle enregistrée en 2024.

Quelle suite pour la marque Roomba ?
Sous pavillon Picea, iRobot ambitionne désormais de relancer sa stratégie d’innovation, notamment dans la robotique domestique connectée et les technologies de navigation intelligente. Le fabricant chinois, déjà responsable de la production de millions d’aspirateurs robots pour de grandes marques, dispose d’une forte capacité industrielle et d’un important portefeuille de brevets.
Reste à savoir si cette nouvelle gouvernance permettra à iRobot de retrouver un rôle moteur sur un marché devenu extrêmement concurrentiel. Cette descente aux enfers illustre la perte de vitesse d’un pionnier autrefois emblématique. Face à une concurrence venue d’Asie, avec des marques ultra agressive comme Ecovacs, Roborock ou Dreame, iRobot peine à suivre le rythme de l’innovation. Ses robots, longtemps synonymes de fiabilité, apparaissent désormais coûteux face à des rivaux mieux équipés et vendus moins cher. La nouvelle gamme lancée en début d’année montre effectivement les limites.
Source : iRobot













